Nous n’irons plus en festival

Valérie et moi sommes toujours franchement malades du COVID, onze jours après être rentrés du festival d’Angoulême. Grosse toux permanente, nez transformé en rivière, fatigue continue… le tout bien confirmé par deux nouveaux tests positifs avant-hier. Ce n’est pas qu’un gros rhume, ni même qu’une bonne grippe, c’est bien plus pénible, et nous commençons à être sévèrement fatigués. Bref, nous payons bien cher la levée prématurée des règles sanitaires.

Nous serons donc très probablement absents ce week-end au festival d’Hérouville-Saint-Clair, afin de ne contaminer personne. Même si le test de vendredi se montrait négatif, nous ne voyons pas trop comment nous serions en état physique d’ici là. Car si c’est pour tousser toutes les minutes dans son masque, ça va vite être intenable. Dommage, on ne verra pas tous les copains, la team Goldorak, l’Atelier virtuel… Nous sommes aussi bien sûr désolés pour nos lecteurs comme pour les organisateurs.

Pour la suite, il est assez probable que nous allons refuser de nous rendre en festival tant que la pandémie battra son plein et tant que des mesures sanitaires bien plus sévères ne seront pas appliquées par l’État ou par les organisateurs d’événements. En effet, on le sait maintenant, les variants actuels du COVID peuvent recontaminer n’importe qui quelques semaines seulement après avoir été malade ou vacciné. Même si nous ne sommes pas les pires victimes (il y a toujours plus de cent morts par jour), nous ne sommes pas prêts à revivre ce que nous traversons en ce moment. Sans parler du risque de refiler cette ***** à d’autres.

Nous étions trop K.O. cette semaine pour participer à la rédaction de ce message de la Ligue des auteurs professionnels sur le sujet, reproduit en bas de cet article. Nous sommes évidemment tout à fait d’accord avec ses recommandations mais nous irons personnellement sans doute plus loin, en tout cas tant que le virus circulera avec une telle intensité : si le festival ou la librairie n’impose pas le port strict du masque, ce sera sans nous.

Voilà, espérons que nous vous donnerons de meilleures nouvelles de notre santé bientôt. Surtout, bon courage à tous dans cette sixième vague. Surtout, protégez-vous : le COVID-19 n’est pas toujours qu’un rhume ou qu’une grippette.

Covid 19 : le monde du livre face à ses responsabilités

Communiqué de presse de la Ligue des auteurs professionnels

Depuis le 14 mars 2022, le port du masque n’est plus obligatoire en intérieur sauf dans les transports collectifs de voyageurs et les établissements de santé. Une décision gouvernementale qui n’est pas sans conséquence sur les lieux culturels et lieux de rencontre, à l’image des festivals et salons littéraires. En effet, le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême qui se tenait du 17 au 20 mars a subi de plein fouet les conséquences de cet assouplissement des mesures sanitaires, avec la création d’un cluster qui a touché de nombreux auteurs et autrices et de nombreux festivaliers et festivalières. Une « édition sans masques ni pass sanitaire » (ndlr : l’affiche officielle du FIBD) qui a eu de graves conséquences sur les participants de ce festival.

Malgré ce relâchement des pouvoirs publics concernant les gestes barrières, il est utile de rappeler que les contaminations au Covid 19 continuent de progresser en France, avec plus de 127 000 nouveaux cas par jour enregistrés en moyenne sur 7 jours. Le 27 mars, on comptabilisait 110 000 nouveaux cas supplémentaires en 24 heures. Les personnes les plus fragiles, personnes âgées, malades chroniques, avec des comorbidités sont une fois de plus mises en danger par cette remontée épidémique. Également, les effets du « Covid long » commencent à peine à être quantifiés et ont de graves conséquences sur l’ensemble des malades.

C’est dans ce contexte que la Ligue des Auteurs Professionnels incite les organisateurs de festivals et salons littéraires à prendre des mesures pour protéger les participants à leurs événements, et encourage d’autant plus les auteurs et autrices à redoubler de vigilance. Il est essentiel que chacun mesure les conséquences de son comportement individuel sur le collectif.

