Photoshop : la conversion RVB vers CMJN fait du bruit

Amis dessinateurs et graphistes, avez-vous déjà regardé de près un fichier RVB converti en CMJN avec Photohop ? De manière très étonnante, avec les réglages par défaut, du bruit apparait au niveau des pixels.

Ce phénomène est particulièrement visible dans les aplats. Si on s’amuse à convertir dix fois de suite un fichier de RVB vers CMJN puis RVB, on finit par obtenir un bruit très visible, comme on peut le constater sur l’animation ci-dessous (cliquez pour agrandir) :

Je ne m’étais jamais aperçu de cela auparavant. C’est Alexis Sentenac, mon compère de l’atelier virtuel, qui a levé ce lièvre, en découvrant que les aplats sur ses pages n’étaient plus vraiment des aplats après passage en CMJN, et que cela lui posait des problèmes pour les sélectionner proprement.

Après avoir exploré le problème avec lui dans Photoshop, on a fini par comprendre que c’était une option de conversion qui provoquait cela. C’est ce qu’Adobe appelle « simulation » en français, « dither » en anglais, et qu’on traduit d’habitude par « diffusion d’erreur » en français.

Diffusons des erreurs pour que ça aille mieux

Le dither est donc un procédé qui consiste à introduire du bruit dans un signal numérique. C’est courant dans le domaine de l’audionumérique, mais je n’avais pas réalisé que c’était aussi le cas par défaut dans notre bon vieux Photoshop. Mais pourquoi ajouter du bruit à une image au moment de la convertir ?

Il faut savoir que l’espace de couleur CMJN qui sert à l’impression est plus petit que l’espace RVB de nos écrans.

Donc, quand on passe de l’un vers l’autre, le CMJN peut manquer de couleurs pour représenter toutes celles du RVB. En conséquence beaucoup vont se retrouver transformées et simplifiées. Cela va se traduire, dans certains dégradés, par des transitions violentes entre certaines plages de couleurs, alors qu’elles étaient fluides en RVB, Cela provoque à l’arrivée des effets de bandes assez inesthétiques.

C’est pour cela qu’est introduit ce dither, ce bruit aléatoire, durant la conversion, afin de masquer ces transitions brutales.

C’est une assez bonne solution, mais il vaut mieux le savoir, car cela n’est donc pas sans impact sur nos fichiers. Et il ne faut surtout pas hésiter à décocher cette option pour certains usages qui nécessitent une grande fidélité des aplats. Pour contrôler cela au cas par cas, vous pouvez utiliser le menu Édition > Convertir en profil :

Une histoire de poids

Ce dither a un autre impact : cela fait longtemps que je ne comprenais pas pourquoi les fichiers CMJN étaient parfois beaucoup plus lourds que les RVB. Car si le RVB comporte trois couches et le CMJN quatre, la différence de poids entre les deux ne devrait être que de 25%. Or, le plus souvent, c’est beaucoup plus. C’est en fait lié à la manière dont les fichiers sont compressés et au dither.

Quand plusieurs pixels consécutifs ont la même couleur, les formats de fichiers courants se contentent de n’enregistrer la couleur qu’une seule fois, et de noter ensuite le nombre de pixels consécutifs de la même couleur. Décrire un grand aplat ne pèse donc pas bien lourd, une page blanche encore moins. Si au contraire, chaque pixel a une couleur particulière, c’est 3 octets en RVB, 4 octets en CMJN qu’il faut enregistrer à chaque fois.

Donc, avec l’ajout du bruit à la conversion, qui fait que chaque pixel devient un peu différent de son voisin, c’est bien la taille du fichier qui explose à la fin inévitablement. Tout s’explique.

Conclusion

Pour finir, ce qui m’effraye un peu, c’est d’avoir utilisé Photoshop depuis la version 2.0 sans n’avoir jamais été confronté à cette question du dither RVB vers CMJN. Ces logiciels font énormément de choses et on oublie trop vite à quel point on n’en maitrise jamais tous les arcanes, même avec une véritable expertise, même au bout de 30 ans. Un rappel de la prudence et de la modestie qu’il faut garder face à toutes les technologies qui ont envahi nos vies.

