Bayeux, petite balade autour de la maison ce matin.
Blog : Médias
Rencontre aux Arts et métiers
Amis parisiens, je vous donne rendez-vous vendredi prochain, 22 novembre, de 19h à 20h30, au Musée des arts et métiers pour une table ronde consacrée à la vision du futur par la science-fiction :
Le futur a-t-il (encore) de l’avenir ?
Lors de cette rencontre au sommet, animée par Thierry Bellefroid et Eric Dubois, co-commissaires de l’exposition Scientifiction, Blake et Mortimer au musée des Arts et Métiers, trois éminents acteurs et spécialistes incontestés de la science-fiction mondiale débattront des futurs possibles explorés par les auteurs de bande dessinée, de littérature fantastique et de cinéma au cours des XXe et XXIe siècles. Le passage en revue des représentations contradictoires des sciences comme imaginaire subversif, mythe moderne alternatif ou contre-projet politique promettent un débat passionné et passionnant. Le futur a t-il encore de l’avenir ?
• Denis Bajram est un scénariste et dessinateur de bande dessinée.
• Jean-Pierre Dionnet est un producteur, scénariste, journaliste, éditeur de bande dessinée et animateur de télévision français.
• Roland Lehoucq est un astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique, enseignant, auteur et vulgarisateur. Il est le président du festival de science-fiction Utopiales Nantes.
Vendredi 22 novembre 2019 de 19h à 20h30
Amphi Abbé Grégoire, accès par l’entrée du Cnam au 292 rue Saint Martin 75003 Paris
Entrée gratuite, dans la limite des places disponibles. Réservation conseillée, inscrivez-vous ici :
Mise à jour
La table ronde est maintenant disponible à l’écoute :
Politique et science-fiction
Où en est l’école politique de la science fiction française ? Table ronde aux Utopiales 2019 avec Alain Damasio, Yannick Rumpala, Denis Bajram et Xavier Mauméjean.
On a parlé de politique, de société et de science-fiction. C’était riche, on a évoqué, parfois trop vite, un tas de sujets plus passionnants les uns que les autres. Cet exercice n’était pas simple : il devient difficile de se positionner politiquement en pensant à demain tellement tous les horizons paraissent le plus souvent bouchés vus d’aujourd’hui. Et je ne sais toujours pas s’il fallait répondre comme je l’ai fait à la juste question de la dernière intervenante dans le public. Bref, on m’invite souvent à des tables rondes en pensant que j’ai des choses à affirmer, mais j’en reviens plutôt avec de nouvelles idées et surtout avec beaucoup de doutes…
Merci à Actusf pour la captation vidéo.
Aux armes, citoyen ?
Ce matin, j’ai répondu à France Culture au sujet de la Red Team que va créer le ministère des armées avec des auteurs de science-fiction pour nourrir ses capacités d’innovation. Pourquoi m’interroger moi, alors que le recrutement ne commencera qu’à la rentrée ? En fait, j’avais fait partie d’une première expérience du genre qui avait eu lieu, discrètement, pendant les Utopiales de Nantes, le grand festival de la science-fiction.
Je me souviens que, quand on m’avait proposé d’y participer, cela m’avait posé un vrai problème de conscience. La Marine venait nous chercher, moi et deux autres auteurs de SF, dans l’espoir, je cite, de « s’affranchir autant que possible des moyens habituels de la prospective ». Nous devions apporter dans ce petit groupe de travail mixte avec des officiers « la créativité de la SF ». Ça, je m’en sentais capable, d’autant plus que la guerre de demain, voire universelle, c’est clairement dans ma réflexion d’auteur. Et puis, avec un peu de chance, on allait enfin me construire le robot géant dont je rêvais gamin.
Plus sérieusement, je m’étais posé une vraie question : est-ce que j’avais envie, est-ce que j’étais même simplement prêt à travailler, même ponctuellement, avec l’armée de mon pays ?
D’un côté, l’étudiant des beaux-arts qui avait tout fait pour être réformé du service militaire me criait « Non, mais ça ne va pas ? Tu veux les aider à tuer des gens ? Et si par hasard, tu les aidais à faire émerger une idée qui s’avérerait meurtrière ? Genre bombe nucléaire, virus Ebola ou Terminator ? » Au-delà de cette angoisse viscérale, j’essaye depuis toujours d’éviter le conflit et la destruction, tentant, vainement souvent, de rassembler et de construire… Il n’y a donc pas grande chose de pire pour moi que de prendre les armes, de partir en guerre, même intellectuellement…
De l’autre côté, à presque 50 ans, j’en ai fini avec un certain romantisme, voire un certain angélisme, et j’ai bien compris que nous n’avons pas que des amis autour de nous. Je ne suis pas prêt à dire : « OK, démantelons nos arsenaux et notre armée et, devant tant de bonne volonté, les autres vont s’incliner et faire de même. ». Je me suis donc demandé s’il n’y avait pas quelque chose de l’ordre du faux-cul à se laver les mains des questions militaires. Genre moi je suis monsieur propre, mais je compte quand même sur l’armée pour me défendre…
Comme c’était pour un seul atelier, une seule après-midi, j’ai dit oui. C’était le meilleur moyen d’éprouver la réalité de tous ces sentiments entremêlés. Et puis, bon, en quelques heures, je ne risquais pas de changer le destin de l’humanité.
