A la veille du Salon du livre de Paris, le CPE , qui regroupe plusieurs organismes d’auteurs de l’écrit, dont le SNAC, vient de transmettre à la presse une lettre ouverte des auteurs du livre (pour voir la lettre et les noms des premiers signataires cliquez ici ) afin de rendre compte de la dégradation des conditions des auteurs, et des perspectives hélas peu réjouissantes qui nous attendent si nous ne faisons pas entendre notre voix :
Des revenus à la baisse, des réformes sociales pour le moins préoccupantes (RAAP-SECU), un droit d’auteur fragilisé par l’Europe…
Du 23 au 29 mars prochain, aura lieu un festival BD d’un tout nouveau genre: la Cyberbulle. Créée sous le parrainage de Denis Bajram, elle est à la fois virtuelle et réelle.
Pendant la semaine, elle se tiendra en live sur une plateforme web dédiée : la Cyberbulle et le week-end à l’Université de Technologie de Compiègne.
Là, pas de séance de dédicaces mais de nombreuses conférences sur les nouvelles pratiques de la BD. Voici celles qui nous concernent plus précisement :
Samedi 28 mars
10h30-11h30 : Amphithéâtre : Faire de la BD sur un logiciel de retouche d’image avec Denis Bajram
11h-12h : Rencontre avec Valérie Mangin (attention: à la bibliothèque de Compiègne)
14h-15h : Dessin et peinture numérique, avantages et inconvénients avec Matthieu Lauffray, Nicolas Barral, Denis Bajram, Olivier Taduc, Pascal Croci
Dimanche 29 mars
10h30-11h30 Concrètement, comment fait-on de la bande dessinée numérique ? Avec Denis Bajram, Nicolas Barral, Jean-Louis Mast, Olivier Taduc
11h30-12h30 : Scénariste, un job de chercheur ou de créateur ? avec Valérie Mangin
12h-13h : Lire sur support numérique : bide ou révolution ? avec Sitthideth Bandassak, Denis Bajram
14h-15h Quand la bande dessinée parle de science(s) Avec Denis Bajram, Charles Lenay, Marion Montaigne, Valérie Mangin
15h30-16h30 Et demain, l’art séquentiel du futur ? Avec Denis Bajram, Marion Montaigne, Valérie Mangin
Liens :
Pour plus d’infos sur le programme et de renseignements pratiques, rendez-vous sur le site du festival ou bien sur sa page Facebook.
Organisée par le Centre Régional des Lettres de Basse-Normandie
Avis aux auteurs normands. Le mercredi 4 mars prochain, j’interviendrais à Caen lors de la journée d’information sur le nouveau contrat d’édition, les réformes sociales en cours et la formation des auteurs proposée par le CRL Basse-Normandie. Je ne saurais trop recommander à tous les auteurs de prendre ce temps pour mieux comprendre les changements en cours dans le cadre légal et social de leur métier. Attention, sur inscription uniquement.
Ça y est, nous avons enfin une excellente version de la vidéo de la session d’ouverture des États Généraux de la Bande Dessinée à Angoulême. Le son est corrigé, tout est titré et ce qui était projeté en salle a été monté avec la vidéo. Deux petites heures de spectacle truculent !
Un petit courrier à la seule eurodéputée du Parti Pirate, à qui, sans se soucier de la provocation, le parlement européen a demandé un rapport sur le droit d’auteur. Comme attendu, ce rapport est une attaque en règle contre les ayant droits, auteurs inclus. Maintenant, face à la volée de bois vert, elle propose aux auteurs de lui écrire en direct. J’en profite.
Madame Reda,
Vous promotionnez beaucoup les exceptions au droit d’auteur. Difficile a priori d’être contre : qui ne voudrait pas aider les handicapés à accéder à la culture ou les plus pauvres à s’éduquer ?
Mais pourquoi ces exceptions doivent-elle être financées par les créateurs eux-mêmes ? Oserait-on imposer aux bouchers d’offrir leur viande aux familles dans le besoin ? Aux plombiers de faire gratuitement des chantiers pour adapter les salles de bain aux usages des handicapés ? Alors, pourquoi considérez-vous comme légitime de confisquer une part des revenus de leur travail aux créateurs pour ces mêmes raisons ? Si la société veut offrir l’accès nos œuvres à certains de ses citoyens, idée à laquelle on ne peut que souscrire, elle doit le financer elle-même. La solidarité collective doit reposer sur tous, et pas seulement sur quelques-uns.
C’est d’autant plus injuste que la plupart des créateurs tirent déjà de bien faibles revenus de leur travail et vivent dans des situations très précaires, sans contrat de travail, sans assurance sur leur avenir… Si vous pensez que la création et la culture font grandir les peuples, il faudrait soutenir les créateurs plutôt que de leur ôter le pain de la bouche.
Denis lors du point presse suivant les EGBD, photo de Benoît Peeters
Denis et moi venons de passer le festival d’Angoulême le plus intense depuis très longtemps.
La session d’ouverture des États Généraux de la Bande Dessinée, que nous avons portés avec Benoît Peeters, s’est passée au mieux. Quel bonheur de voir réunis institutionnels, éditeurs, libraires, auteurs autour de l’avenir de la bande dessinée ! Merci à tous ceux qui nous ont soutenus, n’oubliez pas de rendre visite de temps en temps au site des etatsgenerauxbd.org.
La marche des auteurs organisée par notre syndicat, le SNAC BD a été aussi un succès. La presse et les médias ont longuement rapporté les deux événements, mettant enfin en pleine lumière les nécessaires combats à mener pour que la Bande Dessinée soit plus forte demain.
