Enquête auteurs de BD

La grande enquête des États Généraux de la Bande Dessinée sur les auteurs est disponible en ligne.

Chers confrères, nous avons besoin que vous répondiez tous, que vous en parliez à vos amis, à vos élèves, à vos retraités. Il faut que tous les auteurs de BD répondent, du jeune étudiant à la vieille star internationale. De l’ampleur de l’étude viendra son impact sur les décideurs. Merci d’avance !

Journée d’information auteurs

Organisée par le Centre Régional des Lettres de Basse-Normandie

Avis aux auteurs normands. Le mercredi 4 mars prochain, j’interviendrais à Caen lors de la journée d’information sur le nouveau contrat d’édition, les réformes sociales en cours et la formation des auteurs proposée par le CRL Basse-Normandie. Je ne saurais trop recommander à tous les auteurs de prendre ce temps pour mieux comprendre les changements en cours dans le cadre légal et social de leur métier. Attention, sur inscription uniquement.

Vidéo de la session d’ouverture des États Généraux de la BD

Ça y est, nous avons enfin une excellente version de la vidéo de la session d’ouverture des États Généraux de la Bande Dessinée à Angoulême. Le son est corrigé, tout est titré et ce qui était projeté en salle a été monté avec la vidéo. Deux petites heures de spectacle truculent !

Retour d’Angoulême

Denis lors du point presse suivant les EGBD, photo de Benoît Peeters

Denis et moi venons de passer le festival d’Angoulême le plus intense depuis très longtemps.

La session d’ouverture des États Généraux de la Bande Dessinée, que nous avons portés avec Benoît Peeters, s’est passée au mieux. Quel bonheur de voir réunis institutionnels, éditeurs, libraires, auteurs autour de l’avenir de la bande dessinée ! Merci à tous ceux qui nous ont soutenus, n’oubliez pas de rendre visite de temps en temps au site des etatsgenerauxbd.org.

La marche des auteurs organisée par notre syndicat, le SNAC BD a été aussi un succès. La presse et les médias ont longuement rapporté les deux événements, mettant enfin en pleine lumière les nécessaires combats à mener pour que la Bande Dessinée soit plus forte demain.

Heureusement, ces intenses activités collectives nous ont tout de même laissé un peu de temps pour vous rencontrer lors de plusieurs séances de signatures et surtout, pour Denis, de conférences thématiques autour des métiers de la BD (et du sien précisément aussi).

Le seul bémol a été son absence forcée du concert de dessin auquel il devait participer ce dimanche: il a été retenu par un déjeuner de travail avec la Ministre de la Culture qui s’est prolongé bien au-delà de l’horaire prévu. Denis a passé ensuite l’après-midi à s’excuser auprès des autres concertistes. Mais moi qui étais dans la salle, je peux vous assurer que le spectacle était splendide, même sans lui. Comme quoi, nul n’est indispensable, même si nous sommes sûrs que tous les combats que nous menons pour la Bande Dessinée le sont, eux, aujourd’hui.

Angoulême 2015

Plein de rendez-vous !

Cette année, je me retrouverai un peu surexposé lors du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. J’y serai, bien sûr, avec Casterman en tant qu’auteur d’Universal War, mais j’y serai aussi en tant que coordinateur des États Généraux de la Bande Dessinée. Je serai enchanté de discuter avec vous, chers lecteurs, à chaque fois que ce sera possible. Et particulièrement à l’occasion de ces rendez-vous très variés :

Jeudi 29 janvier
14h30 15h30 Rencontre “la BD un métier” – Pavillon Jeunes Talents
17H00 19h00 Séance de signatures – sans dessin – Stand Casterman
20h30 21h00 L’émission dessinée – en live sur internet – Salle Némo

Vendredi 30 janvier
10h00 12h00 États Généraux de la Bande Dessinée infos pratiques – Théâtre d’Angoulême
17H00 19h00 Séance de signatures – sans dessin – Stand Casterman

Samedi 31 janvier
10h00 11h30 Rencontre dessinée – je dessinerai numériquement en live – Théâtre d’Angoulême
14H30 15h00 Marche des auteurs – infos pratiques – Départ Champ de Mars
18H00 20h00 Séance de signatures – sans dessin – Stand Casterman

Dimanche 1er février
14h00 16h00 Concert de dessin – Théâtre d’Angoulême

 

Streaming video des États Généraux de la BD

Une très bonne nouvelle pour ceux qui ne peuvent se rendre au festival d’Angoulême cette année. La session d’ouverture des États Généraux de la Bande Dessinée sera diffusée en direct en streaming video. Elle sera disponible sur la page d’accueil du site du festival vendredi matin dès 10h00.