J’ai bien fait d’y aller, ce fut passionnant, comme toujours quand on échange avec des gens très différents. Je me suis rendu compte qu’au-delà d’avoir des idées originales d’auteur de SF, le fait de pouvoir dessiner des schémas, voire des engins qui me passaient par la tête était un vrai plus pour mes interlocuteurs. J’ai découvert beaucoup de choses et rencontré des gens plus qu’intéressants. Bref, j’ai passé un bon moment. Et je n’ai eu à tuer personne.
Je suis sorti de cette rencontre sans avoir réussi à trancher dans mes sentiments très contradictoires. Je ne sais toujours pas si c’est la place ou le rôle d’un auteur de SF.
En fait, quelque part, ça rejoint ce que je vis dans la lutte syndicale en faveur des auteurs. Je ne suis pas, politiquement, un grand supporter du libéralisme économique, ni de l’actuel gouvernement. Mais, « en même temps », il faut bien réussir à travailler avec lui. Car si je ne devais travailler qu’avec les pouvoirs publics qui auraient exactement les mêmes valeurs sociétales et politiques que moi, je pourrais attendre longtemps…
Ceci est valable, en fait, pour l’ensemble de nos interactions. À un moment, il faut faire avec le réel, pas avec nos fantasmes.
Bref, quand j’étais plus jeune, j’étais un idéaliste qui se refusait à tout compromis. J’avais fière allure, j’étais bien drapé dans ma dignité, et je pouvais contempler le reste du monde avec les certitudes de celui qui croit connaître le bien et le mal. Depuis, j’ai compris que tout était bien plus compliqué. J’ai appris qu’il n’y avait rien de plus immobilisant que d’avoir peur de se salir les mains. J’ai compris qu’avancer, construire, faire, voire simplement exister ne pouvait se faire sans compromis. J’ai compris que vivre, pleinement, c’était accepter de se tromper. Souvent.
Sujet Red Team à 12 mn :
Un métier génial ?
C’est quoi ces auteurs et ces artistes qui se plaignent encore ? Tout le monde a des augmentations de charges, non ?!
C’est sûr, mais pas de cette ampleur… Car si la réforme de la retraite universelle passe sans ménagement, un auteur gagnant l’équivalent d’une fois et demi le SMIC brut aura vu ses cotisations obligatoires passer de 16,6% à plus de 36% entre 2004 et 2025… des cotisations multipliées par plus de deux ! 20% de baisse de pouvoir d’achat rien que par la hausse des cotisations sociales !
Lorsque, auteurs et artistes, nous osons nous plaindre, beaucoup pensent que nous avons déjà la chance de faire un métier génial. Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que si nous ne demandons pas à être riches, nous demandons juste à pouvoir gagner assez pour pouvoir continuer à faire ce métier génial, justement.
Je pense que beaucoup ne réalisent pas que ce « gagner assez pour pouvoir continuer à faire ce métier », c’est gagner le plus souvent bien moins que le SMIC, et trop souvent vivre sous le seuil de pauvreté. Quand un auteur pense « bien gagner sa vie », wow, l’extase, c’est qu’il arrive enfin à gagner l’équivalent d’un SMIC… Bref, il faut bien comprendre que les quelques auteurs à succès sont les sequoias qui cachent une forêt de brindilles fragiles.
Aujourd’hui, entre crise et hausses de cotisations sociales, de plus en plus d’auteurs passent, année après année, sous le minimum vital de revenus… et doivent donc arrêter de faire ce métier. Alors justifier de ne pas se soucier des auteurs parce qu’ils font un métier génial, c’est juste faire qu’ils ne feront plus ce métier du tout.
Vous êtes prévenus.
Si vous voulez aider les auteurs et artistes, nous vous proposons d’écrire à vos parlementaires. C’est très simple ça prendra 5 minutes de votre vie, tout est expliqué ici :
Une exoplanète gonflée à l’hélium
Après la revue scientifique internationale de référence Nature, j’ai réalisé une illustration pour accompagner un article paru dans la toute aussi réputée revue Science.
C’est ma troisième collaboration avec l’observatoire de l’Université de Genève. Après deux images consacrées aux exoplanètes GJ436 et Kelt-9b, l’astrophysicien David Ehrenreich m’a proposé de m’attaquer à une vrai gageure : traduire visuellement leurs observations de l’exoplanète HAT-P-11b, qui a la particularité d’avoir une atmosphère gonflée à l’hélium.
J’ai commencé par dessiner l’étoile et la planète, en essayant de rendre les effets de souffle de l’étoile sur cette atmosphère d’hélium. Je ne peux que vous recommander de lire les articles que je partage en fin de ce message pour vous faire une meilleure idée du phénomène.
J’en ai aussi fait, comme les fois précédentes, une version science-fiction, que j’ai essayé de nourrir d’un peu de tendresse. Mais, comme pour le précédent article, c’est l’image la plus « sérieuse » qui a surtout été relayée par la presse. Dommage, on a bien besoin de merveilleux et de tendresse en ce moment 🙂
Avec un grand merci à l’équipe de l’observatoire de l’Université de Genève pour sa confiance.
