Par pitiéééééééé

RELÂCHEZ-LAAAAAAAA !

Je n'en peux plus. Encore une après-midi pourrie à la radio à cause d'Ingrid Betancourt ! De journaux en journaux, elle va mal, elle va mourir, Sarkozy va la faire libérer, ah non, ah si…

Bon, je sais, ça doit être insupportable pour ses proches. Mais franchement, c'est insupportable pour tout le monde ! Y en a marre d'entendre parler de cette femme ! Qu'est-ce qu'elle a fait pour avoir droit à une telle tribune ? Ca n'a aucun intérêt ! Franchement, c'est triste pour elle, mais des gens dans la merde, il y en a plein la planète, on pourrait leur consacrer un peu plus de temps plutôt que de nous rechanter le couplet de l'émotion Ingrid Betancourt pour la millième fois...

En fait, Ingrid Betancourt sert de dégorgeoir journalistique. Entre elle, Royal, Bruni et Sarko, ça aura été l'année des surexpositions délirantes ! On aura bouffé des millions de mots, d'images et de pages de non-informations sur ces gens dont fondamentalement on n'a rien à foutre. Qu'on nous parle de VRAIE politique, d'action gouvernementale, mais pas de machin qui épouse machine, ou de machin qui dit « con » à machin, ou de machine qui s'est présentée aux élections pour faire chier son ex-machin, ou de machine qui est otage on ne sait où pour on ne sait combien de temps…

Messieurs les journalistes, il y a urgence à vous reprendre. Le monde ne se résume pas aux marronniers quotidiens Sarkozi + Betancourt. Comme en BD le monde ne se réduit pas à Satrapi + Hergé et la musique à Britney Spears + Artic Monkeys. Bien sûr, ce ne sont pas ces gens qui sont en cause, même si certains se prêtent bien vulgairement à ce jeu narcissique. Non, ce qui est en cause, c'est la manière qu'ont de plus en plus les journalistes des mass-medias de pisser sans fin dans le sens du vent en répétant en boucle un nombre de plus en plus réduit de non-informations. Résumer l'actualité à l'exploitation de 20 dépêches par jour, dont 5 sur exactement les mêmes sujets que la veille, c'est soit 1) de la flemme 2) de l'opportunisme 3) de la soumission. A vous de choisir.

Ah, oui : si on n'avait pas fait tout ce grand cirque médiatique autour d'Ingrid Betancourt, elle ne serait pas devenue l'otage numéro 1 des FARC. Le genre d'otage qu'on ne peut plus libérer.

Denis Bajram

Le mercredi 2 avril 2008



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Cette page a été modifiée pour la dernière fois le samedi 31 mai 2008. © 2010 Denis Bajram