Le Blog

Collector Goldorak 50 ans

En 2021 paraissait notre album Goldorak sous deux éditions différentes, une normale et une collector grand format. Une semaine après sa sortie, l’édition collector, pourtant imprimée à 10 000 exemplaires, était déjà totalement épuisée ! Il faut dire que l’édition courante s’est vendue ensuite à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires…

Cette année, pour fêter les 50 ans de la création du personnage au Japon, Kana a décidé de proposer un nouveau collector grand format. Avec ses 242 x 342 mm, c’est clairement le meilleur moyen de profiter pleinement du travail un peu fou que nous avons réalisé sur les planches avec Xavier Dorison, Alexis Sentenac, Brice Cossu et Yoann Guillo.

Cette édition contient aussi un cahier supplémentaire de 16 pages qui raconte, sous la plume des excellents Sébastien Carletti et Jean-Marc Lainé, les origines de la saga en 1975 et son arrivée très remarquée en France à l’été 1978, le tout illustré par des dessins inédits.

Enfin, ce collector est proposé à un prix serré, 31,90 €, que le plus possible de fans puissent en profiter.

Il est en librairie depuis ce week-end, ne tardez pas trop à aller acheter le vôtre, qui sait combien de temps il y en aura cette fois-ci !

 

Inquiétudes

Tandis que les données de l’enquête auteurs des États Généraux de la Bande Dessinée (EGBD) sont en cours d’analyse, on apprend que L’Association, éditeur le plus connu des grandes heures de l’édition alternative, est en grande difficulté financière. On en parle trop peu, mais la crise économique est en train de faire de terribles dégâts dans la Bande Dessinée, que ce soit chez les éditeurs, les libraires ou les auteurs.

En fin de message, l’Association appelle les pouvoirs publics à donner enfin suite au rapport Racine. Rappelons que la mission Racine est née des demandes qu’avait réussi à porter la toute jeune Ligue des auteurs professionnels auprès du ministre de la Culture d’alors. Rappelons que la Ligue est clairement née de l’émoi provoqué par la première enquête des EGBD. On en revient donc au point de départ, 10 ans après, sans que le terrible constat de l’époque n’ait convaincu les pouvoirs publics de protéger enfin sérieusement la création BD.

Dans quelques mois, feront-ils de même avec les nouveaux résultats que les EGBD publieront ? Si c’est le cas, l’« exception culturelle francophone que le monde nous envie » dont parle l’Association n’aura sans doute pas grand avenir.

Bon courage à l’Association. Si vous souhaitez les aider et lire le texte dont je parle, c’est ici :

Utopiales 2025

Cette année, Valérie et moi, requis par d’autres obligations, ne ferons qu’une courte visite aux Utopiales de Nantes. Le plus dommage, c’est que nous ne croiserons même pas notre partenaire sur Tanis, Stéphane Perger. Heureusement nous y retrouverons beaucoup de nos autres amis, dont Stéphanie Hans, autrice de la magnifique affiche de cette année. Et puis, nous aurons, comme à chaque fois, le grand plaisir de pouvoir vous rencontrer, chers lecteurs et lectrices !

PROGRAMME

SÉANCE DE DÉDICACES :

Valérie Mangin & Denis Bajram en signature :

Vendredi 31 octobre de 11h30 à 12h30

Stéphane Perger au dessin :

Samedi 01 novembre de 17h à 18h
Dimanche 02 novembre de 10h30 à 11h30
Dimanche 02 novembre de 13h à 14h

TABLES RONDES :

Singulière Antiquité

Avec Valérie Mangin, Fabrizio Dori, Camille Mouflier, Laurence Suhner et Sylvie Lainé

Lorsque les échanges étaient complexes, rares, entre les sociétés, ils étaient aussi la rencontre entre des cultures singulières, des imaginaires parfois étranges l’un pour l’autre. Cette pluralité des expériences humaines nourrit tant d’œuvres, y compris de science-fiction, où l’espace oblige à retrouver le temps long entre les communautés. Comment l’étude de l’antiquité continue-t-elle à nous enrichir ?

