Des nouvelles d’Universal War

Ceci est un long texte, je ne sais pas si vous aurez le courage de le lire jusqu’au bout, mais j’essaye d’y faire un point honnête et complet sur le retard du tome 4 d‘Universal War Two comme sur ma situation d’auteur aujourd’hui.

J’ai découvert qu’une partie des libraires en ligne annonçaient la sortie du tome 4 d’Universal War Two pour le 20 novembre dernier. C’est, hélas pour mes lecteurs, totalement faux. Je n’ai aucune idée de comment cette date a pu être donnée et par qui. À aucun moment je n’ai dit à qui que ce soit que je pourrais livrer mon album cette année, j’ai même bien dit le contraire. Et, d’ailleurs, personne n’aurait pu le croire chez mon éditeur vu que je ne leur ai envoyé ni couverture, ni même une seule page terminée.

J’imagine que cette mise au point est des plus inquiétantes pour des lecteurs qui attendent depuis trop longtemps la suite d’Universal War. Qu’ils se rassurent, je travaille bien sur le tome 4 d’UW2. Je prévois même bien de finir cette série en 6 tomes, comme UW1 et comme c’est prévu dans le synopsis écrit il y a plus de 20 ans. Ce n’est pas parce que mon éditeur n’a rien vu que ce tome 4 n’est pas en cours de réalisation.

Pourquoi suis-je en retard ? Pourquoi est-ce si long ? Il y a de multiples raisons à cela.

Pour commencer, je l’ai souvent dit, je suis assez insatisfait de mon travail. La reconnaissance du public comme de la critique n’y change rien : j’ai une idée initiale de ce que devraient être mes livres mais, hélas, je n’arrive pas à la concrétiser aussi bien que je le voudrais. Année après année, mes exigences augmentant, cette insatisfaction ne va pas en s’arrangeant. J’ai donc tendance à refaire et refaire mon story-board. Cette étape chez moi est fondamentale, elle tient à la fois de l’écriture concrète des scènes et de crayonné des planches. Quand ça se passe bien, ça me prend entre 3 et 6 mois. Et derrière, je n’ai plus qu’à finaliser des planches déjà bien avancées. Mais quand ça se passe mal, que je refais sans cesse ce story-board, ce n’est pas la méthode la plus économe en énergie créative et en temps, bien au contraire…

Il s’avère qu’arrivé à ce tome 4, je dois aussi préparer des scènes des deux tomes suivants, afin d’être sûr que la trame écrite en 1997 fonctionne jusqu’au bout. Il y a une différence entre dire « il va se passer ça, ça et ça » et réussir à le faire dans 46 petites pages de Bande Dessinée. J’arrive en plus au moment des révélations : je vais présenter dans cette seconde moitié d’UW2 une nouvelle théorie physique, qui va donner un nouvel éclairage sur ce qui était donné comme évident depuis le début d’UW1. Dans ce tome 4, ces révélations s’entremêlent avec les réactions des personnages à la catastrophe et à la plongée dans l’inconnu qui vient de leur arriver dans les trois premiers tomes. Mélanger grand spectacle et touches subtiles qui permettent de mieux comprendre le caractère des personnages est un exercice d’équilibriste. Toute cette matière, ces enjeux, cette physique, ces personnages, ces civilisations, tout ceci est d’une complexité abyssale, surtout quand on veut rendre tout cela clair et évident à l’arrivée.

Malheureusement, alors qu’il m’aurait fallu le calme absolu pour mener ce travail, c’est tout le contraire depuis trop longtemps. La plupart d’entre vous ne l’ignorent pas, je me suis engagé beaucoup plus qu’auparavant dans la défense des auteurs. Depuis 2014, je suis débordé par le bénévolat que je fais pour les États généraux de la Bande Dessinée et la Ligue des auteurs professionnels. Certains mois, c’est un plein temps voire plus. Parce que la réforme des retraites ou de la Sécurité sociale n’attendront pas qu’on s’en occupe. Parce que la dégradation continue des rémunérations et des conditions de vies des autrices et des auteurs non plus.

