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Aux anciens organisateurs du festival de la BD d’Angoulême

Jusque là, j’avais gardé le silence face aux déclarations des anciens organisateurs du festival de la BD d’Angoulême (FIBD), préférant éviter toute escalade. Cependant, leurs derniers communiqués sont tellement ubuesques qu’il faut bien rétablir un peu les faits.

Rappelons-le, dans l’affaire du festival d’Angoulême, ni l’association historique du FIBD ni la société 9e Art+ n’ont daigné essayer de trouver un terrain d’entente avec les organisations d’autrices et d’auteurs qui avaient lancé un appel au boycott début 2025. Même quand cet appel s’est généralisé et que la catastrophe devenait évidente, silence. Ni tentative de négociation, ni excuses pour ce qui choquait le plus. Est-ce du mépris ou de l’incurie ? Parions sur un mélange des deux.

Depuis, l’association du FIBD et 9e Art+, continuent à s’enfoncer à chaque communiqué. Leur mépris pour les auteurs et autrices est tel qu’ils oublient encore une fois de parler d’eux dans les derniers en date, faisant comme si c’était les pouvoirs publics qui étaient leur seul problème, comme si c’était la ville, l’agglo, le département, la région ou l’État qui étaient responsables de quoi que ce soit. Mais ce ne sont pas les pouvoirs publics ou les éditeurs qui ont mis fin aux errances du FIBD. C’est la mobilisation des autrices et des auteurs !

Soyons clairs : si c’est le boycott des autrices et auteurs qui a fait tomber le festival, les seuls responsables de la destruction du FIBD sont l’association et 9e Art+. Ce sont leur orgueil, leurs certitudes, leur incapacité à écouter et comprendre et leur communication catastrophique qui ont provoqué leur propre chute. N’importe quel festival un tant soit peu compétent aurait éteint l’incendie avant qu’il ne brûle tout. Mais le FIBD était tellement sûr de ses droits et de son pouvoir qu’il a pris tout le monde de haut, à commencer par les autrices et auteurs. Un festival de BD sans autrices et auteurs ? Pas de problème !

Après ce lamentable échec, au lieu de faire leur mea culpa, l’association du FIBD et 9e Art+ essaient maintenant par tous les moyens de détruire le travail collectif des organisations d’auteurs, d’éditeurs et des pouvoirs publics pour relancer un événement en 2027, et ce pour le plus grand bien de la BD comme de l’économie locale. Le FIBD et 9e Art+, pourtant seuls responsables de leur chute, non seulement osent se présenter en victimes, mais, pire, continuent aujourd’hui de faire tout leur possible pour nuire à la ville comme à la bande dessinée. S’ils devaient arriver, contre toute évidence, à bloquer l’édition 2027, ce sera la fin du festival, soyez en sûr. Et ce sera, en quelques petites décennies, la destruction de tout l’éco-système qui s’est construit autour de l’image en Charente. Est-ce vraiment comme ça que le FIBD pense servir sa ville et la BD ?

Bref, comme l’association du FIBD et 9e Art+ ont l’air toujours aussi sourds et aveugles, je vais l’écrire en grosses lettres :

LES AUTRICES ET AUTEURS NE VEULENT PLUS JAMAIS ENTENDRE PARLER DE VOUS.

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Vidéos des EGBD à l’Assemblée nationale

La vidéo de la présentation des résultats de la seconde enquête auteurs des États Généraux de la Bande Dessinée à l’Assemblée nationale le 23 mars est maintenant en ligne.

Après une introduction par Soumya Bourouaha, députée, l’étude est longuement expliquée par l’équipe des EGBD, les auteurs Benoît Peeters, Denis Bajram, Valérie Mangin et le sociologue Sylvain Aquatias. Elle se termine par une série de questions de la salle.

Cette présentation a été suivie de deux débats, tous les deux aussi disponibles en vidéo.

Le premier débat porte sur la situation sociale des artistes-auteurs. L’équipe de EGBD en discute avec Églantine de Boissieu, directrice générale de la SAIF et Stéphanie Le Cam, directrice de la Ligue des auteurs professionnels, ainsi qu’avec l’assemblée présente.

Le second débat est consacré aux évolutions législatives destinées à protéger les artistes-auteurs. Ce sont trois parlementaires qui en discutent avec Samantha Bailly : les députées Soumya Bourouaha (Gauche Démocrate et Républicaine) et Céline Calvez (Ensemble pour la République) et la sénatrice Monique De Marco (groupe Écologiste – Solidarité et Territoires). Ce débat est accompagné de questions et d’interventions du public.