Vendredi 31 octobre de 10h30 à 11h30 à l’Espace CIC Ouest

L’espace, objet de nos rêves

Avec Denis Bajram, Lucie Castel et Floriane Soulas et David Meulemans

Des légendes que nous nous racontions sur les constellations jusqu’à l’émerveillement d’une première fois dans un planétarium, tant d’entre nous connaissent cet amour joyeux et sincère pour l’espace. Qu’est-ce qui nous y attire ? Et que faire de ce désir ? De l’intérêt presque enfantin d’un œil dans une lunette à la bataille entre milliardaires, où s’arrêter ?

Vendredi 31 octobre de 15h à 16h à la Cité, salle 2001

Jésus comme personnage de fiction

Avec Valérie Mangin, Philippe Battaglia, Andreas Eschbach et Xavier Mauméjean

La SF et l’Imaginaire ont de tout temps adoré s’emparer de figures historiques pour en remodeler le parcours. Qu’en est-il de Jésus ? De Herbert à Farmer en passant par Moorcock, regardons le sort que la SF réserve au messie de la chrétienté.

Vendredi 31 octobre de 13h45 à 14h45 à l’Espace CIC Ouest

Inspirations singulières

Avec Stéphane Perger, Gwen De Bonneval, Yoann et Louise Legris

Si en littérature, il est courant qu’une carrière dans la science-fiction ne sorte pas du genre, en bande dessinée, les artistes débordent souvent vers le polar, le western, etc. Quelles sont les spécificités du genre dans ce média ? Qui sont les incontournables, au trait si singulier ?

Dimanche 2 novembre de 11h45 à 12h45 au Lieu Unique, salon de musique

 

Dédicace à voyager dans le temps

J’ai déjà longuement expliqué pourquoi je ne fais plus de séances de dédicaces dessinées depuis près de 20 ans. C’est lors d’un festival de Saint-Malo que j’avais craqué, après la remarque de trop d’un collectionneur, qui, au loin dans la file d’attente, avait beuglé un « Ca y est, il recommence à discuter » alors que, enfin, j’avais devant moi un lecteur qui me posait des questions au lieu de juste attendre son petit dessin et sa petite signature. Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase, mais ce n’était pas la raison fondamentalement pour laquelle j’ai arrêté. Je pense surtout, et plus aujourd’hui encore qu’hier, que la séance de dédicaces est une assez mauvaise manière de promouvoir la BD (voir ici : Les dédicaces contre la BD ).

Bref, hier, à ce même festival de Saint-Malo, j’accompagnais, avec Valérie Mangin, l’excellent Stéphane Perger pour sa séance de dédicaces sur notre série Tanis quand un lecteur s’approcha, un peu gêné. Il m’expliqua qu’il rêvait depuis très longtemps d’avoir une dédicace en couleur de ma main, mais qu’il n’avait jamais pu, car j’avais arrêté avant qu’il ne fréquente un peu plus assidument les festivals. Puis il me sortit un tome 1 de Cryozone, mon premier album, publié en 1996. Il m’expliqua qu’il avait racheté cet album parce qu’il avait une particularité, la dédicace n’était pas nominative. Il me demanda, avec grande prudence, si je pouvais la mettre à son nom. Notre lecteur était assez stressé, se demandant sans doute comment j’allais réagir en voyant une de mes dédicaces revendues réapparaitre à ma table.

J’ai au contraire été touché de voir revenir ce petit morceau du passé, d’un passé où je n’avais pas encore compris que quand on me demandait une dédicace sans nom dessus, c’était pour la revendre, quand je n’avais pas encore compris que certains étaient là juste pour faire leurs petits business sur le dos d’un jeune artiste totalement fauché. Mais je n’ai pas ressenti de rancœur. J’ai au contraire eu l’étrange impression que, finalement, j’avais fait ce dessin à l’époque pour qu’il puisse faire le bonheur d’un vrai amateur aujourd’hui. Comme si j’étais monté dans une machine à voyager dans le temps, retourné trente ans en arrière faire cette petite peinture, puis revenu dans le présent pour, enfin, pouvoir poser dessus le nom de son véritable destinataire. On se croirait presque dans Universal War, non ?

Le scandale de la sécurité sociale des auteurs

Vous voulez enfin comprendre pourquoi on parle de scandale de la sécurité sociale des auteurs et autrices ? Dans cette excellente vidéo, l’amie Samantha Bailly vous explique très simplement toute cette effrayante histoire… et pourquoi ce scandale continue toujours aujourd’hui !

