Le Blog

Angoulême 2022

Fans de Goldorak, rendez-vous au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême du 17 au 20 mars.

Pour commencer, vous pourrez admirer l’exposition dédiée à notre BD, bulle Manga City.

Toute la team Goldorak, Denis Bajram, Xavier Dorison, Brice Cossu, Alexis Sentenac et Yoann Guillo, y sera présente pour vous dédicacer vos albums :

  • Le jeudi 17 de 11h à 12h30
  • Le vendredi 18 de 14h30 à 16h
  • Le samedi 19 de 12h à 13h30
  • Le dimanche 19 de 11h à 12h30 (sans Alexis et Brice)

Ne manquez pas aussi les tables rondes :

  1. « Recréer une légende : Goldorak »
    avec toute la team des auteurs
    samedi 19 de 10h30 à 11h45 à la bulle Manga City
  2. « Les robots et nous »
    avec Denis Bajram, Sylvain Repos et Patrice Killoffer
    samedi 19 de 12h à 13h30 au conservatoire Gabriel Fauré

Enfin, parce qu’il n’y a pas que Goldorak dans la vie, je serai aussi en dédicace pour Inhumain le vendredi 18 au stand Dupuis, bulle Champ de Mars, avec Valérie Mangin et Thibaud de Rochebrune :

  • Le vendredi 18 de 18h à 19h
  • Le samedi de 16h30 à 17h30

On en profitera pour fêter la nomination de notre album au prix des Lycéens 2022.

Bon festival à tous !

 

Erreur système

Je viens de lire Erreur Système de Jenolab et Valérie Mangin, qui parait aujourd’hui chez Casterman BD. Comme j’avais pas mal échangé sur ce projet avec Valérie au tout début et que j’avais regardé par-dessus son épaule les excellents dessins de Jenolab, je pensais savoir à peu près ce que j’allais lire. Et bien non. Car ce que je n’avais pas anticipé, c’est le terrifiant réalisme de leur album.

Erreur Système est une histoire d’anticipation qui se passe « bientôt » dans une France qui s’est renfermée dans ses frontières. Un régime d’extrême centre y a quasiment éliminé la criminalité. Il faut dire que la population l’a bien aidé, acceptant en masse de se faire greffer des implants neuronaux connectés à Internet, sorte d’aboutissement ultime de notre dépendance actuelle aux smartphones. La plupart des gens semblent vivre dans un monde parallèle, repliés dans les fantasmes du numérique. Surtout, tous connectés, ils sont tous suivis à la trace par le système judiciaire. Mais pourquoi s’en inquiéter, « Quand on est honnête, on n’a rien à cacher » dit un des personnages. À tel point que les implantophobes sont facilement soupçonnés des pires dérives. À tel point que les derniers clandestins, traqués sans relâche, semblent presque réduits à une légende urbaine.

« Bientôt » ? Ce monde est hélas devenu beaucoup plus réaliste depuis que Valérie a écrit son scénario. Il faut dire qu’entre temps la société Neuralink d’Elon Musk a dévoilé des implants neurologiques fonctionnels sur des cochons et a présenté comment les implanter simplement et massivement dans nos cerveaux. Premier test sur l’humain annoncé pour 2022. C’est à dire maintenant.

Mais Erreur Système est bien plus qu’une leçon de morale dystopique, car Jenolab et Valérie ont parfaitement réussi à donner vie à Anastasia, leur héroïne. L’album commence quand, dans ce futur tristement pacifié, des attentats à la bombe viennent remettre en cause toutes les certitudes sécuritaires. En pleine élection présidentielle (tiens tiens), Anastasia mène l’enquête. Policière mais un peu trop implantophobe, elle est sans doute la mieux placée pour démanteler un réseau terroriste qui échappe aux outils de surveillances pourtant omniprésent. Hélas pour elle, elle va aller regarder là où il ne faut pas. En particulier vers la Crypte ou sont stockées les données de surveillances des français…

Bref, je viens de lire une excellente BD d’anticipation, une histoire forte, pleine de retournements et de surprises, qui décrit à la perfection le bout du chemin de nos dérives actuelles, mais aussi, et surtout, l’histoire d’une héroïne en quête de ce qu’il reste encore de notre humanité. Et comme le montre les images ci-jointes, c’est visuellement très beau. C’est donc clairement ma grosse recommandation SF du moment !

Fabrice Neaud : réédition, nouveauté et exposition

Fabrice Neaud est un très grand ami. Mais c’est surtout un très grand auteur. Depuis des années, il continuait discrètement à travailler sur la suite de Journal, sa remarquable bande dessinée autobiographique, restée en suspens, en particulier depuis le bien triste fin des éditions Ego comme X.