Heureusement, ces intenses activités collectives nous ont tout de même laissé un peu de temps pour vous rencontrer lors de plusieurs séances de signatures et surtout, pour Denis, de conférences thématiques autour des métiers de la BD (et du sien précisément aussi).
Le seul bémol a été son absence forcée du concert de dessin auquel il devait participer ce dimanche: il a été retenu par un déjeuner de travail avec la Ministre de la Culture qui s’est prolongé bien au-delà de l’horaire prévu. Denis a passé ensuite l’après-midi à s’excuser auprès des autres concertistes. Mais moi qui étais dans la salle, je peux vous assurer que le spectacle était splendide, même sans lui. Comme quoi, nul n’est indispensable, même si nous sommes sûrs que tous les combats que nous menons pour la Bande Dessinée le sont, eux, aujourd’hui.
Une grande majorité des auteurs présents ont défilé ce samedi 31 janvier 2015 pendant le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. Les célèbres avec les inconnus, les quelques auteurs de best-sellers apportant leur soutien aux plus pauvres, tous là pour dire stop à la précarisation de leurs métiers. Ils ont marché en compagnie de tous ceux qui le voulaient, lecteurs, éditeurs, libraires…
Ce fut souvent très drôle, le premier rang proposant aux nombreux journalistes présents un petit jeu sur la recherche d’un slogan. Nous affichions volontairement notre inexpérience dans la contestation sociale. Nous essayions sans doute aussi de dépasser notre gêne d’être là, pour la première fois de notre histoire, à déranger les gens avec nos problèmes. Car jamais les auteurs n’avaient manifesté. Jamais nous ne nous étions plaint en public. Jamais nous n’avions demandé un peu d’aide. Et encore, juste, de l’aide pour ne pas nous faire massacrer par un prélèvement social de plus… enfin, pas tout de suite… enfin, d’accord, mais avec un peu de modération en nous laissant le temps de nous y préparer…
Si vous aimez la Bande Dessinée, n’oubliez pas d’aimer ses auteurs. Surtout ceux qu’on n’entend jamais. Ce sont pour la plupart des gens modestes, qui ne demandent pas grand chose, et craignent souvent de déranger. Aujourd’hui, ils sont en colère car ils ont peur de disparaître, et pour la première fois de leur histoire ils osent contester ce qui leur arrive. Vous qui aimez la Bande Dessinée, répandez vous partout, parlez de la discrétion habituelle de ces gens qui ont souvent tant de mal à vivre de leur art, mais continuent parce qu’il croient que ce 9e Art en vaut le coup. Parlez de leur sens de la solidarité alors que peu sont épargnés par la crise. Et enfin, mouchez le nez des commentateurs et des trolls qui partout parlent comme si le petit peuple de la Bande Dessinée n’était constitué que de privilégiés. Faites-le pour eux, car ses auteurs ont hélas souvent trop de décence et pour le faire eux-mêmes.
Quant à nous, les auteurs qui ont du succès, ou qui ont accès aux médias, ou qui ont du courage à revendre, ou qui n’ont même que des grandes gueules à ouvrir, nous ne lâcherons pas. Nous ne sommes pas des survivors qui vont accepter qu’on écrase leurs amis plus modestes. Même si les ricaneurs ricanent, les persifleurs persiflent, les défaitistes défaitisent, les snobs snobisent et les jaloux jalousent. Nous montrerons à tous ces tristes sires qu’ils se trompent. En tout cas, moi, c’est en cette humanité modeste et courageuse à la fois que je crois.
Un grand merci au syndicat SNAC BD pour la superbe organisation de cette Marche des auteurs.
Cette année, je me retrouverai un peu surexposé lors du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. J’y serai, bien sûr, avec Casterman en tant qu’auteur d’Universal War, mais j’y serai aussi en tant que coordinateur des États Généraux de la Bande Dessinée. Je serai enchanté de discuter avec vous, chers lecteurs, à chaque fois que ce sera possible. Et particulièrement à l’occasion de ces rendez-vous très variés :
Jeudi 29 janvier
14h30 15h30 Rencontre « la BD un métier » – Pavillon Jeunes Talents
17H00 19h00 Séance de signatures – sans dessin – Stand Casterman
20h30 21h00 L’émission dessinée – en live sur internet – Salle Némo
Vendredi 30 janvier
10h00 12h00 États Généraux de la Bande Dessinée infos pratiques – Théâtre d’Angoulême
17H00 19h00 Séance de signatures – sans dessin – Stand Casterman
Samedi 31 janvier
10h00 11h30 Rencontre dessinée – je dessinerai numériquement en live – Théâtre d’Angoulême
14H30 15h00 Marche des auteurs – infos pratiques – Départ Champ de Mars
18H00 20h00 Séance de signatures – sans dessin – Stand Casterman
Dimanche 1er février
14h00 16h00 Concert de dessin – Théâtre d’Angoulême
Une très bonne nouvelle pour ceux qui ne peuvent se rendre au festival d’Angoulême cette année. La session d’ouverture des États Généraux de la Bande Dessinée sera diffusée en direct en streaming video. Elle sera disponible sur la page d’accueil du site du festival vendredi matin dès 10h00.
Pour vous mettre l’eau à la bouche, voici le teaser réalisé par les équipes du FIBD à l’occasion de la conférence de presse du festival de décembre dernier.
Je profite de cette occasion pour remercier le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême pour les moyens techniques et humains mis à notre disposition. Merci pour ce remarquable sens du partenariat !