Cela me coûte beaucoup en termes de temps, mais cela me coûte aussi beaucoup en termes d’énergie et de créativité. Imaginez : je passe une bonne partie de la semaine à lire des travaux sociologiques ou économiques qui montrent à quel point la situation des auteurs et des artistes se dégrade, je discute sans arrêt de cette réalité un peu effrayante pour l’avenir avec mes confrères et consœurs, je me retrouve sans arrêt à expliquer cela aux autres acteurs de notre milieu, aux ministères, aux politiques, aux journalistes, mais il faudrait que, juste après, je redevienne le joyeux Denis Bajram qui fait de la BD dans l’enthousiasme voire l’inconscience de tous ces enjeux ? Ce n’est pas possible. Tout cela est bien trop souvent démotivant. Je ne vais pas vous cacher que ça m’a cassé les mains pendant bien trop de semaines. Heureusement, je travaille parfois à ces moments-là sur un projet collectif avec des amis qui me permet de me nourrir de leur dynamisme et de leurs envies. Ça m’a fait beaucoup de bien à chaque fois. Je vous en reparlerai bientôt.

Certains, autour de moi, s’inquiètent gentiment de savoir comment je m’en sors financièrement. Si je peux m’engager autant, c’est que j’ai la chance de vivre bien de mes droits d’auteurs. Mais la plupart des auteurs n’arrivent pas à gagner même un SMIC en faisant de la Bande Dessinée. Plus de la moitié des autrices sont même sous le seuil de pauvreté ! On ne peut pas leur demander de travailler moins pour aller faire du bénévolat de longue durée dans les associations et syndicats d’auteurs. Dont acte : à un moment c’est aux veinards de ces métiers de donner de leur temps. Même si ça aura de grosses conséquences sur leurs revenus. Franchement, je préfère ne pas compter combien cela m’a coûté, mais c’est sans doute de l’ordre de la moitié de mes revenus d’avant…

Il y a une sorte de paradoxe dans cette situation : Aujourd’hui, vous qui avez fait le le succès de la série, vous, lecteurs qui attendez impatiemment la suite d’UW2, c’est vous qui m’avez offert des revenus suffisants qui font que j’ai pu m’engager si longtemps de manière bénévole au service des auteurs qui ont moins de chance que moi. En fait, c’est vous qui financez mon engagement social. En fait, c’est vous qui, à travers moi, défendez tous les auteurs.

J’espère sincèrement que vous comprenez l’importance de tout cela. Qu’attendre ce tome 4 trop longtemps vaut le coup. Je pense sincèrement que nous sommes quasiment arrivés à un point de non-retour. Si, rapidement, nous n’arrivons pas à protéger nos métiers, ce cycle se terminera en déprofessionnalisation massive. La Bande Dessinée en sortira irrémédiablement changée. Sans professionnels à plein temps, les albums au dessin très riche et long à faire deviendront inévitablement de plus en plus rares. Sans professionnels à plein temps, les séries à parution annuelle qui assuraient pourtant la rentabilité tranquille des maisons d’édition, ces séries se feront tout aussi rares. Et je ne suis pas sûr que les éditeurs et les libraires spécialisés s’y retrouvent très longtemps. C’est toute une économie qui va être touchée…

J’ai mis une bonne partie de mon énergie depuis cinq ans dans ce combat parce que je pense que c’est maintenant ou jamais. Mais je ne continuerai pas indéfiniment. Soit cette année nous aurons enfin vraiment avancé, en particulier avec le Ministère de la Culture, soit il faudra bien acter de l’échec et en tirer les conséquences.

Voilà, c’était un petit point sur mon travail et ma situation d’auteur. Croyez-moi, je n’ai qu’une envie aujourd’hui : écrire et dessiner, 24 heures sur 24. Et que les lecteurs d’UW2 se rassurent : j’ai mis tellement de moi dans Universal War, ce travail représente tellement dans ma vie qu’il est hors de question que je ne vous raconte pas rapidement la fin de cette incroyable histoire.

Exposition et réalité virtuelle UW1 à Bayeux

Exposition de planches originales de Denis Bajram et réalité virtuelle UW1 à la nouvelle médiathèque de Bayeux du 2 février au 3 mars 2019.