 

Autofichage politique de précision

Ces derniers jours, un test politique refleurit sur Facebook. On vous promet de vous donner votre positionnement politique exact si vous remplissez un petit questionnaire sur  le site irdlabs.com.

Enfin, petit, c’est vite dit : le questionnaire compte tout de même  trente-six questions. Avec autant de réponses, on peut en effet établir un profil politique assez précis. Cela veut donc dire que, si c’est proposé par un ami sur Facebook, beaucoup vont aller dévoiler leurs opinions politiques profondes à un site web inconnu.

Quand on voit la sensibilité de la plupart de ces mêmes personnes sur leurs données personnelles, on s’étonne. J’ai vu, par exemple, une partie de ceux qui ont rempli ce test se plaindre en parallèle de l’application StopCovid, dénonçant un risque de surveillance par l’État. Alors pourquoi les mêmes passent-ils de longues minutes à déclarer leur pensée politique profonde à une entreprise inconnue ?

Se sont-ils seulement demandés qui est derrière ce site web ? Qui est IRDlabs ? D’autant plus que c’est une vraie question, vu l’absence d’information à ce sujet sur leur site. Quand on l’explore, on découvre surtout de très nombreux tests, qui ne portent pas que sur les opinions politiques, mais aussi religieuses, sexuelles… C’est donc clairement très intrusifs, et dans tous les domaines. Si le site possède une page sur sa politique de confidentialité, il est impossible de trouver nulle part une information sur IRDlabs. Est-ce une société ? Qui sont ces dirigeants ? Dans quel pays est-elle déclarée ? À quelle législation est-elle soumise ?

Si on cherche à savoir dans quel pays se trouve ce serveur web, on s’aperçoit qu’il est abrité derrière les services de Cloudfare, un outil qui empêche, entre autres, de le localiser. Quand on fait une recherche whois sur le domaine irdlabs.com, on n’a pas plus de coordonnées ou d’identification Mais on découvre que ce domaine est déclaré aux Bahamas, un paradis fiscal bien connu pour son manque de transparence et de collaboration judiciaire. Très rassurant.

On pourrait s’en moquer en se disant que les opinions qu’on va déclarer sur ce site restent anonymes, vu qu’on ne donne pas son nom ou son adresse, mais que son adresse IP. Mais ce n’est pas vraiment le cas. Quand quelqu’un s’y connecte via Facebook, IRDlabs récupère une information, le fbclid que Facebook ajoute à toute adresse, qui permet de suivre un utilisateur ou une source. Et, bien pire, si cet utilisateur partage les résultats depuis le site lui-même, comme j’ai vu beaucoup le faire, cela offre à IRDlabs la possibilité de capturer son identité à ce moment-là, et de la lier aux données récupérées…

En clair : si ce site a décidé de ne pas respecter l’anonymat qu’il promet, si cette société bien cachée est aussi malhonnête que cela le laisse penser, elle doit être en train d’établir des fichiers d’opinions politiques, sociales, religieuses et sexuelles sur des millions d’utilisateurs. Le scandale Cambrige Analatyca de 2018 a déjà montré que non seulement des sociétés dûment déclarées et enregistrées ne se gênaient pas pour le faire, jusqu’à influencer les résultats de l’élection américaine, alors imaginons ce que peut faire cette société fantôme…

Je m’étais alarmé il y a quelques temps, dans cette note de blog, de voir apparaître des initiatives sur ces même réseaux sociaux qui permettaient à n’importe qui d’établir très facilement des listes de militants gilet jaune. Il est vraiment temps que nous, citoyens, commencions à réfléchir à qui nous confions nos opinions et nos données, et qui pourrait bien s’en servir pour nous manipuler à grande échelle en retour.

Des neurones pour agrandir nos images

Ce matin, en utilisant Waifu2x, et je me suis dit qu’il pourrait rendre service à plus d’un ami, en particulier aux dessinateurs et dessinatrices.

À l’origine, Waifu2x était un outil qui permettait d’agrandir proprement des images issues de mangas et d’animes. Depuis, il a fait ses preuves sur tout type de dessins, d’images graphiques mais aussi de photos.