Grâce à des retrouvailles avec une des figures centrales du récit, mais aussi à l’engagement éditorial de David Chauvel, cette suite du Journal va enfin être publiée. À partir du 6 avril 2022, nous aurons donc le bonheur de voir paraître aux Éditions Delcourt la réédition des anciens tomes puis, à partir de 2023, de pouvoir nous plonger dans de nouveaux volumes. L’ensemble de ce travail sera réuni sous le nom Esthétique des Brutes.

J’ai eu le privilège de lire des scènes de ces livres à paraître et je ressens exactement la même certitude en voyant ce qu’il partage sur son compte Facebook en avant-première : Fabrice n’a jamais été aussi bon. Et ce n’est pas peu dire vu la qualité de son travail publié depuis presque 30 ans.

En attendant, si vous avez la chance de pouvoir vous rendre à Caen, je ne peux que vous recommander d’aller admirer son exposition du 25 février au 18 mars. Fabrice y présentera une centaine de planches originales, un nombre très impressionnant qui permettra d’avoir un bel aperçu des milliers de planches de son œuvre.

Cette exposition inaugurera un tout nouveau lieu culturel normand, Les Petits Miracles, dont l’initiative revient à la librairie La Cour des Miracles.

Exposition Fabrice Neaud

du 25 février au 18 mars
les jeudi, vendredi et samedi
de 15h00 à 19h00

Les Petits Miracles
65, rue des rosiers, 14 000 Caen – plan

Séance de dédicaces le vendredi 11 mars

Douglas Trumbull

Douglas Trumbull est décédé hier à l’âge de 79 ans. Son nom est hélas trop peu connu du grand public, mais il était un des plus grands magiciens d’Hollywood.

Illustrateur de formation, inventeur de technologies pour le cinéma, Douglas Trumbull est entré dans l’histoire en 1968 comme un des principaux créateurs des effets spéciaux du 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. Arrivé au départ pour concevoir les animations des écrans d’ordinateurs il va finalement toucher un peu à tout, y compris la séquence finale psychédélique. Devenu célèbre, il dirigera ensuite les effets spéciaux de Rencontres du troisième type en 1977, de Star Trek en 1979 ou de Blade Runner en 1981. Quelle liste !

J’ai une affection toute particulière pour le film de science-fiction Silent Running qu’il a lui-même réalisé en 1972 sur un scénario de Michael Cimino, Steven Bochco et Deric Washburn. Ce long métrage est loin d’être totalement réussi, mais ses visuels et ses ambiances m’ont énormément marqué dans ma jeunesse. Les designs du vaisseau de Cryozone, ma première bande dessinée, lui doivent sans doute beaucoup même s’ils sont bien différents de ceux de Silent Running, influence de Ron Cobb oblige.

Merci, Douglas Trumbull !

Décès de Jean-Claude Mézières

Ça n’avait pas toujours été simple entre Jean-Claude Mézières et moi. Disons-le, il ne m’avait vraiment pas beaucoup épargné à mes débuts. Heureusement, nous avions eu la chance de partager de bien meilleurs moments ces dernières années.

C’était donc avec une vraie admiration que j’avais fait ce dessin en hommage à Valérian et Laureline en 2017. Et c’est donc avec grande émotion que j’apprends aujourd’hui le décès de Jean-Claude.

Toute mon affection aux siens.

Vœux amiénois

Merci aux Rendez-Vous de la Bande Dessinée d’Amiens de m’avoir proposé de faire leur affiche cette année. Pour me mettre en jambes, je leur ai donc concocté une petite carte de vœux pour 2022 :-).

On se donne donc rendez-vous dès le 4 juin prochain à la Halle Freyssinet pour les 26es RDV BD d’Amiens !

Vœux 2022

Fin 2016 paraissait le tome 3 d’Universal War. Cela fait plus de cinq ans ! Ces cinq années ont été complètement folles pour moi. Après avoir consacré toute mon énergie à la lutte en faveur des auteurs et autrices, entre autres avec la fondation des États Généraux de la Bande Dessinée puis de la Ligue des auteurs professionnels, j’ai accumulé à nouveau un trop grand nombre d’heures sur la bande dessinée Goldorak… alors que nos vies étaient profondément bouleversées par la pandémie COVID-19. Enfin, la parution et la promotion de ce Goldorak ont été un énorme moment d’émotion et de folie.