La médiathèque de la ville de Bayeux partageait jusque-là le bâtiment de l’ancien grand séminaire avec le musée de la célèbre Tapisserie dite de la Reine Mathilde. Avec plus d’un demi million de visiteurs par an, le musée commençait à se sentir à l’étroit. Le projet d’une grande rénovation été l’occasion pour la municipalité de proposer à l’intercommunale de construire une grande médiathèque adaptée, elle aussi, aux usages d’aujourd’hui.

La Médiathèque des 7 lieux, c’est son nom, vient d’ouvrir, et c’est une très belle réussite, lumineuse, pratique, confortable et conviviale. Notre petite cité historique et les communes du Bessin qui l’entourent ont là un bien bel outil à leur disposition.

La médiathèque me fait l’honneur d’inaugurer ses espaces d’expositions et sa programmation culturelle avec mon travail. L’exposition part de mes premières planches originales de jeunesse sur papier pour vous emmener jusque dans une expérience de réalité virtuelle consacrée à UW1. En cela, elle résume bien les enjeux d’une médiathèque d’aujourd’hui, qui se doit d’aller de la bibliothèque traditionnelle jusqu’aux derniers médias et technologies.

L’expérience de réalité virtuelle par laquelle se conclut l’exposition est celle qui a  été montée par le Miroir de Poitiers avec le Studio Nyx, et qui vient donc à Bayeux après un détour aux Utopiales de Nantes. C’est une expérience réellement magique, qui vous emporte grâce à un casque VR pendant quelques minutes en immersion dans la flotte spatiale du premier tome d’Universal War One. Je ne peux que vous recommander de profiter de sa venue si vous êtes de la région.

Un grand merci à Jérôme Félix, le commissaire de l’exposition, pour son implication et son sérieux. Bravo pour cette réalisation, et chapeau d’avoir réussi cela au milieu des urgences et des complications qui accompagnent toute ouverture d’une telle structurelle culturelle. Merci aussi à Birdie et aux équipes de la médiathèques pour leur accueil. Amis de Bayeux et du Bessin, n’hésitez pas à aller leur rendre visite !

Médiathèque les 7 lieux
Boulevard Fabien Ware 14400 Bayeux
(sur le “bypass”, à côté du cimetière militaire britannique)
Ouvert du mardi au samedi de 10h à 19h et le dimanche de 15h à 18h.
Fermé les lundis et jours fériés.

Exposition du samedi 2 février au dimanche 3 mars 2019
Entrée libre

Universal music

C’est toujours un grand plaisir de voir que son travail nourrit d’autres créateurs, y compris en dehors de la Bande Dessinée. Là, je suis en train d’écouter à fond dans l’atelier un album inspiré par Universal War. Belle surprise et sacrées ambiances ! Bravo aux deux compositeurs de Visions Of Dystopia.

Je vous laisse découvrir à votre tour cet album, puisqu’il est en écoute libre sur Soundcloud :

UW1 au musée

Photo ¢ Centre Belge de la Bande DessinéeLe Centre Belge de la Bande Dessinée me prévient que la planche originale d’Universal War One qu’ils m’ont demandée de leur prêter est maintenant installée dans l’espace Art de la BD.

C’est un grand bonheur d’être exposé dans un musée que j’ai eu tant de plaisir à fréquenter quand j’habitais Bruxelles.

Fans d’UW1, c’est le moment de visiter ou de revisiter cette belle institution !

Utopiales 2018

Comme tous les ans, je serai présent aux Utopiales, le rendez-vous incontournable de la science-fiction. Il se tient cette année du 31 octobre au 5 novembre 2018 à la Cité des congrès de Nantes.

Grande nouvelle, vous pourrez y découvrir l’expérience de réalité virtuelle Universal War One qui était installée tout cet été à Poitiers. Elle sera présentée aux Utopiales dans une version encore améliorée. Attention, il n’y a “que” quatre casques de réalité virtuelle, donc essayez de venir en dehors des heures de pointe.

