Je vois un peu partout, y compris dans des médias plutôt sérieux comme France Culture, des commentateurs dénoncer les récentes alertes sur les dangers de l’intelligence artificielle comme étant une stratégie de communication des géants de la tech, qui voudraient faire peur pour avoir l’air plus puissants qu’ils ne le seraient réellement. Vraiment ?
Réduire ces alertes aux seuls communiqués d’entreprise est pourtant une grave erreur. En effet, depuis déjà plusieurs années, de très nombreux chercheurs indépendants disent l’ampleur de la menace. Beaucoup ont même démissionné de ces différentes sociétés d’IA pour pouvoir parler librement. Il faut bien réaliser que, pour devenir des lanceurs d’alerte, ces chercheurs ont sans doute mis fin à leurs carrières dans le secteur le plus rentable de l’économie actuellement.
C’est le cas de Jacob Coxon, qui, à 27 ans, a tout sacrifié pour pouvoir dire librement ce que ses anciens collègues d’OpenAI (la boîte de ChatGPT) et d’Anthropic (Claude) disent tout bas, à savoir qu’ils croient sincèrement que leurs travaux pourraient tous nous tuer d’ici à la fin de la décennie. De quoi en effet légèrement s’inquiéter.
Que penseriez-vous si un chercheur d’un labo pharmaceutique vous disait qu’il a quitté sa boîte car lui et ses collègues vont commercialiser un médicament qui risque pourtant dans les dix prochaines années d’éradiquer une partie de l’humanité ? C’est donc quand même étonnant de voir toute une partie des commentateurs minimiser voire nier les propos de ces lanceurs d’alerte très informés en les assimilant à une stratégie de communication d’entreprises dont ils ont pourtant claqué la porte sur leurs propres doigts.
Rappelons que Jacob Coxon est loin d’être le premier et le seul, citons, pour les plus connus, Bilal Chughtai ou, dans un autre genre, Yoshua Bengio. D’ailleurs, il y a deux ans, de nombreux employés des géants de l’IA avaient signé un appel à étendre le statut de lanceur d’alerte à leur situation. Ce sont bien à des lanceurs d’alerte, sans grande protection juridique, auxquels on a à faire. Après avoir parlé, ils ne retrouveront sans doute jamais de travail dans le secteur pourtant le plus profitable de l’informatique. Il faudrait tout de même respecter un peu plus leur courage et écouter un peu plus ce qu’ils nous disent sur les apprentis sorciers de l’IA.




















Les fausses informations inondent de plus en plus Internet, en particulier via d’innombrables comptes et sites générés par IA, mais aussi parce que l’administration Trump a sommé les géants de la tech d’invisibiliser le « Fact-checking », les alertes liées à la vérification des faits. C’est évidemment Elon Musk qui avait ouvert le bal après son rachat de Twitter, c’est ensuite Meta qui avait cessé de collaborer avec les fact-checkers.




La cour d’appel de Paris vient de condamner l’entreprise Deliveroo pour avoir fermé le compte d’un livreur en 2020 parce qu’il avait le COVID. Le juge a exigé qu’il soit réintégré comme salarié et qu’on lui verse les années de salaire qu’il aurait dû toucher depuis son licenciement. Enfin, les décisions de justice se multiplient contre ces sociétés qui abusent du statut d’auto-entrepreneur pour exploiter des travailleurs qu’elles devraient normalement salarier.