Pour vous mettre l’eau à la bouche, voici le teaser réalisé par les équipes du FIBD à l’occasion de la conférence de presse du festival de décembre dernier.

Je profite de cette occasion pour remercier le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême pour les moyens techniques et humains mis à notre disposition. Merci pour ce remarquable sens du partenariat !

Vœux 2015

Nous vous présentons nos meilleurs vœux à tous pour 2015.

Nous avons une pensée toute particulière pour les auteurs de Bande Dessinée pour qui 2014 a été une année d’inquiétude. En 2015, nous c’est l’espoir que nous voulons cultiver grâce aux États Généraux de la Bande Dessinée dont nous sommes les organisateurs avec Benoît Peeters.

Ce projet ne s’adresse pas qu’aux seuls auteurs, mais à tous ceux qui aiment la Bande Dessinée. Il serait bien trop long à expliquer ici, nous vous renvoyons donc au site etatsgenerauxbd.org

Nous vous attendons nombreux à la session d’ouverture pendant le festival d’Angoulême, le vendredi 30 janvier de 10h à 12h dans la grande salle du théâtre.

Denis Bajram & Valérie Mangin

Si les artistes ne prennent plus de risques, qui s’en chargera ?

Le Vif (l’Express belge), m’a interrogé, avec d’autres, sur les attaques contre la culture en Belgique. Ayant habité Bruxelles longtemps, pensant que tout cela va au delà des frontières du plat pays, et étant très impliqué dans la défense de la Bande Dessinée, j’ai répondu avec plaisir. My two cents.

Denis Bajram : Si les artistes ne prennent plus de risques, qui s’en chargera ?

À la réduction des subventions, au délestage de la culture à la RTBF et à la précarisation du statut des artistes s’ajoute un climat délétère aux relents populistes qui tente de faire passer l’art pour une lubie d’aristos. Qu’en pensent les principaux intéressés? La parole à Denis Bajram, scénariste et dessinateur.
Année faste pour l’auteur de Universal War Two, avec un nouveau volume de sa saga SF et épique chez Casterman, mais aussi la mise sur pied et la coordination des États Généraux de la Bande Dessinée, une large association d’auteurs pour défendre un métier en danger.
Coupes budgétaires, précarisation du statut des artistes, réduction à la portion congrue de la culture sur la RTBF, censures… La culture est-elle en danger ?

Vu depuis la France, la disparition d’une émission comme 50 degrés Nord, qui proposait quotidiennement un regard amical mais précis sur tous les arts et toutes les littératures, est un signe assez inquiétant. La Belgique était une vraie terre d’accueil pour toutes les cultures. Cette richesse semble menacée. Quid du rayonnement international que ses artistes et ses acteurs culturels apportaient au pays ?

Pourquoi est-elle mal-aimée ou à tout le moins déconsidérée de nos jours ?

Est-ce le cas? Cela dépend de ce qu’on met sous le mot culture. Les gens passent des heures à regarder des séries télé, à écouter de la musique et à lire des BD. Une bonne partie de la population a même des pratiques créatives, fait de la musique, de la peinture ou écrit. A tel point qu’énormément de jeunes se dirigent vers des carrières artistiques, et que certaines professions sont même totalement en saturation: trop de créateurs, trop d’oeuvres et une visibilité pour chacun qui devient très difficile. Peut-on parler de “culture mal-aimée” alors qu’elle est souvent victime de son succès? En parallèle, il y a le problème des cultures plus élitistes, classiques ou avant-gardistes: du fait qu’elles sont souvent complexes et difficiles d’accès, leur existence reposait sur un système de subventions. Un modèle qui résiste évidemment mal à une crise financière et à la démagogie politique…

A qui la faute? Aux parents? Aux politiques? A l’école? A Internet ?

A tout le monde. On vit dans le triomphe du plaisir égoïste: consommation et autopromotion du moi. La culture la plus pointue ne sert ni l’un ni l’autre. Elle n’a de sens qu’à long terme. Mais quelqu’un s’intéresse-t-il encore au long terme ?

C’était mieux avant ?

Je ne suis pas sûr. Je me souviens quand j’étais jeune, dans les années 80, les produits culturels étaient bien plus rares. On était en pénurie. Aujourd’hui, nos tables de nuit et nos ordinateurs débordent de livres non lus, de films à voir et de séries TV en retard… Ceci dit, cette facilité d’accès à la culture, surtout à la culture populaire, ne saturerait-elle pas notre temps et finalement ne nous rendrait-elle pas plus paresseux et moins curieux ?