Je serais plus souvent possible dans les parages pour répondre à toutes vos question et signer vos livres. D’ailleurs, n’hésitez pas à m’arrêter n’importe ou et n’importe quand dans le festival : je viens pour vous rencontrer.

Comme tous les ans, j’interviendrai aussi dans des tables-rondes variées. Cette année, les Utopiales m’ont en plus demandé de me prêter à l’exercice de la conférence en solo. À croire que je parle facilement… 🙂

Voici le programme de ces interventions :


Le corps des machines

Laurent Genefort, Denis Bajram, Marcus Dupont-Besnard

Mercredi 31 Octobre – 16:00 / 17hh00 – Salle Hypérion

Qui n’a jamais insulté son ordinateur récalcitrant ou jeté un téléphone fonctionnel mais démodé ? L’obsolescence programmée encourage et autorise ce type d’usage des machines tandis que les robots deviennent de plus en plus interactifs à défaut d’être conscients comme les réplicants de Blade Runner. Une éthique vis-à-vis des machines est-elle à envisager ? Faut-il aussi être soigneux pour un développement durable ?


Les réseaux, nouveaux organes de démocratie ?

Avec Denis Bajram, Jeanne-A Debats, Christopher Priest.
Modération : Magali Couzigou

Jeudi 1er Novembre – 18h00 / 19h00 – Scène Shayol

1970, Sur l’Onde de Choc de John Brunner : la révélation d’un secret fait tomber des entreprises nocives. Aujourd’hui, les citoyens, en désaccord avec la politique d’une institution ou d’une entreprise, le font savoir. Et parfois, ils obtiennent satisfaction. Entre danger de censure populaire et expression d’une démocratie directe, où va le corps social du réseau ? Est-il déjà le 5e pouvoir ?

Les cités biomimétiques ou les nouveaux jardins de Babylone

Baptiste Grard, Agnès Lelièvre, Kij Johnson – Modération : Denis Bajram

Samedi 3 Novembre – 15:30 / 16h30 – Scène Shayol

La science-fiction a rêvé toutes sortes de villes, souvent mégalopoles dystopiques où le citoyen insecte peine à trouver son chemin dans la fourmilière. Mais parfois il s’agit plutôt de cités vivantes, quasi végétales, elles aussi, tels les « habitarbres de Schuitten dans ses songes archiborescents. Ces agglomérations à taille humaine feront de leurs habitants non plus des consommateurs mais les acteurs de ces nouveaux écosystèmes. Êtes-vous prêts à déménager dans le futur ?

Rigueur scientifique et bande dessinée

Université Éphémère des Utopiale – Denis Bajram

Samedi 3 Novembre – 17h00 / 18h00 – Lieu Unique

L’imagerie de science-fiction pourrait sembler n’avoir eu de frein que la frénésie des auteurs. Pourtant, dès l’aube du genre, ils se sont souvent tournés vers la science pour créer des êtres ou des machines « réalistes ». Ainsi les spéculations sur les canaux martiens ou bien les formes des vaisseaux. À l’heure de la théorie des cordes, quelles nouvelles inspirations et contraintes scientifiques pour les auteurs ?

Universal War One en réalité virtuelle

Voici un aperçu de ce que vous pourrez expérimenter jusqu’au 14 octobre 2018 à La Chapelle Saint-Louis de Poitiers, puis pendant cinq jours aux Utopiales de Nantes. Au sein d’un des modules tout en métal de l’exposition, deux casques de réalité virtuelle permettent une immersion sonore et visuelle en relief et à 360°. On croirait vraiment être à bord d’un des vaisseaux d’Universal War One. Magique !

Universal War One en réalité virtuelle à Poitiers

L’année dernière se tenait à Poitiers l’exposition C’est arrivé demain consacrée à la Bande Dessinée de science-fiction, pour laquelle j’avais prêté des originaux. Cet été, une étonnante suite lui est donnée, puisque c’est une exposition de bande dessinée… sans bande dessinée !

Le lieu et la scénographie valent déjà le détour. Au milieu d’une magnifique chapelle jésuite du XVIIe siècle semble s’être posé un vaisseau spatial en métal.