Mais tout cela est d’ores et déjà du passé. Et 2022 est une toute nouvelle année. Je retourne donc enfin à ma table à dessin. Je suis sûr que, sur notre carte de vœux commune avec Valérie Mangin, mes lecteurs les plus impatients auront reconnu Théa, l’héroïne d’Universal War two. Qu’ils se réjouissent : je suis au travail sur le tome 4 ! Et je compte bien enchainer avec les deux derniers tomes d’UW2 ! Si tout va bien dans les trois prochaines années, vous aurez la fin de cette histoire. Enfin, jusqu’à que je commence UW3, bien sûr 🙂

D’ici là, je vous souhaite à toutes et tous une très heureuse année 2022 !

 

Goldorak, un succès incroyable !

Bilan économique de fin d’année pour notre Goldorak : c’est juste hallucinant !

Les 10 000 exemplaires du collector épuisés dès la parution n’étaient donc pas qu’un feu de paille. En effet, au palmarès des ventes de BD, l’édition courante termine en deuxième position (derrière l’indétrônable Astérix) avec tout de même plus de 200 000 exemplaires écoulés en langue française. Nous en sommes rendus à la cinquième réédition ! En chiffre d’affaire, c’est le cinquième meilleur résultat en France, tous livres confondus.

Un grand merci à tous les libraires qui ont cru dès le début à cette résurrection. Un grand merci aux équipes des Éditions Kana pour avoir brillamment chevauché ce tsunami. Et bien sûr merci à tous les lecteurs et lectrices !

Et dire que nous n’avons pas prévu de suite. Aucun sens des affaires, ces auteurs !

Expo Goldorak à la Gare du nord

Le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême et la SNCF vous proposent jusqu’à fin janvier 2022 de visiter Gare du Nord à Paris une exposition grand format consacrée à notre BD Goldorak.

Avis personnel : l’image géante sur la façade est à tomber ! À l’intérieur de la gare, vous trouverez aussi de très nombreux agrandissements de planches et de cases. C’est une véritable immersion grandeur nature dans l’album. Enfin, ne manquez pas à l’extérieur de rendre visite à l’OVT d’Alcor dans son hangar. Spot à selfies !

Avec un grand merci à Toshiro Mifune qui a rapporté la plupart des images ce reportage photo.

© Gō Nagai / Dynamic Planning

Goldorak, par Xavier Dorison, Denis Bajram, Brice Cossu, Alexis Sentenac et Yoann Guillo au éditions Kana d’après le chef d’œuvre de Gō Nagai

 

Symphonies de Saint-Saëns par Măcelaru et l’ONF

Averti par classiquenews.com, j’ai acquis l’intégrale des symphonies de Saint-Saëns que vient d’enregistrer l’Orchestre National de France sous la baguette de Cristian Măcelaru.

Je viens d’écouter à fond la Symphonie n°3 « avec Orgue » et j’en suis encore tout remué ! C’est un enregistrement purement extraordinaire ! Déjà, par la prise de son, remarquable de clarté. Je me demande même si les consignes sanitaires, qui obligent les musiciens à être plus éloignés les uns des autres, ne participe pas de cette impression de séparation extraordinaire de tous les pupitres. Et pourtant, quel ensemble ! La fusion de l’orgue ou du piano avec l’orchestre est purement magique. Les cordes sont arides ou mélancoliques selon, mais toujours d’une couleur extraordinaire. Les cuivres et les bois sec et doux à la fois… C’est à la fois très voluptueux, et très cérébral, quasi boulézien par moment.

Je connais bien la Symphonie n°3, ayant déjà quelques belles versions ici, dont celle de Jean Martinon, l’Orchestre National de l’ORTF et Marie-Claire Alain, mais aussi quelques catastrophes, tel le pompeux et brouillon enregistrement de Karajan et Cocherau de 1983 chez Deutsche Grammophon. Mais avec ce nouveau CD de Cristian Măcelaru et l’ONF, je redécouvre complètement cette partition. Pour les 3e et 4e mouvements c’est même, je le réalise, la première fois que je n’ai pas l’impression d’écouter une sorte de patchwork hystérique plus ou moins contrôlé, mais une œuvre cohérente.

Bon, je me dis en écrivant qu’il faudra évidemment que je tempère ça d’une seconde écoute. Mais avant, je vais bien sûr me délecter des quatre autres symphonies. D’ores et déjà, un grand merci à l’Orchestre National de France, à Cristian Măcelaru et à l’organiste Olivier Latry pour ce grand moment d’émotion.