Les EGBD et la Ligue des auteurs professionnels remercient Mme la Députée Soumya Bourouaha et Mme la Députée Céline Calvez de leur invitation, ainsi que leurs équipes pour l’efficacité avec laquelle l’événement a pu être organisé.

Ils remercient aussi Mme la Ministre Camille Gaillard-Minier qui, quand elle était députée, a participé à l’initiative de cette journée.

Les EGBD remercient enfin la Ligue et la SAIF qui ont financé la captation vidéo de l’événement.

 

Foire du livre de Bruxelles 2026

Valérie et moi serons cette année à la Foire du livre de Bruxelles à la fois pour nos dernières parutions et pour les États Généraux de la Bande Dessinée.

Je signerai le vendredi 27 de 17 h à 20 h les albums de Goldorak chez Kana (stand 102). Avec peut-être une grosse surprise, mais je n’en dis pas plus.

Juste à côté, chez Le Lombard, Valérie Mangin et Christophe Bec signeront leur Thorgal aux mêmes horaires ainsi que le samedi 28 de 10 h 30 à 13 h et de 15 à 17 h, et le dimanche 29 de 10 h 30 à 13 h.

Enfin, nous serons rejoints par Benoît Peeters au Théâtre de l’imaginaire le samedi 28 mars de 18 h pour une nouvelle session des États Généraux de la Bande Dessinée. Cette présentation des résultats de l’enquête auteurs sera suivie d’un débat en présence de Lison Ferné de l’ABDIL.

Venez nombreux !

Publication de la seconde enquête des EGBD

Après avoir été présentés le lundi 23 mars à l’Assemblée nationale, les résultats de la seconde enquête auteurs des États Généraux de la Bande Dessinée sont maintenant en ligne sur le site www.etatsgenerauxbd.org.

Avec près de 1200 réponses, c’est un échantillon très représentatif de la population des auteurs et autrices de Bande Dessinée qui a répondu à cette enquête. Les premiers résultats sont présentés sous la forme d’un document d’infographie statistique le plus accessible possible à tous. Il commence par un résumé en 11 points, puis offre près de 100 pages de graphiques et d’analyses.

Ne nous le cachons pas, cet état des lieux confirme et amplifie le constat de précarité de la première enquête de 2015. La situation est, hélas, toujours plus inquiétante pour la très grande majorité des auteurs et autrices et ce sur le plan social, financier mais aussi éditorial. C’est leur avenir même qui semble menacé.

L’équipe des États Généraux de la Bande Dessinée va continuer à exploiter les données de cette enquête, en particulier selon les demandes qui lui seront faites. De nombreux rendez-vous de présentation et de discussion sont aussi en cours d’organisation. Nous espérons surtout que les résultats de cette enquête vont amener enfin toute la filière de la BD comme les pouvoirs publics à se concerter et à prendre les décisions nécessaires à assurer un avenir aux auteurs et autrices. Il est urgent de reconstruire, ensemble, un futur pour la Bande Dessinée.

Les États Généraux de la Bande Dessinée

Geekorama 2026

Ce week-end c’est le festival Geekorama à Bayeux avec cette année une réjouissante affiche de l’ami Tom.

Valérie Mangin et moi serons présents le dimanche à 14h30 pour une table ronde « La BD a-t-elle perdu sa jeunesse ? ». Nous resterons à discuter avec qui voudra et nous signerons même quelques livres si vous nous le demandez gentiment.

On vous attend nombreux à Geekorama !

Je n’ai pas oublié

Libération m’apprend que le délégué général du FIBD d’Angoulême, Franck Bondoux, a déclaré dans sa conférence de presse de jeudi : « Denis Bajram a oublié que le festival a ouvert grand ses bras aux états généraux de la BD ».

Je n’ai pas oublié et les EGBD non plus. Encore merci, même. Mais, en 2015, je ne me rendais pas compte qu’utiliser la scène du théâtre d’Angoulême pendant le festival pour lancer les États Généraux de la Bande Dessinée voulait dire que je devenais un vassal du FIBD et que je ne pourrais plus jamais lui reprocher quoi que ce soit. Je croyais, innocemment, que le festival faisait ça pour aider les auteurs et autrices.