Ce parcours contient quatre modules consacrés à quatre livres de quatre auteurs. Dans l’ordre, Marion Montaigne pour son Dans la combi de Thomas Pesquet, Mathieu Bablet pour son Shangri-La, votre serviteur pour Universal War One et Beb Deum pour Mondiale™. Entre ces modules, des créations sonores, lumineuses et vidéo.

C’est une expérience particulière, aux antipodes de ce qu’on voit habituellement dans nos festivals BD, un parcours entre science-fiction, Bande Dessinée et Art contemporain.

 

Le module consacré à Universal War One est quasiment vide. Deux casques de réalité virtuelle vous y attendent. Une fois posé sur la tête, on se retrouve en immersion, relief et 360°, dans le cockpit d’un de mes vaisseaux trihédrons. Et là ça devient totalement grandiose, puisqu’en un peu plus de trois minutes, on revit les scènes principales du tome 1 d’UW1 : navigation dans la gigantesque flotte spatiale, explosion des anneaux de Saturne, arrivée sur le Mur…

Un grand merci au Studio Nyx pour ce remarquable travail. J’étais au bord des larmes de me retrouver ainsi immergé dans mon univers ! Je ne peux que recommander à tous les fans d’UW1 d’aller y faire un tour.

Je tiens tout particulièrement à remercier le commissaire de l’exposition, Jean-Luc Dorchies, ainsi que toutes ses équipes, pour avoir donné corps à cette exposition originale. Je passe mon temps à dire que la Bande Dessinée doit sortir de son petit intra-muros… et bien là c’est carrément la grande évasion ! Enfin, ce qui ne gâche rien, cette démarche aussi originale que sérieusement menée s’est accompagnée d’une vraie rencontre humaine. Merci pour ces bons souvenirs !

Pour conclure, une petite visite rapide de l’exposition, filmée comme j’ai pu au smartphone :

Information pratiques

C’est arrivé demain, le retour. BD, SF et nouvelles images.
Une exposition du Miroir de Poitiers, présentée à la Chapelle Saint-Louis à Poitiers

Du 7 juillet au 14 octobre 2018, puis itinérante jusqu’en 2020

Juillet
du lundi au vendredi : 12h – 19h, le samedi : 14h – 22h, le dimanche : 14h – 18h-

Août
du lundi au vendredi : 14h – 18h, le samedi : 14h – 22h, le dimanche : 14h – 18h-

Septembre & octobre
du mardi au samedi : 14h – 18h
Sauf le Week-end des journées du Patrimoine
Samedi 15 septembre : 14h-22h et dimanche 16 sept : 14h-18h

Entrée libre.

Visites commentées en juillet : tous les mardis et jeudis à 18h sur réservation. Jauge limitée, durée 45 min.

 

Intégrale Universal War One

Amis libraires et amis lecteurs, j’ai une très bonne nouvelle : l’intégrale Universal War One est de retour aux côtés de l’édition courante en six tomes. Je suis sûr qu’en particulier les libraires seront heureux de l’avoir en cette période de fêtes après de longues années d’absence.

On me la réclamait souvent, mais elle n’était plus éditée à cause de petites chamailleries contractuelles entre moi et mon cher éditeur (aaaaaah, les vieux couples). Mais nous avons trouvé un accord satisfaisant pour les deux parties (merci à Patrice pour ses bons offices). Bref, je ne saurais trop vous recommander de passer vite vos commandes si ce n’est déjà fait, car après une aussi longue pénurie, il se pourrait que cette nouvelle réédition se fasse un peu dévaliser.

[EDIT] On m’apprend que cette intégrale ne sera disponible à la commande que dans quelques jour. Ça ne devrait tarder, j’ai reçu mes exemplaires. C’est une réimpression 2017 de l’édition de 2014, ISBN 978-2-30203-778-6.

Le temps dans Universal War One

Photo ActuSF

J’ai eu le plaisir de partager une table ronde sur “Le temps dans Universal War One” avec Roland Lehoucq.