Pour les festivals et salons littéraires, nous encourageons la mise en place d’un protocole renforcé :

  • Incitation au port du masque envers tous les festivaliers ;
  • Distribution gratuite de masques FFP2 ;
  • Protocole fiable d’aération des espaces tout au long de la journée ;
  • Communication responsable autour des gestes barrières ;
  • Gel hydroalcoolique à disposition ;
  • Protection des personnes à risques.

Pour les auteurs et autrices, nous invitons à la responsabilité individuelle :

  • Test antigénique ou PCR effectué avant le départ ;
  • Port du masque lors des dédicaces et des interventions ;
  • Eviter les rassemblements lors des moments de restauration en intérieur ;
  • Eviter les contacts physiques.

Tous ensemble, nous pouvons limiter les risques et éviter la formation de nouveaux clusters dans les événements culturels, salons et festivals, si importants pour nos professions !https://ligue.auteurs.pro/


Mise à jour

Dans la droite ligne de cette note de blog, j’ai signé la tribune « Rencontres culturelles : non aux clusters » : actualitte.com

Erreur système

Je viens de lire Erreur Système de Jenolab et Valérie Mangin, qui parait aujourd’hui chez Casterman BD. Comme j’avais pas mal échangé sur ce projet avec Valérie au tout début et que j’avais regardé par-dessus son épaule les excellents dessins de Jenolab, je pensais savoir à peu près ce que j’allais lire. Et bien non. Car ce que je n’avais pas anticipé, c’est le terrifiant réalisme de leur album.

Erreur Système est une histoire d’anticipation qui se passe « bientôt » dans une France qui s’est renfermée dans ses frontières. Un régime d’extrême centre y a quasiment éliminé la criminalité. Il faut dire que la population l’a bien aidé, acceptant en masse de se faire greffer des implants neuronaux connectés à Internet, sorte d’aboutissement ultime de notre dépendance actuelle aux smartphones. La plupart des gens semblent vivre dans un monde parallèle, repliés dans les fantasmes du numérique. Surtout, tous connectés, ils sont tous suivis à la trace par le système judiciaire. Mais pourquoi s’en inquiéter, « Quand on est honnête, on n’a rien à cacher » dit un des personnages. À tel point que les implantophobes sont facilement soupçonnés des pires dérives. À tel point que les derniers clandestins, traqués sans relâche, semblent presque réduits à une légende urbaine.

« Bientôt » ? Ce monde est hélas devenu beaucoup plus réaliste depuis que Valérie a écrit son scénario. Il faut dire qu’entre temps la société Neuralink d’Elon Musk a dévoilé des implants neurologiques fonctionnels sur des cochons et a présenté comment les implanter simplement et massivement dans nos cerveaux. Premier test sur l’humain annoncé pour 2022. C’est à dire maintenant.

Mais Erreur Système est bien plus qu’une leçon de morale dystopique, car Jenolab et Valérie ont parfaitement réussi à donner vie à Anastasia, leur héroïne. L’album commence quand, dans ce futur tristement pacifié, des attentats à la bombe viennent remettre en cause toutes les certitudes sécuritaires. En pleine élection présidentielle (tiens tiens), Anastasia mène l’enquête. Policière mais un peu trop implantophobe, elle est sans doute la mieux placée pour démanteler un réseau terroriste qui échappe aux outils de surveillances pourtant omniprésent. Hélas pour elle, elle va aller regarder là où il ne faut pas. En particulier vers la Crypte ou sont stockées les données de surveillances des français…

Bref, je viens de lire une excellente BD d’anticipation, une histoire forte, pleine de retournements et de surprises, qui décrit à la perfection le bout du chemin de nos dérives actuelles, mais aussi, et surtout, l’histoire d’une héroïne en quête de ce qu’il reste encore de notre humanité. Et comme le montre les images ci-jointes, c’est visuellement très beau. C’est donc clairement ma grosse recommandation SF du moment !

Fabrice Neaud : réédition, nouveauté et exposition

Fabrice Neaud est un très grand ami. Mais c’est surtout un très grand auteur. Depuis des années, il continuait discrètement à travailler sur la suite de Journal, sa remarquable bande dessinée autobiographique, restée en suspens, en particulier depuis le bien triste fin des éditions Ego comme X.

