Le Blog

L’auteur de BD de demain

Voici la vidéo de la table ronde que j’ai modérée lors du dernier festival d’Angoulême. Elle peut tout à fait s’écouter en mode radio.

Avec Maliki et Boulet (auteurs), Becky (Maliki.com), Emmanuel de Rengervé (SNAC) et Elodie Goncalves (ULULE)., nous nous sommes interrogés sur l’auteur et l’autrice de bande dessinée de demain. Quelles sont les tendances et mutation de nos métiers ? Quelles perspectives pour l’édition, l’auto édition, le financement participatif et les activités annexes ?

Je ne peux que vous recommander d’écouter aussi les deux autres tables rondes organisées par le Groupement des Auteurs de Bande dessinée (SNAC), qui sont tout autant riches en informations :

Entre croissance et grande précarité, la BD en plein paradoxe

Lorsque le Groupement des Auteurs de Bande dessinée (SNAC) a commencé à dénoncer la précarisation montante des auteurs, cela n’intéressait visiblement aucun media. Au début, les États Généraux de la Bande Dessinée ont dû remuer ciel et terre pour obtenir quelques précieux papiers. Les résultats effrayants de leur enquête auteur ont fini par ouvrir les vannes médiatiques. Aujourd’hui, il n’y a plus besoin d’appeler les journalistes, c’est eux qui viennent à nous, et en nombre.

Espérons juste que cette pression médiatique autour de la question de la précarité des créateurs de Bande Dessinée ne deviendra pas qu’un marronnier de plus au moment du festival d’Angoulême. Espérons au contraire que cela donnera envie à l’État et à tous les acteurs de la Bande Dessinée de prendre à bras le corps ce problème de la précarité des auteurs. L’idéal serait qu’on n’ait plus à en parler, non ?

Entre croissance et grande précarité, la BD en plein paradoxe

Alors que le secteur affiche une excellente croissance sur les dix dernières années, les auteurs de BD s’inquiètent pour leur avenir.

Jeudi s’ouvre le 45e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, la grand-messe du neuvième art. Et ce, quelques semaines après la publication du chiffre d’affaires du secteur, qui affiche une santé étincelante. 20% de croissance environ sur les dix dernières années, selon un rapport du Syndicat national de l’édition (SNE), grâce notamment à des grosses locomotives qui vendent toujours très bien, comme Lucky Luke, Astérix ou encore Corto Maltese. Oui mais voilà, derrière ces chiffres positifs, les auteurs de BD ne présentent pas le même bulletin de santé.

53% des auteurs de BD gagnent moins que le Smic. En 2016, une enquête des États Généraux de la BD établissait un constat très inquiétant. “On pensait que ça allait mal et de fait, on a constaté que c’était pire. Et surtout, on a des tendances qui prouvent que cela s’accélère”, explique Denis Bajram, secrétaire et coordinateur général des États Généraux. Selon cette enquête : 53% des auteurs de BD gagnent moins que l’équivalent du Smic, 36% sont sous le seuil de pauvreté et pour 80% d’entre eux, le travail se prolonge sur au moins deux week-ends par mois. “Aujourd’hui, il est probable que l’on soit à 56-57% sous le Smic”, évalue même Denis Bajram. […]

Lire la suite de l’article www.europe1.fr

Mission BD ministérielle

Françoise Nyssen confie à Pierre Lungheretti une mission de réflexion sur la politique nationale en faveur de la bande dessinée

A l’occasion de son déplacement au festival d’Angoulême, le 25 janvier, Françoise Nyssen a fait part de sa décision de confier à Pierre Lungheretti, directeur général de la Cité internationale de la Bande Dessinée et de l’image, une mission de réflexion ayant pour objectif la refondation de la politique nationale en faveur de la bande dessinée.

A l’occasion de son déplacement au festival d’Angoulême, Françoise Nyssen, ministre de la Culture, a fait part de sa décision de confier à Pierre Lungheretti, directeur général de la Cité internationale de la Bande Dessinée et de l’image, une mission de réflexion ayant pour objectif la refondation de la politique nationale en faveur de la bande dessinée.

La bande dessinée est une pratique culturelle majeure1; elle occupe une place de premier plan dans la création contemporaine et sa diffusion connaît une forte croissance. Elle représente près de 10 % du chiffre d’affaires de l’édition. Alors qu’elle a connu un nouvel essor, les politiques publiques ont manqué d’une nouvelle ambition. La vitalité et l’importance de ce secteur justifient sa reconnaissance pleine et entière dans le cadre d’une politique publique d’ensemble.

