Marche des auteurs à Angoulême 2015

A l’initiative du syndicat SNAC BD, une marche aura lieu samedi 31 janvier 2015 dans les rues d’Angoulême. Au lendemain de la session d’ouverture des États Généraux de la Bande Dessinée, c’est aux revendications immédiates que nous nous consacrerons : le train de réformes catastrophiques qui est en train d’écraser les auteurs doit s’arrêter ! Et pour ceux qui ne seront pas au festival BD, le SNAC va aussi mettre en place des actions pour qu’ils puissent participer à distance. C’est notre avenir qui se joue aujourd’hui, alors mobilisez-vous tous !

Marche des auteurs le samedi 31 janvier 2015

Aux auteurs, aux artistes, et à tous ceux qui les soutiennent,

Il y a près de 40 ans, les artistes auteurs descendaient dans la rue pour que soit créé un régime de sécurité sociale adapté à leurs réalités.

Depuis, attaqués de toute part, nos maigres acquis et nos conditions de travail ne cessent de se dégrader.

La plus urgente menace, contre laquelle nous nous battons depuis six mois, est un projet de réforme non concertée, insoutenable dans ses modalités, reviendrait à nous amputer d’un mois de  revenus – une réforme brutale totalement déconnectée de nos réalités.

Il est temps que les auteurs reprennent la main sur  les conditions d’exercice de leur métier, sur l’évolution de leur statut, et qu’ils puissent prendre part systématiquement aux décisions qui les concernent.

Le Snac BD a annoncé à la conférence de presse du FIBD ce qui pourrait marquer symboliquement et médiatiquement cette reprise en main :

Un appel à l’ensemble des auteurs ainsi qu’aux lecteurs, souhaitant les soutenir, à se mobiliser à Angoulême le Samedi 31 Janvier pour une marche des auteurs et de soutien à la création.

Nous communiquerons prochainement les détails de cette action.

Ne ratons pas ce rendez-vous, restons vigilants et mobilisés !

Le Snac BD

Les États Généraux de la Bande Dessinée

Lors de l’assemblée générale qui a e eu lieu pendant le débrayage des auteurs de BD à Saint-Malo, j’ai présenté le projet des États Généraux de la Bande Dessinée. Nous le portons depuis quelques semaines Benoît Peeters, Valérie Mangin, et moi même. En voici la présentation générale. Un site ouvrira bientôt pour vous tenir informé.

Pourquoi des états généraux ?

Après des décennies de croissance économique, la Bande Dessinée est entrée dans une période d’incertitude. La multiplication du nombre d’albums a fini par provoquer une diminution des ventes de chaque titre, donc de leur rentabilité pour les éditeurs comme pour la plupart des auteurs. Mais la BD est un milieu de passionnés, et tout le monde a pris sur soi.

Mais les auteurs se sont trouvés soumis, en plus, à une explosion des prélèvements obligatoires : complémentaire retraite, formation professionnelle, TVA… Pour beaucoup, c’est entre un et deux mois de revenu annuel qui disparaissent. Ces hausses ont fini par provoquer un important mouvement social. L’ampleur de cette mobilisation et les inquiétudes qui ont été énoncées à cette occasion nécessitent, au-delà des urgences, une réponse à long terme. D’autant plus que ces questionnements rejoignent ceux de beaucoup d’éditeurs, libraires, festivals, écoles, critiques…

La situation économique est en effet inquiétante, mais l’avenir l’est aussi, car de nombreuses mutations sont en cours. Quel sera le modèle économique de l’édition numérique ? Comment mieux exporter la BD franco-belge pour ne pas subir la mondialisation, mais en profiter ? Que faire face aux nombreuses attaques contre le droit d’auteur ? Quid de la montée en puissance des géants de l’internet ? Tout cela dans une crise économique qui n’en finit pas…

C’est pour cela que nous avons décidé de convoquer des États Généraux de la Bande Dessinée.

Quand et comment ?

Dans un premier temps, ils devront établir un état des lieux. Il faut faire un bilan et une analyse la plus exhaustive possible de la situation : poids économique de la BD dans son ensemble, statuts sociaux et revenus des créateurs, états de l’édition, de la librairie, du marché, spécificité du droit d’auteur et des pratiques françaises, écoles et formations, place dans la culture, impact sur l’audiovisuel… le tout remis en perspective historique. Ce travail sera confié à des équipes universitaires et donnera lieu à des études et des publications scientifiques. Chaque étude sera publiée en ligne dès qu’elle sera terminée et donnera lieu à un colloque ou à une présentation spécifique.

En parallèle, afin que la voix de chacun soit entendue, les États Généraux proposent que de nombreux cahiers de doléances soient rédigés par branche professionnelle, par localisation, par activité, lors de festivals ou par les organisations représentatives… tout est possible ! Ils viendront nourrir le débat, donner de la matière aux chercheurs et seront une source indispensable d’idées et de propositions de réforme.

Ce premier temps prendra sans doute plus d’une année, mais sera heureusement ponctué de très nombreux rendez-vous intermédiaires.

Études scientifiques et cahiers de doléances permettront ensuite de passer au second temps des États Généraux : débattre et apporter des solutions aux problèmes constatés. En s’appuyant, enfin, sur une véritable information sur l’état de la Bande Dessinée, nous devrions pouvoir dégager tous ensemble un projet d’avenir pour les prochaines décennies.