Au lieu de zoomer bêtement dans les pixels, avec le résultat imprécis et flou que l’on connait, Waifu2x recalcule l’image par le biais d’un réseau de neurones convolutifs. Cette branche de ce qu’on appelle l’intelligence artificielle imite les processus biologiques, dans ce cas précis, ce qui se passe avec la vue dans un cerveau : filtrer, différencier, reconnaitre, apprendre, comprendre1 .

Le résultat est le plus souvent bluffant. Par exemple,  en repartant d’une photo très peu définie de Valérie et moi trouvée sur Internet :

 

Cliquez pour agrandir

 

J’ai évidemment aussi testé Waifu2x sur mes dessins. J’ai volontairement abimé mon fichier original, et la “restauration” est plus que correcte :

 

Animation des deux versions

 

Il y a plusieurs versions de cet outil disponibles, mais le plus simple, pour commencer, est d’utiliser le site web :

Notes

Fichage politique d’initiative partagée

Savez-vous que la liste des signataires pour le référendum d’initiative partagée sur l’Aéroport de Paris sera rendue publique ?

Extrait des mentions légales du site : « La liste des électeurs soutenant une proposition de loi est accessible par ordre alphabétique des noms des électeurs […] Cette liste, accessible aux seules fins de consultation, précise pour chaque électeur soutenant la proposition de loi son nom, son ou ses prénoms et sa commune d’inscription sur les listes électorales »

Cela veut donc dire qu’amis, ennemis, partis politiques, publicitaires, employeurs, organisations à but non démocratique, tous pourront vérifier qui pense quoi. Charmant.

Bien sûr, la loi interdit de constituer à partir de là un fichier politique de citoyens français… mais on sait que ça ne gênera pas les plus malhonnêtes ni les plus dangereux, et pas plus les entreprises ou les puissances étrangères…

Les lois et décrets qui organisent le référendum d’initiative partagée, qu’on doit aux précédentes législatures et gouvernements, ont donc abouti à un résultat simplement scandaleux en termes de fichage public des citoyens.

Depuis le lancement de la campagne de signature, j’hésite donc. Au-delà même de la question de la privatisation d’une entreprise stratégique et rentable pour l’État, je suis plutôt favorable à une démocratie qui consulterait plus souvent sa population. Mais, franchement, j’ai du mal à envisager d’aller m’inscrire de moi-même dans un fichier politique public.

D’un autre côté, depuis des mois, j’hésite aussi à parler de ce risque, car c’est un bon moyen de participer à plomber ce premier essai de référendum pétitionnaire, d’autant plus qu’on sait que la barre des 4,7 millions de signataires sera très difficile à atteindre.

Je sais que quelques députés me lisent. Il serait vraiment sérieux de construire un nouveau RIP, qui n’obligerait pas les citoyens à auto-dénoncer publiquement leurs opinions politiques. Et quitte à faire cela, à réfléchir à tous les modèles existants, de la Suisse à l’Angleterre en passant bien sûr par les propositions liées au RIC. Sans passer à l’ochlocratie, le pouvoir de l’ochlos, la foule, il est tout de même urgent que la démocratie représentative écoute mieux le dêmos, le peuple.

Swift, un langage de programmation très convaincant

Je viens d’utiliser pour la première fois le langage de programmation Swift. J’avais besoin de coder une petite application pour afficher dans la barre de menu de mon Mac l’état du routeur dual WAN de l’atelier.

Je ne sais pas combien de langages de programmation j’ai appris et utilisés depuis le début des années 80, le Sinclair BASIC et l’assembleur du z80, mais à force c’est devenu très facile d’en apprendre un nouveau. Mais, là, avec Swift, je me suis senti chez moi en quelques minutes ! J’ai découvert une syntaxe très claire et précise à la fois. Des objets puissants et paramétrables. J’ai adoré l’interopérabilité transparente avec Objective C comme l’intégration à Xcode, proche de la perfection…

À l’arrivée, Swift est quand même dix fois plus pratique à utiliser qu’Objective C et tout aussi puissant, et il est beaucoup plus simple de générer un binaire stable. J’ai donc pu coder une application pleinement fonctionnelle en quelques heures, malgré ces multiples threads, accès réseau, logs et préférences…

 

 

Et dire qu’en plus Swift est un langage à la fois open source et multiplateformes, Mac OS, iOS puis, Linux, Android, maintenant Windows…

Bref, chapeau, Apple !