Une réflexion sur les politiques en faveur de la bande dessinée gagnerait à s’interroger sur : la préservation du patrimoine de ce secteur et la régulation du marché de l’art ; l’exposition et la diffusion publique de la bande dessinée dans les territoires et à Paris, son apport à l’éducation artistique et culturelle ; la formation des auteurs, les différents secteurs de l’image où ils peuvent s’insérer, l’accompagnement de leur carrière par les différentes aides publiques.

La mission, qui sera menée en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés, vise donc à proposer des orientations stratégiques et concrètes sur ces axes, de nature à structurer l’action des acteurs publics à l’égard de la bande dessinée.

La remise du rapport de cette mission est attendu pour le mois de septembre.

Directeur général de la Cité internationale de la Bande Dessinée et de l’image à Angoulême, Pierre Lungheretti a été choisi pour sa grande connaissance des politiques culturelles et du secteur de la bande dessinée. Il a notamment été directeur du cabinet de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, adjoint au directeur général de la création artistique puis directeur régional des affaires culturelles de Poitou-Charentes.

www.culturecommunication.gouv.fr

Pierre Lungheretti, a été nommé à la tête de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image juste avant le festival d’Angoulême 2016. Je me souviens qu’il avait immédiatement commencé par rencontrer tous les acteurs de la Bande Dessinée, profitant de notre pèlerinage annuel en Charente. Je me souviens qu’il avait, dans ce cadre, pris rendez-vous avec les auteurs et leurs organisations représentatives. Une démarche qui n’avait pas semblé, jusque là, une nécessité pour bien d’autres acteurs institutionnels (c’est vrai, quoi, les auteurs, à quoi ça sert). Je me souviens de quelqu’un de très attentif dès notre premier rendez-vous, qui a dû avoir lieu quelques heures après que nous ayons remis les résultats de l’étude auteur des États Généraux de la Bande Dessinée. Cette attention ne s’est jamais démentie, et s’est depuis traduite en actions. Les EGBD n’ont pas signé une convention de partenariat avec la CIBDI par hasard…

C’est une très bonne nouvelle que le Ministère de la Culture ait compris l’ampleur des problématiques propres à la Bande Dessinée, et qu’il lance une mission de réflexion sur la politique nationale en sa faveur. Je peux imaginer que Pierre n’est pas pour rien dans cette idée, et je suis très heureux que ce soit lui qui s’en occupe. Je lui souhaite bon courage, j’ai appris avec le temps que le milieu de la Bande Dessinée, (auteurs, éditeurs, libraires, institutions, etc etc) est d’une complexité redoutable, qu’il tire à hue et à dia, et qu’il n’est pas simple d’y obtenir des consensus. Mais si quelqu’un peut réussir à le faire, c’est bien Pierre.

Non, non, je ne lui mets pas du tout la pression. 🙂

Angoulême 2018

Affiche de CoseyMon programme pour le festival d’Angoulême 2018, du 25 au 28 janvier :

Pour le public

Je serai sur le stand de Casterman pour trois séances de signatures (sans dessin) :

– le jeudi de 15h à 16h
– le vendredi de 15h30 à 16h30
– le samedi de 18h à 19h

Venez avec vos questions et vos sujets de discussions 🙂

Pour les auteurs

Je serai présent aux “P’tit Dej” organisés par le SNAC jeudi, vendredi et samedi matin. Ces tables ronde se tiendront dans le Magic Mirror, cour de l’Hôtel de ville d’Angoulême, à partir de 9h30. Une boisson chaude et des viennoiseries vous seront offerts. Ces “P’tit Dej” sont réservés aux auteurs et aux étudiants en cycle de bande dessinée sur présentation de leur badge ou carte d’étudiant.

J’animerai en particulier, le vendredi, la table ronde « Quel sera l’auteur, l’autrice de bande dessinée de demain ? Quelles sont les tendances et mutation de nos métiers ? Quelles perspectives pour l’édition, l’auto édition, le financement participatif et les activités annexes ? » Avec Maliki et Boulet (auteurs), Becky (Maliki.com), Emmanuel de Rengervé (SNAC), Elodie Goncalves (ULULE). Modération : Denis Bajram (EGBD).

Pour conclure

En vérifiant mon planning, je vois qu’il ne me reste qu’une heure de libre jeudi après-midi. Autrement c’est rendez-vous sur rendez-vous de 9h30 à 19h30, et ce tous les jours. En effet, le festival BD d’Angoulême, au delà de tout ce qui est public, c’est aussi un salon professionnel. Depuis des années j’y viens aussi pour rencontrer éditeurs, libraires, représentants, journalistes, institutionnels, auteurs voire amis, tous venus du monde entier. Tout cela dans les salons feutrés des hôtels charentais, dans les arrière-boutiques surchauffées des stands d’éditeurs, dans les restaurants, les bars et autres magic mirrors… On règle souvent en quatre jours ce qui aurait pris des mois à organiser. Épuisant mais passionnant !