Qui ?

Les États Généraux de la Bande Dessinée, s’ils sont portés initialement par des auteurs, sont ouverts à tous les acteurs de la BD. De l’avenir de chacun dépend l’avenir de tous.

Dans ce but, une association loi 1901 est créée. Elle a pour charge d’organiser l’ensemble des activités des États Généraux. Sont appelées à y adhérer toutes les personnes morales qui veulent y participer : syndicats professionnels et associations représentatives des auteurs, des éditeurs, des libraires, des critiques, des festivals etc. ainsi que les sociétés de gestion de droits, institutions culturelles, organismes sociaux, autorités de tutelle etc.

Avec le soutien et l’implication de tous les acteurs de la BD qui le souhaitent, les États Généraux de la Bande Dessinée ont donc pour but de faire un état des lieux, de recueillir la parole de tous et de construire un projet favorable à tous. Face à l’urgence de la situation, aux évolutions majeures de nos métiers et de nos marchés comme face aux changements qui touchent toutes les pratiques culturelles, c’est bien tous ensemble que nous devons dessiner l’avenir de la Bande Dessinée.

Débrayage des auteurs de BD à Saint-Malo

Chers auteurs de BD, merci d’avoir quasi tous suivis l’appel au débrayage du Groupement des Auteurs de Bande dessinée (SNAC) à Saint-Malo ce week-end. Les 200 places salle de réunion était archi combles. Et on nous a dit que 300 personnes avaient dû rester à la porte ! Nous en sommes bien sûr désolé, mais heureusement cette réunion magique a été filmée.

Je vais être très honnête. A titre personnel, même si j’avais été à l’initiative de cette proposition de débrayage, et que j’avais fait tout mon possible dans les semaines précédentes pour qu’elle réussisse, je ne croyais pas à une forte mobilisation, je pensais que nous allions nous retrouver qu’avec l’éternelle petit bande des auteurs qui depuis des années essayent de faire bouger les choses. J’avais proposé cette action pour que nous puissions nous compter, savoir sur quel proportion d’entre vous on pouvait s’appuyer dans les prochains mois pour agir concrètement. Je m’attendais à 10, peut-être 20%. Mais vous étiez si nombreux qu’on pouvait croire que vous étiez tous là ! J’en avais des frissons depuis la scène. Je vous présente donc à tous mes excuses pour avoir osé douter de vous : vous êtes merveilleux, les amis !

Nous y avons annoncé la création d’États Généraux de la Bande Dessinée. J’y reviendrais ultérieurement.

 


Pour finir, merci aussi aux organisateurs de Quai des Bulles pour leur aide. Merci aux éditeurs qui nous ont soutenus, et qui sont venus nous écouter et nous parler. Enfin, merci au public pour sa compréhension. Continuons comme cela ! Si nous arrivons à nous soutenir tous les uns les autres, nous pourrons faire des merveilles pendant encore longtemps !

Photos © Quai des Bulles

Premier débrayage des auteurs

Ce message va contraster avec l’euphorie de la sortie d’UW2. Mais c’est justement parce que tout va très (trop) bien pour moi et Valérie que nous devons être les premiers à nous battre pour les plus précarisés de nos collègues. Comme la plupart des auteurs de BD ne semblent pouvoir compter que sur eux-mêmes (collectivement) pour ne pas finir tous aussi pauvres que Job (et sans job) il va falloir un peu durcir le ton. J’espère que chacun comprendra. J’espère que nous n’aurons pas à aller plus loin.

Premier débrayage des auteurs de BD ! À diffuser !

Pour tous les auteurs présent au festival « Quai des bulles » de St Malo le Samedi 11 Octobre

Une rencontre SNAC aura lieu avec le délégué général et plusieurs membres du comité de pilotage du groupement BD au festival Quai des Bulles le samedi 11 Octobre à 17h30, Amphithéâtre de la salle Maupertuis, au Palais du Grand Large.

Nous y aborderons le problème de la réforme du RAAP (Ircec) et ce sera le moment de poser vos questions et d’échanger sur nos moyens d’action. Nous y parlerons aussi des autres menaces qui planent sur nos métiers.

Nous demandons à tous les auteurs présents à St Malo de débrayer pour participer à cette assemblée. Les auteurs en dédicaces devront lever le crayon à 17h30 et venir nous rejoindre salle Maupertuis. Nous avons préparé un tract pour le public, servez-vous-en pour expliquer votre départ et pour sensibiliser du même coup vos lecteurs à notre cause. Vous pourrez aussi en retirer à l’espace Snac BD dès le vendredi (permanence dans le hall du Palais derrière le point info dès le vendredi après-midi) et en glisser dans les livres que vous dédicacerez.

Ce débrayage ne va pas être simple, et certains vont sans doute se retrouver face à la pression de leur éditeur, du libraire du stand ou du public. Même pour une simple petite heure d’absence, il va falloir du courage, nous le savons. Faut-il rappeler que si une concertation s’est amorcée avec le conseil d’administration du RAAP, c’est grâce à votre mobilisation? Mais pour obtenir que nos métiers cessent de se paupériser, il faudra aller plus loin !

Nous vous attendons nombreux !