Autofichage politique

Dans les années 70, on avait pris conscience qu’avec l’informatique, les citoyens pouvaient être fichés comme jamais, et que ce fichage était dangereux pour les libertés collectives et individuelles. En 1978, on vota la Loi relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, et la CNIL fut créée.

Quarante ans après, cette loi, et les directives européennes qui ont suivi, nous protègent toujours d’un fichage abusif. Cela veut dire, entre autres que personne n’a le droit d’utiliser des scripts informatiques pour parcourir les réseaux sociaux afin d’établir des fichiers sur les citoyens, en particulier des fichiers sur leurs opinions politiques, religieuses ou philosophiques. Heureusement, car la plupart des gens y donnent de quoi savoir assez précisément qui ils sont et ce qu’ils pensent.

Je viens de découvrir un groupe Facebook qui a été créé le 27 novembre par des gilets jaunes avec la volonté de se compter. Le principe est simple, il suffit à tout un chacun de s’inscrire dessus pour faire monter le compteur. En quatre jours, au moment où j’écris, le groupe a déjà 1 423 440 membres (même s’il en annonce par image 2 200 000 gilets jaunes, je ne sais pas sur quel principe).

Ce groupe est public, donc la liste de ses membres est publique. N’importe qui peut donc, avec une simple recherche, savoir si quelqu’un se revendique gilet jaune ou pas. N’importe qui peut savoir qui est gilet jaune parmi ses amis, ses clients, ses relations de travail. On peut même en un clic voir lesquels de ses amis Facebook sont gilets jaunes…

De plus, il est facile, techniquement, de récupérer cette liste des gilets jaunes. Ce sont donc déjà près d’un million et demi de citoyens qui se sont auto-fichées “politiquement” et ont offert ce fichier à qui le voudra. Ce fichier d’opinion étant déclaratif et public, il est a priori aussi légal qu’il est libre d’utilisation…

Il va vraiment falloir que les citoyens comprennent mieux les enjeux de la société de l’information, autrement ils vont continuer de fabriquer eux-mêmes les armes contre leurs propres libertés.


Addendum

On me fait remarquer que n’importe qui peut être ajouté à ce groupe sans qu’on ne lui demande rien. En parcourant la liste de ses membres, on voit que c’est très souvent le cas. Ce groupe mixe donc à la fois des membres qui se sont auto-fichés et des citoyens qu’on a fichés de manière totalement illégale et sur aucune base. Charmant.


Addendum

Finalement, ce 19 janvier, il n’est plus possible d’inscrire quelqu’un malgré lui dans un groupe Facebook. Les nombreux utilisateurs (dont moi) qui réclamaient ce changement depuis des années à Facebook ont enfin été entendus.

Et cela à eu des conséquences sur le groupe des comptage des gilets jaunes dont je parlais : Il est passé de 2,8 millions à 1,8 millions de membres juste en retirant tous ceux qui avaient été inscrits par un tiers et n’avaient jamais participé. Ça en faisait des gens désignés comme gilets jaunes malgré eux. Et le problème est exactement le même si on est, malgré soi, désigné comme macroniste, nationaliste, communiste, échangiste ou amateur de saucisse fumée du Pérou…

On peut même se demander si ce type de fichage politique public forcé n’a pas joué dans cette décision de Facebook. La société américaine prenait sans doute un trop gros risque légal à laisser faire…

Calculez vos droits d’auteur

Je viens de mettre en ligne un outil qui devrait rendre de très grands services à la plupart des auteurs : un simulateur de droits d’auteur.