Bon festival à tous !

Des failles dans nos processeurs

Très mauvaise surprise pour commencer 2018 : des chercheurs ont découvert que la plupart des processeurs informatiques contiennent depuis 20 ans des failles majeures qui rendent, pour l’instant, tous les ordinateurs mais aussi les smartphones aussi peu sécurisés qu’une tente de camping. En gros, une simple page web peut vous dérober tous vos mots de passes !

Les mises à jour de sécurité arrivent au compte-goutte, mais tant que vous ne serez pas sûr que votre machine est protégée, je ne peux que vous recommander de ne pas trainer n’importe où sur le web…

Voici un article assez complet et relativement simple sur l’affaire :

Illustration scientifique

Une régate stellaire autour de GJ436. Les plaisanciers spatiaux parqués dans le plan équatorial de l’étoile attendent que la planète chevelue jaillisse de ce plan pour «rider» le vent planétaire à l’aide de vaisseaux kite-surfs et ainsi s’élever jusqu’au-dessus des pôles de l’étoile, offrant une vue imprenable sur l’ensemble du système et sur la mystérieuse planète perturbatrice, qui apparaît comme un point brillant en arrière-plan.

Je viens d’illustrer une publication scientifique internationale (parue dans la célébrissime revue “Nature”) concernant GJ436, une étrange exoplanète. Les astronomes qui ont fait cette découverte sont venus me voir avec l’envie de sortir de l’illustration scientifique rigoriste du moment pour offrir un peu plus de “merveilleux scientifique” au grand public. Je ne pouvais qu’être d’accord, je milite pour cela depuis des années ! Quand j’étais gamin, je collectionnais à la fois les images de SF et celles de la NASA, les photos des télescopes comme les illustrations de prospective, en sachant bien faire la différence entre tous ces types d’images. Le merveilleux des récits de Jules Verne, des voyages de Tintin sur la Lune ou des images de science-fiction n’a jamais détourné qui que ce soit des sciences dures, mais au contraire leur a ramené des générations de curieux et de futurs savants. N’ayons pas peur de faire rêver avec la science !

Avec un grand merci à David Ehrenreich et Vincent Bourrier de l’Université de Genève.

RAAP : résultat des élections

Élection RAAP : renouvellement profond du conseil d’administration ! Ce résultat est très significatif du désaccord des auteurs et des artistes avec la gestion de leur régime de retraite complémentaire. Frédéric Buxin, le président emblématique de la si détestée réforme des “8%” ne sera plus que suppléant. Les candidats soutenus par le SNAC ont, eux, tous été élus.

Félicitation en particulier à mon camarade d’atelier virtuel, Alexis Sentenac, qui va se charger de porter la voix des auteur de BD au conseil d’administration !

Rapport d’expérience dédicace 2

Après le premier round à Toulouse, ce coup-ci, c’est à Gibert Joseph Paris que cela se passait. Que de monde ! J’ai finalement fait trois tirage au sort, donc trois dessins, un par heure, car j’ai senti que deux dédicaces ça allait faire un peu juste 🙂

J’en profite pour remercier publiquement Paul Renaud, qui a eu la bonne idée de me proposer de réaliser une couverture collector pour Marvel, ainsi que Panini Comics France, le Toulouse Game Show et la librairie Gibert Joseph Toulouse qui ont rendu ça possible !

Merci à Stéphane Girod pour l’accueil et les photos.

Rapport d’expérience dédicace

J’avais accepté de refaire quelques dédicaces, pour le collector Marvel Avengers spécial TGS Comics / Gibert Joseph Toulouse dont j’ai dessiné la couverture. Comme je n’avais jamais signé de comics, j’avais eu envie pour une fois de rejouer le jeu, bien que j’aie cessé les dédicaces dessinées depuis dix ans. Je dois dire que ça s’est très bien passé. Avec l’ami Paul Renaud, nous avons un peu été collés tout le week-end à notre table, au milieu de l’exposition “French Touch” de Marvel France. Le comportement du public est assez différent de celui de la BD franco-belge, sans doute parce qu’il a l’habitude de payer pour avoir un dessin (même si en l’occurrence pour ce collector c’était gratuit, sur tirage au sort). Je ne sais vraiment pas comment je pourrais adapter cette plutôt bonne expérience aux salons traditionnels. Je vais y réfléchir. Mais ne vous faites pas trop d’illusions non plus 🙂

Ah, oui, vendredi, les Parisiens, c’est votre tour ! Deux dédicaces dessinées à gagner (et ce sera sans doute les dernières avant longtemps)

Merci à Pascal Galibert, Rom Or, Panini Comics France et au Toulouse Game Show pour les photos.