Si les artistes ne prennent plus de risques, qui s’en chargera ?

Quels arguments utiliseriez-vous pour convaincre les réticents que la culture doit être une priorité ?

Un des principaux rôles du créateur est de permettre à la société de prendre de la distance vis-à-vis d’elle-même: se représenter à elle-même, s’observer en changeant de point de vue. Ainsi, la culture est censée nous sortir la tête du guidon, et nous éviter de foncer dans le mur… Laisser la culture ne plus obéir qu’à un système totalement marchand, c’est très dangereux. Si les artistes ne prennent plus de risques, qui se chargera de tenir leur rôle? Qui dira: “Nous allons droit dans le mur” ?

Comment redonner le goût de la culture ?

Est-ce aux artistes à réfléchir à ça? Avec le danger de ne penser plus qu’en termes de public à conquérir au lieu de dire ce qu’ils doivent dire, au mépris de tous les risques?

Les révolutions technologiques ont de tout temps bouleversé les pratiques culturelles. N’est-ce pas un combat d’arrière-garde que de s’accrocher à une vision “classique”, immuable de la culture ?

La culture classique s’enfonce dans l’Histoire, c’est normal. Qui peut savourer Cicéron dans le texte aujourd’hui? Une nouvelle culture se dessine -très bien. Le problème n’est pas ce renouvellement: le problème est que les enjeux deviennent principalement économiques. Si les sociétés ne sont pas prêtes à financer leurs artistes, alors elles n’auront que des artistes marchands, ainsi que quelques riches qui s’amusent en créant et quelques fous inconscients et très pauvres. C’est déjà (ou encore) comme ça que fonctionne le système culturel américain, dans le plus pur libéralisme économique. C’est un vrai choix de société: si vous trouvez normal que l’Etat se retire de la culture, c’est que vous avez déjà décidé que notre modèle social européen est mort.

Et la bande dessinée dans tout ça ? On sait que la situation des auteurs est devenue particulièrement difficile, et qu’en France une certaine réaction collective est en train de se mettre en place. Qu’en espérez-vous, et à quoi faut-il s’attendre pour 2015 ?

La BD est victime de son succès: plein de lecteurs, plein de créateurs -tellement, en fait, qu’il y a trop d’albums publiés par an. Quand j’ai commencé dans les années 90, il y avait 700 sorties, aujourd’hui, on en est à 5000! Cette surabondance est signe d’une extraordinaire vitalité créatrice. Mais elle a une terrible conséquence: le chiffre d’affaires global n’ayant pas augmenté autant que les sorties, chaque album se vend moins bien en moyenne. Les revenus de la plupart des auteurs se sont dégradés année après année. On est arrivés à un niveau de précarisation inquiétant. C’est pour cette raison que quelques auteurs épargnés par cette crise ont proposé à l’ensemble de la profession d’organiser des États Généraux de la Bande Dessinée, pour faire un bilan économique et sociologique de la situation, donner la parole à tous, et essayer de trouver des solutions pour l’avenir. Première session en janvier 2015 pendant le festival d’Angoulême.

focus.levif.be

Télérama : la BD traverse une grave crise

Télérama parle de la situation des auteurs de BD. Ceci dit, je préférais presque le titre “Pour 1000 bulles t’as plus rien” de la version papier. Là ça fait carrément peur…

Grève des dédicaces : la BD traverse une grave crise

En vingt ans, la publication d’albums a décuplé… mais pas le lectorat. Le secteur de la bande dessinée est confronté au phénomène de surproduction, et les créateurs crient famine.

A 17h15 tapantes, ils ont remballé leurs gommes et leurs crayons. Dix minutes plus tard, la plupart des stands de Quai des bulles, le festival BD de Saint-Malo, étaient déserts. Le 11 octobre dernier, de nombreux auteurs de bande dessinée ont fait, deux heures durant, la grève des dédicaces. Une grande première dans le monde merveilleux des bulles et des « petits miquets ».

Pourquoi ? Parce que leur caisse de retraite a décidé d’augmenter considérablement leur ­cotisation annuelle. Pour bénéficier d’une retraite complémentaire – bien ­hypothétique –, les auteurs sont censés, à partir de 2016, verser 8 % de leurs revenus annuels (soit un mois d’émoluments). Or la moitié des 1 500 scénaristes et dessinateurs de BD français gagnent moins que le smic ! Si cette réforme a depuis été différée, la menace demeure, fragilisant encore davantage un secteur qui n’avait pas besoin de ça. […]