Cet outil est basé sur une feuille de calcul Excel que j’ai créée il y a plus de 15 ans. Valérie et moi avons passé à cette moulinette tous les contrats que nous avons signés depuis et cela nous a permis plus d’une fois de ne pas nous tromper. J’ai toujours eu envie de partager ce fichier Excel, mais je ne l’ai pas fait parce qu’il était assez compliqué à utiliser, qu’il pouvait donc facilement induire des collègues en erreur.

En travaillant sur une version web, j’ai souhaité faire tout le contraire : le rendre à la fois le plus simple possible et le plus ouvert possible. J’ai intégré une aide au remplissage. J’ai aussi fait en sorte que les éventuelles incohérences de saisie soient bien signalées à l’utilisateur. Côté fonctions, on peut ajouter autant d’auteurs que nécessaire, autant de paliers de droits, mettre des prix par page ou en global, gérer le fixe, l’avance etc… Enfin, une option particulièrement utile est le calcul de la proportionnelle. Pour plus d’explications sur tout cela, je vous renvoie à l’aide intégrée.

Enfin, je précise que ce simulateur est en bêta test. Ça veut dire déjà qu’il ne faut pas se fier à 100% à ses calculs, je pourrais avoir fait une erreur de programmation. Ça veut aussi dire qu’il ne faut pas hésiter à me signaler des bugs qui auraient échappé aux tests faits avec les copains de l’atelier virtuel et du SNAC.

PS : Quelques infos pour les geeks : j’ai pour l’occasion développé une librairie de type tableur, que j’ai appelée WSS, Web Spread Sheet. Tout le contenu est généré en Javascript à la volée (sans jQuery). Enfin, j’ai packagé le tout dans un plugin WordPress, histoire de pouvoir le distribuer à l’avenir à des organisations d’auteurs.

 

La gratuité se paye toujours

Un site que je lis souvent a été contacté par l’AFP qui lui réclame 300€ pour avoir utilisé une photo d’un auteur japonais sans en avoir le droit ni les droits. C’est un site de passionnés, tous bénévoles, bref qui ne génère pas de cash. Son fondateur a bien dû payer, et se pose la question de ne plus jamais publier que des images libres de droits. Ce qui limite évidemment beaucoup sa capacité à illustrer les articles.

L’ambiance est en train de se durcir côté ayant-droits. Pourquoi ? Le principe de base est simple : les artistes-auteurs doivent pouvoir vivre de leur travail. Et aujourd’hui ça devient extrêmement difficile, en partie parce que tout le monde se permet de publier leur travail gratuitement. Et certains journaux ou grands médias rechignent de plus en plus à remplir leur obligations (Canal + a arrêté de payer les droits d’auteurs depuis des mois, allant au bras de fer avec les sociétés d’auteurs)

Précisons que publier une image d’un créateur, même sans en faire le commerce, n’est pas du tout neutre : cela va lentement et sûrement la banaliser, lui ôter sa rareté, ce qui fera que livres, journaux ou documentaires ne l’achèteront plus.

Les géants du web, les GAFA, Facebook en tête, nous ont habitués à publier tout et n’importe quoi sans se poser la question de savoir à qui ça appartient. C’est une importation du fair use américain qui permet en effet d’utiliser dans certaines conditions les textes ou images des autres. Ce qu’il ne faut jamais oublier, c’est que cette gratuité des contenus permet d’alimenter ces plateformes qui elles, gagnent beaucoup d’argent sur le dos du travail des autres. Elles font de l’argent sur votre dos ou le mien quand nous faisons un statut, et sur le dos des artistes quand vous ou moi postons leurs images. Ces plateformes arrivent pour l’instant à ne pas payer les artistes-auteurs comme elles arrivent à ne pas avoir à payer les impôts qu’elles devraient à nos pays. Les milliards que valent les GAFA sont clairement sortis de nos poches à tous. Ce sont des hôpitaux et des crèches que nous n’avons pas construits, des emplois que nos pays n’ont pas créés. Participer de cette culture de la gratuité en niant le travail des autres, c’est bien avoir cette attitude de prédateur. C’est participer à construire un monde dans lequel, rapidement, vous ne serez plus payés non plus. Ou mal payés, juste assez pour que vous ne fassiez pas la révolution et continuez à nourrir les vrais gagnants de la “gratuité”.