Quelques liens parmi les nombreux articles publiés sur cette découverte :
🇩🇪 spiegel.de
Universal music
C’est toujours un grand plaisir de voir que son travail nourrit d’autres créateurs, y compris en dehors de la Bande Dessinée. Là, je suis en train d’écouter à fond dans l’atelier un album inspiré par Universal War. Belle surprise et sacrées ambiances ! Bravo aux deux compositeurs de Visions Of Dystopia.
Je vous laisse découvrir à votre tour cet album, puisqu’il est en écoute libre sur Soundcloud et Youtube :
Métal brûlant
Cela fait bizarre de se réveiller avec un de ses dessins reproduit dans le presse du monde entier. Il faut dire que cette image accompagne une publication scientifique dans la prestigieuse revue Nature, ce qui explique cette importante diffusion.
C’est ma seconde collaboration avec l’observatoire de l’Université de Genève. Après une première illustration consacrée à l’exoplanète GJ436, c’est à une autre, Kelt-9b, que l’astrophysicien David Ehrenreich m’a proposé de m’attaquer. Avec une vraie difficulté, représenter une géante gazeuse tellement proche de son soleil que son atmosphère contient du fer et du titane gazéifiés par la chaleur intense (4000°).
L’idée était de faire encore une fois une image de science-fiction. Nous avons eu de nombreux échanges, entre autres pour représenter le plus justement possible les couleurs de l’étoile et de l’atmosphère de la planète. Nous sommes tombés d’accord pour montrer des vaisseaux récoltant du métal au moment où il se condense en brume liquide, à la limite entre les faces sombre et éclairée et de la planète.
Mais la science-fiction comme outil pédagogique et machine à faire rêver le grand public a toujours du mal à être légitime en science, même quand il s’agit de vulgarisation. C’est la version sans les vaisseaux qui a finalement été diffusée en presse.
Je milite depuis des années pour qu’on utilise le “merveilleux scientifique” pour intéresser beaucoup plus le grand public aux sciences. J’ai donc évidemment un petit regret. L’erreur a sans doute été de laisser le choix aux médias.
Avec un grand merci à David Ehrenreich, ce fut encore une fois passionnant !
Quelques liens parmi les centaines d’articles publiés sur cette découverte :
🇨🇭 unige.ch
🇫🇷 lemonde.fr
🇱🇷 nature.com
🇱🇷 newsweek.com
🇱🇷 cnn.com
🇬🇧 dailymail.co.uk
🇷🇺 astronews.ru
🇨🇳 cnbeta.com
🇰🇷 nownews.seoul.co.kr
Mise à jour
Le Huffington Post m’a demandé s’il pouvait publier cette note de blog. J’ai évidemment dit oui. Voilà qui renoue avec de bons souvenirs, lorsque j’avais été rédacteur-en-chef du futur pour leur site.
Orgue héroïque
Valérie et moi nous sommes rappelés au dernier moment qu’il y avait un concert d’orgue hier à la cathédrale. Grand moment, qu’il aurait été bien dommage de manquer ! Olivier Penin, le titulaire du Cavaillé-Coll de Sainte-Clotilde à Paris était venu jouer celui de notre ville de Bayeux. Au programme Mendelssohn, Debussy et Franck. Une interprétation organique, symphonique, avec une mention spéciale au très beau travail de registration. Olivier Penin a extrait des merveilles sonores de notre instrument !
Pour vous donner une idée, le voici interprétant la Pièce héroïque de César Franck sur son Cavaillé-Coll de Sainte-Clotilde :
Avec un grand merci aux Amis de la cathédrale de Bayeux pour nous avoir offert ce petit moment de paradis.
Mise à jour
Juste après avoir posté sur les réseaux sociaux cette Pièce héroïque de César Franck, Je découvre que la superbe partition de Basil Poledouris pour le film Conan de John Milius a été transposée pour orgue !
C’est un jeune organiste allemand, Philipp Maximilian Pelster, qui a eu cette excellente idée et qui l’interprète pour un CD publié en 2015 par Naxos.
L’instrument qu’on entend ici est une création conjointe du facteur allemand Glatter-Götz et du facteur américain Rosales pour la Claremont United Church of Christ, en Californie :
Je rappelle à qui ne le saurait pas que Naxos est un éditeur de musique classique à petit prix. Donc si ce disque vous plait, vous pourrez vous le procurer pour environ 7 euros.
Et merci à François Baranger pour cette découverte !
Universal War One en réalité virtuelle
Voici un aperçu de ce que vous pourrez expérimenter jusqu’au 14 octobre 2018 à La Chapelle Saint-Louis de Poitiers, puis pendant cinq jours aux Utopiales de Nantes. Au sein d’un des modules tout en métal de l’exposition, deux casques de réalité virtuelle permettent une immersion sonore et visuelle en relief et à 360°. On croirait vraiment être à bord d’un des vaisseaux d’Universal War One. Magique !


