Grâce à des retrouvailles avec une des figures centrales du récit, mais aussi à l’engagement éditorial de David Chauvel, cette suite du Journal va enfin être publiée. À partir du 6 avril 2022, nous aurons donc le bonheur de voir paraître aux Éditions Delcourt la réédition des anciens tomes puis, à partir de 2023, de pouvoir nous plonger dans de nouveaux volumes. L’ensemble de ce travail sera réuni sous le nom Esthétique des Brutes.

J’ai eu le privilège de lire des scènes de ces livres à paraître et je ressens exactement la même certitude en voyant ce qu’il partage sur son compte Facebook en avant-première : Fabrice n’a jamais été aussi bon. Et ce n’est pas peu dire vu la qualité de son travail publié depuis presque 30 ans.

En attendant, si vous avez la chance de pouvoir vous rendre à Caen, je ne peux que vous recommander d’aller admirer son exposition du 25 février au 18 mars. Fabrice y présentera une centaine de planches originales, un nombre très impressionnant qui permettra d’avoir un bel aperçu des milliers de planches de son œuvre.

Cette exposition inaugurera un tout nouveau lieu culturel normand, Les Petits Miracles, dont l’initiative revient à la librairie La Cour des Miracles.

Exposition Fabrice Neaud

du 25 février au 18 mars
les jeudi, vendredi et samedi
de 15h00 à 19h00

Les Petits Miracles
65, rue des rosiers, 14 000 Caen – plan

Séance de dédicaces le vendredi 11 mars

Douglas Trumbull

Douglas Trumbull est décédé hier à l’âge de 79 ans. Son nom est hélas trop peu connu du grand public, mais il était un des plus grands magiciens d’Hollywood.

Illustrateur de formation, inventeur de technologies pour le cinéma, Douglas Trumbull est entré dans l’histoire en 1968 comme un des principaux créateurs des effets spéciaux du 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. Arrivé au départ pour concevoir les animations des écrans d’ordinateurs il va finalement toucher un peu à tout, y compris la séquence finale psychédélique. Devenu célèbre, il dirigera ensuite les effets spéciaux de Rencontres du troisième type en 1977, de Star Trek en 1979 ou de Blade Runner en 1981. Quelle liste !

J’ai une affection toute particulière pour le film de science-fiction Silent Running qu’il a lui-même réalisé en 1972 sur un scénario de Michael Cimino, Steven Bochco et Deric Washburn. Ce long métrage est loin d’être totalement réussi, mais ses visuels et ses ambiances m’ont énormément marqué dans ma jeunesse. Les designs du vaisseau de Cryozone, ma première bande dessinée, lui doivent sans doute beaucoup même s’ils sont bien différents de ceux de Silent Running, influence de Ron Cobb oblige.

Merci, Douglas Trumbull !

Décès de Jean-Claude Mézières

Ça n’avait pas toujours été simple entre Jean-Claude Mézières et moi. Disons-le, il ne m’avait vraiment pas beaucoup épargné à mes débuts. Heureusement, nous avions eu la chance de partager de bien meilleurs moments ces dernières années.

C’était donc avec une vraie admiration que j’avais fait ce dessin en hommage à Valérian et Laureline en 2017. Et c’est donc avec grande émotion que j’apprends aujourd’hui le décès de Jean-Claude.

Toute mon affection aux siens.

Symphonies de Saint-Saëns par Măcelaru et l’ONF

Averti par classiquenews.com, j’ai acquis l’intégrale des symphonies de Saint-Saëns que vient d’enregistrer l’Orchestre National de France sous la baguette de Cristian Măcelaru.

Je viens d’écouter à fond la Symphonie n°3 « avec Orgue » et j’en suis encore tout remué ! C’est un enregistrement purement extraordinaire ! Déjà, par la prise de son, remarquable de clarté. Je me demande même si les consignes sanitaires, qui obligent les musiciens à être plus éloignés les uns des autres, ne participe pas de cette impression de séparation extraordinaire de tous les pupitres. Et pourtant, quel ensemble ! La fusion de l’orgue ou du piano avec l’orchestre est purement magique. Les cordes sont arides ou mélancoliques selon, mais toujours d’une couleur extraordinaire. Les cuivres et les bois sec et doux à la fois… C’est à la fois très voluptueux, et très cérébral, quasi boulézien par moment.