 

Saint-Malo 2025

Ce samedi 25 octobre, Valérie Mangin et moi ferons une petite visite rapide au festival Quai des Bulles de Saint-Malo. Nous dédicacerons le tome 2 de Tanis avec Stéphane Perger de 12h à 13h30 sur le stand Dupuis. Ne manquez pas cette séance car ce sera sans doute la dernière fois cette année que vous pourrez nous croiser en même temps tous les trois.

Et on en profitera pour féliciter l’ami Nicolas Barral pour sa belle affiche 🙂

Tanis tome 2

Le deuxième tome de Tanis paraît aujourd’hui en librairie, à peine neuf mois après le premier. Comme vous avez pu le voir dans le Journal de Spirou, notre dessinateur, Stéphane Perger, a créé encore une fois un incroyable show visuel, épique et subtil à la fois. Côté histoire, notre couple de scénaristes n’a pas eu peur de plonger la jeune Tanis dans des émotions inhabituelles dans la bande dessinée d’aventures. Assiste-t-on à la naissance d’une héroïne ? Et est-elle bien celle que l’on croit ?

Festival Topette près d’Angers

Valérie et moi serons ce samedi 20 septembre près d’Angers pour le festival Topette, coorganisé par Pat Perna, notre camarade de l’Atelier virtuel. Cette fête BD de village promet d’être très conviviale, les dédicaces étant facultatives. Nous aurons donc tout le temps de papoter avec les visiteurs et de signer nos livres en goûtant les bières et les vins locaux. Nous y retrouverons les autres copains de l’Atelier, Malo Kerfriden et Benjamin Benéteau, ainsi qu’une petite dizaine d’autres auteurs et autrices.

Bref, nous vous attendons nombreux pour fêter ces derniers jours de l’été dans la douceur angevine !

LIEU

Chaudefonds-sur-Layon

Brasserie La Gloutte

PROGRAMME

  • 10 h
    Ouverture
  • 11 h
    Autour du tonneau #1 : Reprendre des personnages mythiques
    Discussion avec V. Mangin, D. Bajram & B. Benéteau
  • 12 h – 15 h
    Quiz et Battles d’artistes
  • 15 h
    Autour du tonneau #1 : La justice en BD
    Discussion avec J. Salmon-Fabiani, P. Perna & M. Kerfriden
  • 16 h – 18 h 30
    Quiz & battles
  • 18 h 30
    Spectacle dessiné
    par O. Supiot & R. Petitsigne
  • 21 h
    Bosko : rock cajun & zydeco
  • 22 h
    DJ set

Toute la journée :

  • Stand sérigraphie – Atelier La Piraterie (Chaudefonds)
  • Tatouage – Thème Peau (Chalonnes)
  • BD – Librairie Au repaire des Héros (Angers)
  • Rencontres avec les auteurices, discussions, rigolades…
  • Restauration midi & soir – Ramble
  • Bar à vins

IA et (in)culture

On se demande quand même si les politiques avec lesquels nos syndicats discutent se rendent bien compte de ce que vont provoquer les IA génératives. En fait, quand on les alerte, je crains qu’ils ne nous prennent que pour des professionnels inquiets à l’idée de perdre leur travail. Alors que nous sommes avant tout des citoyens très inquiets sur les impacts très négatifs de l’IA sur toute la culture. Ce n’est pourtant pas compliqué de prédire que ces nouvelles technologies vont prolonger et amplifier les dégâts déjà faits par deux décennies d’invasion du numérique…

Je partage donc l’avis de Bertrand Burgalat, musicien et producteur de génie, mais aussi président du Syndicat National de l’Edition Phonographique, dans sa chronique mensuelle de Rock’n’Folk :