Je n’avais pas compris non plus qu’il faudrait aussi, après que l’association du FIBD et 9eArt+ aient réussit à provoquer leur boycott massif par les auteurs et les éditeurs, renier le juste combat de tous mes collègues, autrices en tête, pour aller m’immoler avec mes nouveaux maîtres.

Il aurait fallu me présenter un contrat à signer avec mon sang, j’aurais été plus prudent…

Coin coin !

En 30 ans de carrière, je n’avais jamais vu un carton de BD envoyé par un de nos éditeurs renforcé aux angles comme ça. C’est pourtant simple et peu coûteux en temps et en argent !

Pourtant, je ne sais pas combien de fois mes éditeurs ont dû me renvoyer mes exemplaires d’auteur parce que tous les coins de toute la pile d’albums étaient arrivés complètement défoncés par le transport. Au-delà du coût de l’opération, ce qui est le pire c’est le gâchis de tous ces livres. Voir arriver dans un triste état les exemplaires qu’on attendait avec impatience, c’est vraiment un crève-cœur. En plus, je sais que beaucoup trop de mes collègues n’osent pas en réclamer de nouveaux, et restent sur un sentiment hyper décevant à la parution…

Bref, je ne sais pas qui fait les paquets actuellement au Lombard, mais félicitations ! Je garde cette photo pour envoyer le mode d’emploi aux autres éditeurs à chaque fois que ce sera nécessaire 🙂

Bonne année 2026

Ce n’est pas facile de dessiner une carte de vœux aujourd’hui. Si, selon la tradition, elle est très joyeuse et pleine de promesses, elle donne l’impression d’être complètement déconnectée de ce qui se passe sur notre petite planète. Mais si on évoque tout ce qui ne va pas, ce n’est plus vraiment une carte de vœux, mais un passeport pour la déprime. Bref, l’année dernière, nous avions adopté une troisième solution : ne rien faire.

Hélas, cela n’a évidemment pas empêché cette année 2025 de tenir ses promesses en terme de folie humaine. Et comme 2026 a l’air de vouloir continuer sur cette lancée, nous avons finalement décidé d’illustrer une envie que nous devons partager avec beaucoup d’entre vous : éteindre la télé, la radio et Internet, se trouver un refuge douillet au calme et s’y enfermer avec des livres et surtout ceux qu’on aime.

Bonne année 2026 à tous, en souhaitant à la planète et à tous ses habitants de retrouver le plus possible la paix.

On en a gros #9 : crise au festival BD d’Angoulême !

Vous ne comprenez plus rien au Festival de la BD d’Angoulême ? Vous vous demandez pourquoi les auteurs et autrices ont boycotté l’édition 2026 ? Pourquoi les éditeurs ont suivi ? Vous vous demandez ce que sont ces « girlxcott » ou « grand off » qui vont avoir lieu fin janvier alors que les ruines du FIBD sont toujours fumantes ? Vous vous demandez enfin si le festival va ressusciter en 2027 ? Et pourquoi on parle d’un tout nouvel événement organisé par une mystérieuse ADBDA ?

On est d’accord, ce qui est arrivé est complètement fou et tout cela reste très compliqué à suivre. L’Atelier virtuel vous a donc organisé une nouvelle émission « On en a gros » avec des gens bien informés, à savoir des autrices et auteurs impliqués dans tous ces événements. Comme ça vous allez enfin y voir clair sur ce qui s’est passé et savoir exactement où on en est aujourd’hui.

Podcast : Dans l’atelier BD

Cela fait de longues années que Valérie et moi connaissons Paul Satis. Si mes souvenirs sont bons, nous nous sommes rencontrés la première fois il y a deux décennies lors d’un festival d’Amiens. Paul est journaliste pour France Télévision, vous pouvez, par exemple, le regarder tous les étés sur France Info, mais c’est avec sa casquette d’ultra fan de BD qu’il anime, entre autres, le podcast Dans l’atelier BD. C’est donc avec plaisir que nous lui avons ouvert les portes de notre grande pièce de travail.

Durant ces deux heures de podcast, nous explorons ensemble tout ce qu’on trouve dans cet atelier : c’est un bon moyen discuter de mes albums, comme de ceux réalisés en collaboration avec Valérie, et donc de méthode de création et de travail. On y parle aussi, bien sûr, de la Bande Dessinée en général, de ses crises et de nos engagements syndicaux.

Ah, oui, pour tous ceux qui se demandent ou j’en suis sur Universal War, on commence par là 😀.

Bref, bonne écoute !