Je connais bien la Symphonie n°3, ayant déjà quelques belles versions ici, dont celle de Jean Martinon, l’Orchestre National de l’ORTF et Marie-Claire Alain, mais aussi quelques catastrophes, tel le pompeux et brouillon enregistrement de Karajan et Cocherau de 1983 chez Deutsche Grammophon. Mais avec ce nouveau CD de Cristian Măcelaru et l’ONF, je redécouvre complètement cette partition. Pour les 3e et 4e mouvements c’est même, je le réalise, la première fois que je n’ai pas l’impression d’écouter une sorte de patchwork hystérique plus ou moins contrôlé, mais une œuvre cohérente.

Bon, je me dis en écrivant qu’il faudra évidemment que je tempère ça d’une seconde écoute. Mais avant, je vais bien sûr me délecter des quatre autres symphonies. D’ores et déjà, un grand merci à l’Orchestre National de France, à Cristian Măcelaru et à l’organiste Olivier Latry pour ce grand moment d’émotion.

Satan joue de l’orgue

Il semblerait qu’en 2021, des intégristes catholiques puissent faire la loi en France. Après avoir empêché le concert d’Anna von Hausswolff dans une église de Nantes, c’est celui de Saint-Eustache à Paris qui a dû être déplacé hier « pour des raisons de sécurité ».

Anna Von Hausswolff jouant de l’orgue, il y a pourtant une certaine évidence à ce que ses concerts se tiennent sur les magnifiques instruments qu’abritent les églises françaises. Rappelons aussi qu’on ne joue pas que de la musique sacrée dans ces églises et ce depuis longtemps. D’ailleurs, les autorités ecclésiastiques avaient donné leur plein accord à ces deux concerts.

Alors, la musique d’Anna Von Hausswolff serait-elle vraiment « sataniste » ? Je vous laisse découvrir à quoi ressemble le soit-disant satanisme dans les cerveaux rabougris de certains :

 

Pour en savoir plus :

Les coloristes existent, il serait temps de s’en apercevoir

Excellente intervention de Yoann Guillo, auteur des couleurs de notre Goldorak, au sujet de la place des coloristes dans la bande dessinée. C’est en fait un retour d’expérience, puisque nous, les cinq co-auteurs, avons tenu dès le début de la promotion de notre album à mettre en avant le travail de la couleur. Il est temps que les coloristes et leur art aient la visibilité qu’ils méritent !

Je viens de lire la récente actualité d’Isabelle Merlet sur son mur FB et les nombreux commentaires qui en découlent. Pour la faire courte, cela tourne autour d’un coup de gueule à propos de l’invisibilisation des coloristes, dans certaines maisons d’éditions, sur certains sites, par certaines personnes…
Le coup de gueule d’Isabelle est motivé par le fait que n’étant pas créditée comme il se doit, on fini par attribuer son travail à quelqu’un d’autre, pour la énième fois…
Ça pourrait paraître capricieux qu’une coloriste se plaigne que son nom ne soit pas quelque part, c’est vrai quoi, il y a plein de professions où ce n’est pas le cas, pourquoi ça serait un problème là ?

Eh bien parce-que la couleur prend une part entière dans la manière dont l’ouvrage sera perçu par le lecteur. Le talent ou les univers graphiques de certains coloristes sont tels, qu’il est impossible de les interchanger sans que cela ait un impact sur le ressenti du lecteur.
Pour citer Isabelle, la couleur est à la BD ce que la musique est au cinéma. Vous comprendrez très bien l’histoire sans la musique, mais elle peut transformer votre film en navet ou en chef d’œuvre.

Au-delà de l’aspect artistique, il y a une seconde raison pour laquelle la quasi-totalité de nos BD sont en couleurs : c’est que la couleur fait vendre.
Alors oui, on pourrait discuter longtemps pour savoir si le coloriste doit ou ne doit pas avoir son nom en couverture, doit ou ne doit pas être considéré comme auteur.
Le problème n’est pas vraiment là.