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Roland est astrophysicien, spécialiste en particulier de la topologie cosmique. Normalien, agrégé de physique, il travaille au Commissariat à l’énergie atomique à Saclay. Professeur de relativité restreinte et d’astrophysique stellaire à Polytechnique, professeur d’Humanités scientifiques à Sciences Po Paris, c’est aussi grand passeur de science auprès du grand public, comme le prouve ses nombreux ouvrages de vulgarisation tel que son “Faire de la science avec Star Wars”. Roland est aussi le président des Utopiales depuis 2012. Et surtout, il est aussi sympathique qu’il est passionné. Bref, je ne vais pas cacher que j’ai plus que de l’admiration pour lui ! Il m’a donc vraiment fait très plaisir en me proposant cette “Interro surprise”.

Voici la session de rattrapage pour ceux qui n’étaient pas Utopiales, ou ceux qui n’ont pas pu rentrer dans la salle de conférence pleine à ras bord. Et merci à Actusf de nous proposer ainsi d’écouter ou réécouter les conférences et tables rondes de ce formidable festival. Bonne écoute !

Photo Marie Masson

Utopiales 2017

Le programme des Utopiales Nantes 2017 est en ligne. En ce qui me concerne, je serai bien sûr présent comme auteur, mais aussi pour la première fois comme modérateur de tables rondes. En effet, j’avais envie de m’impliquer afin de mettre en avant mes confrères et leurs talents ! J’espère que ça fera plaisir en particulier aux auteurs de BD Mathieu Bablet, Jerry Frissen et Valentin Sécher 🙂

 

Voici donc le programme qui me concerne :


INTERRO SURPRISE : LE TEMPS DANS UNIVERSAL WAR ONE
Mercredi 1er novembre – 15h00 – Agora Hal

Denis Bajram a déclaré : « Le continuum espace-temps est un tout cohérent : le temps y est la conséquence de tous les voyages qui y ont lieu et qui y auront lieu un jour. […] les héros d’UW1 n’ont pas modifié l’Histoire : ils ont leur propre histoire de tout temps. Si leurs actes avaient été différents, l’Histoire aurait toujours été différente de tout temps. »

Regards croisés entre la physique et la création.
Avec : Roland Lehoucq, Denis Bajram


LE TEMPS EN BD
Mercredi 1er novembre – 16h00 – Scène Shayol

Selon Scott Mac Cloud, il y a toute une part d’art invisible dans la bande dessinée qui échappe au lecteur. Comment gérer la temporalité de l’action ? Comment rendre signifiant temporellement l’espace entre les cases ou leur organisation ? L’ellipse de la bande dessinée ne serait-elle pas une autre représentation discrète du voyage spatio-temporel ?

Avec : Valérie Mangin, Denis Bajram, Yoann, Grégory Panaccione, Giorgio Albertini – Modération : Gilles Francescano


LES MÉTA-BARONS, UNE BD GÉNÉRATIONNELLE
Jeudi 2 novembre – 13h00 – Scène Hetzel

Trente-sept ans que le premier tome de l’Incal, scénarisé par Jodorowsky et dessiné par Mœbius, est paru et que cette série mythique a accouché d’une autre série : les Méta-Barons. Également née sous la plume de Jodorowsky, elle est désormais reprise par Frissen et Sécher. Comment se glisse-t-on dans une aventure aussi longue ?

Avec : Jerry Frissen, Valentin Sécher – Modération : Denis Bajram


ANNIVERSAIRE DE LA RÉVOLUTION D’OCTOBRE
Jeudi 2 novembre – 14h00 – Scène Hetzel

Le 25 septembre 1917, le croiseur Aurore tire à blanc le premier coup de canon de la Révolution d’octobre. Ce qui suivra changera la face du monde. Quarante ans plus tard, Spoutnik 2 quitte la Terre et emporte Laïka dans son voyage sans retour. Parallèlement, l’essor de l’imaginaire science-fictif soviétique ne le cède en rien à celui des États-Unis. Et si la science-fiction c’était un peu la révolution ?