Céline Calvez, parlementaire très impliquée sur ces questions, me dit qu’il faut faire la part des choses et veut croire que I’TA générative aura aussi de bons côtés en musique, je me demande bien lesquels. S’y fier, c’est méconnaître les processus créatifs, aucune IAG n’inventeraLightnin’ Strikes ou Surf’s Up. Tel un élève appliqué du conservatoire, la machine peut ingurgiter et analyser le répertoire, l’imiter, faire même mieux, voire carrément des trucs déments par accident, comme l’horloge en panne qui donne la bonne heure deux fois par jour. Mais ce n’est ni une muse ni un médicament qui aiderait à pallier une panne d’inspiration ou une baisse de libido musicale. L’IA générative ne crée pas de « nouveaux défis », c’est la pensée moyenne contre la pensée singulière, qui amplifie le pire déjà à l’œuvre : l’inflation de contenus ; la fausse perfection ; la dévalorisation de la création, au sens propre comme au sens figuré, commencée il y a vingt-cinq ans, et le mythe de la gratuité déjà invoqué à l’époque par les marchands d’algorithmes ; l’ubérisation ; l’obsession statistique, qui transforme les artistes en influenceurs ; la désinstrumentalisation, la désincarnation, la déshumanisation, et la primauté du choisisseur sur le créateur, avec le vieux mythe du « tout a été fait » qui met en avant les « bullshit jobs » décrits par David Graeber, les »superviseurs musicaux » et autres intermédiaires qui considèrent les créateurs et les interprètes comme des soutiers à leur service.

« Obéissance et irresponsabilité, voilà les deux Mots Magiques qui ouvriront demain le Paradis de la civilisation des Machines. » Georges Bernanos, La France Contre Les Robots, écrit en 1944.

Toute vérité est bonne à cacher

Les fausses informations inondent de plus en plus Internet, en particulier via d’innombrables comptes et sites générés par IA, mais aussi parce que l’administration Trump a sommé les géants de la tech d’invisibiliser le « Fact-checking », les alertes liées à la vérification des faits. C’est évidemment Elon Musk qui avait ouvert le bal après son rachat de Twitter, c’est ensuite Meta qui avait cessé de collaborer avec les fact-checkers.

Cet été, c’est Google, le géant de la recherche Internet, qui s’est soumis à la nouvelle norme. En effet, depuis début juillet, la section « fact-checking » a disparu de la page d’accueil de Google News. Les encadrés spécifiques ont aussi disparu des résultats de recherche.On ne le sait pas, mais ces articles étaient spécifiquement identifiés par leurs auteurs auprès d’une base de données, Claim Review, développée par le centre de recherche sur le journalisme Duke Reporters’Lab, Google, Bing et Jigsaw. Cette base de données alimentait aussi Facebook avant que Meta ne cède à la pression trumpiste.

Au-delà de compliquer l’accès aux articles des fact-checkers, la fin de la mise en avant du fact-checking c’est aussi la fin d’une sorte de rappel permanent à la prudence. Et pourtant, il n’a jamais été aussi important de tourner sa vérité sept fois dans sa bouche avant de poster.

Pour conclure, je me montre toujours très prudent avec l’idée même de « Vérité ». Derrière ce mot se cache, le plus souvent, non pas un absolu, mais une manière un peu simpliste de comprendre la réalité. Pire, la « Vérité » est pour beaucoup le sens qui serait caché derrière la réalité (la fameuse métaphysique), hélas, souvent aux dépens de la réalité elle-même. J’essaye donc de ne jamais oublier que cette réalité est extrêmement complexe, et qu’elle ne peut être appréhendée en quelques mots ou idées. Si une vérité est simple, elle est probablement bien loin de la réalité.

Le fact-checking a donc évidemment ses limites, et les journalistes qui cherchent, très sérieusement, à vérifier les faits, ne sont évidemment pas à l’abri de commettre des erreurs ou d’avoir des biais cognitifs, en particulier idéologiques. Le fact-checking ne rétablit donc pas la Vérité avec un grand V, il est censé juste revenir à ce qu’on sait le plus strictement de la réalité à un instant T.

Ce n’est pas ce que veulent Trump et ses alliés. Aujourd’hui, en s’en prenant au fact-checking, ils ont au contraire pour but de laisser se répandre leurs « vérités alternatives », souvent des divagations imbéciles, mais aussi des mensonges assumés. Leur but est, en noyant la réalité sous leurs « vérités alternatives », de changer la réalité elle-même. La Terre n’en sortira pas plus plate, évidemment, mais les sociétés en sortiront, elles, bien plus haineuses et stupides. Bref, bien plus manipulables par eux.