Le problème est que de par leur invisibilité médiatique, les coloristes sont souvent considérés comme la cinquième roue du carrosse dans leur propre milieu professionnel.
Et ils en voient des vertes et des pas mûres : travail sans contrat, tarifs dégueulasses, délais absurdes, mépris de classe d’une partie de la profession, relations de travail infantilisantes, débarquements brutaux des projets, modifications de plannings multiples, “des délais trop court pour finir l’album ? rassure-toi coloriste, on va prendre un second coloriste”, re-colorisation de vieux albums pour récupérer les éventuels droits d’auteurs, et j’en passe.
J’ai une pensée pour Bruno Tatti, coloriste aux ambiances magnifiques, dont le nom a récemment été oublié de l’un de ses albums…

Avec Goldorak, j’ai eu la chance de travailler avec des amis qui ont la même vision que moi sur la situation des auteurs, et en particulier des coloristes et du rôle de la couleur, ainsi qu’ avec Kana, une maison d’édition qui a accepté de jouer le jeu, à savoir : un coloriste peut aussi être un auteur à part entière. Ce qui implique d’avoir son nom sur la couverture, un contrat d’auteur avec une part des droits non rétrocédés, et d’être complètement intégré au processus créatif et éditorial.

Dès le début sur Goldorak, une part belle a été donnée à la couleur. Elle a été mentionnée sur plusieurs pages de la plaquette pédagogique “Dans l’atelier” (une trentaine de pages) que Kana a fourni aux libraires et aux journalistes quelques mois avant la sortie de l’album.

Cette politique à l’intention du travail de la couleur a eu un résultat des plus impressionnants : de très nombreuses interviews (une trentaine peut-être, dont plusieurs passages télé) ont eu une ou plusieurs questions sur la couleur. J’ai même eu l’occasion de faire deux directs télévisés sur la chaîne belge LN24, moi, un coloriste, et dans l’un deux la présentatrice Brigitte Weberman a même fait l’éloge des couleurs de l’album. La couleur est complimentée dans presque toutes les critiques, et il arrive que certaines me soient spécialement adressées, du jamais vu.
£L’énorme licence Goldorak nous a permis d’éclairer avec un gros projecteur le métier de coloriste, son importance, et l’intérêt qu’il peut susciter auprès du public.

Voilà, j’espère que mon message saura convaincre d’autres professionnels de la BD de ne plus considérer les coloristes comme une sorte de « mal nécessaire », mais comme un collaborateur de grande importance qu’il faut valoriser. Car ils participent grandement au succès de certains albums ; le grand public étant sensible à cet aspect graphique, qu’il s’en rende compte ou non.
Ah, et au passage, il faudrait aussi payer les coloristes correctement et les intéresser à la vente, car inciter quelqu’un qui va passer de nombreuses heures sur chacune de vos pages à considérer que le succès de l’album lui importe peu, me semble un bien mauvais calcul…

www.facebook.com

Facebook entre censure et haine

La censure imbécile de Facebook bat tous les records de n’importe quoi. Et pendant ce temps, les prêcheurs de haine passent entre les mailles des algorithmes, voire sont mis en avant…

Amis passionnés de guitare, surtout n’utilisez pas le mot « p*dale » (remplacez le * par un e, des fois que ça ne soit pas évident…) dans vos posts et vos commentaires car le grand méchant algorithme de FB considère que c’est une insulte homophobe que vous proférez… et vous avez un avertissement la première fois et un bannissement temporaire la seconde. Cela vient de m’arriver.www.facebook.com

Donc, des utilisateurs modérés se font bannir par les algorithmes de Facebook juste pour avoir utilisé un mot courant de la langue française ? Un mot qui est parfois une insulte, mais ne l’est évidemment pas dans la plupart des cas ? Même les mécanismes de censure automatique des premiers forums Internet il y a vingt ans étaient moins ridicules…

En parallèle, d’anciens employés de la compagnie confirment ce qu’on avait pressenti : c’est volontairement que le réseau social ne modère pas nombre de contenus mensongers et haineux. Et les tests anonymes de prouver, au contraire, que ces algorithmes favorisent la diffusion de cette haine en ligne…

« Le voyage de Carol vers QAnon », un rapport interne envoyé à la SEC (l’autorité boursière), évoque également la création d’un faux compte par un chercheur payé par l’entreprise pour étudier la polarisation de ses utilisateurs. D’après lui, dès l’été 2019, cette fausse mère de famille conservatrice était exposée à un « torrent de contenus extrêmes, conspirationnistes et choquants », dont des groupes liés à QAnon. Sans que le compte ne donne jamais d’intérêt aux groupes de cette mouvance, l’algorithme poussait continuellement leurs contenus, qui enfreignaient pourtant les règles de la plateforme. Facebook aurait conduit plusieurs expériences similaires ces dernières années, toujours avec le même résultat : les groupes extrémistes étaient largement mis en avant. www.clubic.com

Que faire ? Facebook est une entreprise privée et ne risque rien à saper la démocratie tant qu’elle n’enfreint pas ouvertement la loi. Sommes-nous donc totalement désarmés face aux médias sociaux ?