Avec : Yann Olivier, Aymeric Seassau, Denis Bajram, Patrice Lajoye – Modération : Xavier Mauméjean


JEUNESSE ET VIEILLISSEMENT DANS LA CRÉATION
Vendredi 3 novembre – 11h00 – Scène Shayol

Dans l’un des derniers James Bond, la « romance » entre Daniel Craig et Monica Bellucci a fait scandale du fait de la grande maturité de Bellucci,
tandis que celle avec Léa Seydoux (18 ans dans le rôle) n’a étonné personne. Outre les différences de traitement par genre, comment le vieillissement est-il représenté dans notre société ? Au cinéma, comme en BD ou dans les romans, comment représente-t-on le passage du temps sur les corps
et les êtres ?

Avec : Ariane Gélinas, Emma Newman, Valérie Mangin, Nabil Ouali, Olivier Bérenval – Modération : Denis Bajram


LE PASSAGE DU TEMPS
Vendredi 3 novembre – 19h00 – Scène Hetzel

« Songez que du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent ». Ainsi s’adresse le général Bonaparte à ses officiers juste avant la bataille des Pyramides, le 21 juillet 1798, au pied des pyramides de Gizeh. En résistant aux épreuves du temps, les monuments anciens témoignent du passé même s’ils ont sans doute perdu la superbe qui était la leur. C’est
que le passage du temps use et transforme la matière, les créations humaines, les paysages. Comment se mesure-t-il ? Comment se représente-t-il ?

Avec : Valérie L’Hostis, Philippe-Aubert Côté, Denis Bajram, Marion Cuny – Modération : Bénédicte Leclercq


TIME WAR
Samedi 4 novembre – 9h00 – Scène Hetzel

Imaginons les guerres du futur. Les ordinateurs aux commandes pourraient-ils les rendre ridiculement brèves ? Ou mieux, tels les personnages de
Terminator, les soldats du futur ne pourraient-ils se poursuivre dans le temps pour changer chaque fois la face des événements? Et si le temps jouait un rôle primordial dans la guerre du futur?

Avec : Bertrand Campéis, Emmanuel Chiva, Laurent Genefort, Denis Bajram, Olivier Parent – Modération : Sara Doke


QUELLE GÉOPOLITIQUE DANS LA BANDE DESSINÉE D’ANTICIPATION ?
Samedi 4 novembre – 13h00 – Scène Shayol

La science-fiction ne se contente pas de redessiner les conditions sociales ou climatiques, de demain, mais aussi la géographie politique, au sens noble du terme, de l’avenir. Que deviendront les villes ? Ou les espaces périurbains ? Et les campagnes ? Comment habiterons-nous le futur ? Comment en tenir compte ou l’anticiper en bande dessinée ?

Avec : Denis Bajram, Christophe Bec, Alain Musset, Audrey Alwett, Erwann Surcouf – Modération : Lloyd Chery


ADAPTER UNE ŒUVRE EN BANDE DESSINÉE
Dimanche 5 novembre – 13h00 – Scène Shayol

Adapter un roman, changer le support de l’histoire d’origine implique des choix narratifs parfois radicaux et la fidélité pointilleuse n’est pas
forcément la « bonne » solution. De l’Énéide à La Horde du Contrevent, comment adapte-t-on une œuvre littéraire en bande dessinée ? Comment scénaristes et dessinateurs s’emparent-ils de l’univers de l’auteur ?

Avec : Julien Blondel, Aurélien Police, Éric Henninot, Valérie Mangin, Thomas Day – Modération : Denis Bajram


RENCONTRE AVEC MATHIEU BABLET
Dimanche 5 novembre – 15h00 – Scène Shayol

Mathieu Bablet est fan de films d’horreurs et de séries B. Fraîchement diplômé de l’ENAI de Chambéry (Enseignement aux arts appliqués & à l’image), il envoie le dossier de présentation de sa première BD à Ankama Éditions. La Belle Mort, son projet, est immédiatement repéré par Run, qui lui propose de le publier sous son label : 619. À suivre, après Adrastée et à même pas 30 ans, il se lance dans une fresque de science-fiction de plus de 200 pages, d’une beauté à couper le souffle : Shangri-La.

Modération : Denis Bajram