Voilà, ce n’est vraiment pas simple. Mais il est important de se rappeler que quand on ne veut pas payer le travail des autres, c’est probablement soi-même qu’on appauvrit à terme.


Addendum

Cette note a fait parler ! Il va sans doute falloir que pour la Bande Dessinée, les organisations d’auteurs, d’éditeurs et de critiques se mettent autour de la table pour écrire un code des bons usages permettant de définir ce qui est et ce qui n’est pas une “citation” légitime. Qu’on mette au point des règles simples qui éviteraient l’actuelle incertitude juridique. Je vais en discuter avec les uns et les autres pour voir si ça aurait du sens pour eux.

 

Cher Apple, tu déconnes grave

Cher Apple, tu déconnes grave. Je suis un vieux militant de tes ordinateurs depuis les premiers Macintosh, j’ai fait basculer des dizaines d’utilisateurs de Windows à Mac OS. Mais, là, tu m’obliges à réfléchir. Vais-je devoir arrêter de te recommander ? Vais-je devoir te quitter ?

Il y a trois semaines, notre iMac 27″ i7 de 2012 a soudainement affiché un écran blanc. Après une extinction forcée, l’écran et ne s’est plus jamais rallumé. Problème de carte mère. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, en contactant le SAV, que ma machine, qui avait six ans, était déjà classée obsolète chez Apple et qu’on ne pouvait donc plus commander les pièces détachées pour la réparer.

Les pannes, c’est quand même bien plus embêtant sur une machine tout en un. Si le moindre de ses éléments est défectueux, on se retrouve à jeter à la fois son écran, sa carte mère, son alimentation, son boitier. Ça veut dire que quand on dépense plus de deux milles euros, c’est un investissement de type loterie. Que, passé cinq ans, chaque panne se transforme en désastre économique, mais aussi, et c’est grave, écologique.

Depuis 2013, on ne peut plus acheter de Mac au format “tour”, un Mac Pro sans écran, ouvrable, reconfigurable et réparable comme n’importe quel PC. Apple ne propose plus que des ordinateurs fermés. On pouvait espérer que cela irait avec un service après vente capable de réparer dans la durée ces machines fermées. Ce n’est pas le cas.

Nous avons donc dû racheter un iMac, en priant que lui dure au moins 10 ans, comme tous nos précédents ordinateurs Apple. J’ai digéré la déception, je me suis sans doute dit que c’était la faute à pas de chance… Et puis ce matin, je lis que, pour l’instant, on peut se faire refuser la réparation d’un iMac Pro NEUF. Une machine à plus de 5000 euros en configuration de base…

Le premium, c’est aussi au niveau des garanties et de la durabilité qu’il faut le proposer. Apple, j’en ai plus qu’assez que tu transformes mon outil de travail en smartphone hors de prix, trop vite vieillissant et irréparable.

Et crois-moi, si j’en suis là, moi, le vieux fan de la marque, moi le geek qui prend son pied à développer en C sous Linux mais qui adore aussi les produits clef en main quand ils fonctionnent, moi qui ne me pose pas de questions financières en achetant tes produits un peu trop chers… Crois-moi, si j’en suis là, ta clientèle pourrait redevenir aussi petite qu’elle l’était il y a 20 ans.

 

PS : on va éviter les trolls Mac/PC, on peut, hélas, en mettre aussi de sacrées couches à Windows, à Linux et à la plupart des fabricants de PC.

Des failles dans nos processeurs

Très mauvaise surprise pour commencer 2018 : des chercheurs ont découvert que la plupart des processeurs informatiques contiennent depuis 20 ans des failles majeures qui rendent, pour l’instant, tous les ordinateurs mais aussi les smartphones aussi peu sécurisés qu’une tente de camping. En gros, une simple page web peut vous dérober tous vos mots de passes !

Les mises à jour de sécurité arrivent au compte-goutte, mais tant que vous ne serez pas sûr que votre machine est protégée, je ne peux que vous recommander de ne pas trainer n’importe où sur le web…

Voici un article assez complet et relativement simple sur l’affaire :