Non. Rappelons qu’un précédent existe : celui de l’audiovisuel, qui est, lui, soumis à un encadrement strict et à un contrôle par une autorité publique, le CSA. Inspirons-nous de ce modèle. Décidons que, au-delà d’une certaine taille (1 millions d’utilisateurs ?) les réseaux sociaux, moteurs de recherche, commerces en ligne, tous ces services devenus bien trop incontournables, doivent être soumis à un sévère contrôle démocratique. Une ou des autorités publiques, peut-être à l’échelle européenne, doivent pouvoir vérifier les algorithmes des géants du web, et, le cas échéant, sanctionner leurs dérives antidémocratiques ou monopolistiques.

Rappelons que la plupart de ces sociétés ont plié devant les exigences de la Chine. Il serait peut-être temps que nous, en Europe, nous leur imposions nos exigences démocratiques.

 

Résoudre le problème des sites devenus inaccessibles

Depuis le début du mois, beaucoup d’ordinateurs ayant des systèmes anciens ne peuvent plus accéder à énormément de sites. Vous pouvez tester votre navigateur ici : si ce site n’est pas accessible, vous êtes concernés :

Pourquoi ? En fait, c’est un certificat de sécurité dit « racine » qui a expiré. Sur les systèmes les plus anciens, qui ne reçoivent plus de mise à jour, il n’a pas été remplacé par un plus récent. Et, hélas, ce certificat était utilisé par LetsEncrypt, un des principaux acteurs de la sécurisation de sites web. Résultat, des centaines de millions de sites sont devenus d’un coup inaccessibles aux anciens ordinateurs.

Heureusement, il y a une solution simple pour retrouver un accès complet au web : utiliser le navigateur Firefox, qui embarque des certificats de sécurité mis-à-jour. Sur les plus vieux systèmes, on peut en plus installer une version de Firefox dite ESR (Extended-support release). C’est une ancienne version du navigateur, mais qui est maintenue à jour pour ce qui concerne les questions de sécurité. Pour télécharger Firefox ESR :

Réparer Chrome ou Safari sur Mac

Si vous voulez vraiment régler le problème pour tous les autres navigateurs sur votre Mac, mais aussi les autres logiciels qui pourraient avoir besoin de certificats à jour, vous pouvez installer manuellement un nouveau certificat de remplacement dans le système.

Téléchargez le certificat concerné : http://x1.i.lencr.org/

Votre navigateur va sans doute vous proposer de l’ouvrir avec l’application Keychain Access / Trousseaux d’accès. Faites-le. Choisissez de l’installer dans le « trousseau Système ». Il faudra renseigner le mot de passe habituel de votre Mac pour cela.

Si ce n’est pas automatique, double-cliquez le fichier téléchargé, nommé « ISRG Root X1.der ». Cela va ouvrir le Trousseaux d’accès. Choisissez de l’installer dans le « trousseau Système ». Il faudra renseigner le mot de passe habituel de votre Mac pour cela.

Ensuite, vous devriez voir apparaître le certificat dans l’application Trousseaux d’accès (trousseau Système, catégorie Certificats). Il se nomme ISRG Root X1. Il porte une croix rouge « Ce certificat racine n’est pas approuvé », c’est normal.

Il faut donc maintenant approuver ce certificat. Double-cliquez dessus, ouvrez l’onglet « Se fier », et mettez le premier menu sur « Toujours approuver ». Fermez la fenêtre. Il faut de nouveau saisir votre mot de passe pour valider.

Normalement, il porte maintenant une croix bleue. C’est bon, ce certificat racine devrait fonctionner parfaitement jusqu’en 2035 🙂

Pour le vérifier, essayez de vous connecter via Safari ou Chrome à https://valid-isrgrootx1.letsencrypt.org/.