La sociologie, pour comprendre

Le premier ministre a déclaré au Sénat, ce 26 novembre 2015, qu’il en avait « assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses ou des explications culturelles ou sociologiques à ce qui s’est passé ».

Et pourtant… Comprendre au lieu de rester dans l’émotion. Analyser pour sortir de la colère. Les sciences humaines contre les politiques du pire. C’est exactement ce que fait le sociologue Bernard Lahire dans cet entretien. Je suis très fier que nous ayons un esprit aussi solide dans le conseil scientifique des États Généraux de la Bande Dessinée.

État d’urgence

Sur Facebook, je me pose beaucoup de questions sur la dérive sécuritaire post attentats…

Toutes les lois sécuritaires votées depuis les attentats Charlie et les changements constitutionnels liberticides qu’on nous promet maintenant seront bien au point pour 2017. C’est très aimable de mettre en place l’état policier pour le FN, ça lui fera moins de travail si ou quand il sera élu…Statut Facebook

La France a regardé avec incompréhension, voire un joli petit mépris, les dérives sécuritaires et militaires des USA après le 11 septembre 2001… et on va suivre la même voie 14 ans après ? C’était donc juste notre éternel retard sur les modes venues des USA…Statut Facebook

Notre premier ministre devant le Sénat :

« Je suis extrêmement dubitatif sur l’idée de saisir le Conseil constitutionnel. Je souhaite que nous allions vite sur la mise en œuvre des dispositifs […] que vous allez voter, mais il y a toujours un risque à saisir le Conseil constitutionnel. Si le Conseil répondait que la loi révisée est inconstitutionnelle sur un certain nombre de points, sur un certain nombre de garanties apportées, cela peut faire tomber 786 perquisitions et 150 assignations à résidence déjà faites. Il y a y compris des mesures qui ont été votées hier à l’Assemblée nationale – je pense à celle sur le bracelet électronique, je suis dans la transparence – qui ont une fragilité constitutionnelle. »

Et tous les partis ont l’air d’accord. Bof, la constitution, quelle importance, hein.Statut Facebook

Bataclan

Je me souviens d’un concert dans les années 90 au Bataclan où on avait eu un gros problème de sécurité avec deux abrutis qui s’étaient fait virer et étaient revenus avec un fusil de chasse. Heureusement, ils n’avaient pas eu l’idée de s’en servir et avaient fui l’arrivée de la police. J’avais admiré le sang froid des deux agents de sécurité ce jour là. Et, oui, j’avais eu très peur, sur le coup, mais aussi rétrospectivement. Je n’ai jamais pu retourner au Bataclan, côté loges ou côté public, sans y repenser.

Mais ça c’était avant.

Proximité

Ma pomme à la télé normande. Vendredi, je me suis levé un peu trop tôt à mon goût pour passer sur France 3. Je ne l’ai pas regretté, l’équipe de l’émission de Normandie Matin est non seulement compétente et cultivée, mais aussi sympathique et généreuse. J’ai donc passé un excellent moment, complété par le plaisir de recroiser une parti de la team de “Là où ça bouge”.

Je souhaite de tout cœur que cette télévision de proximité se développe bien plus. On y parle de ce qui se passe vraiment, et non de fantasmes dictés par l’agenda des uns et des autres. Nos sociétés sont bien plus belles et rassurantes pour l’avenir quand on les regarde de près que quand on les regarde de loin à travers le prisme d’une information nationale construite sur le scoop, le spectacle, l’émotion et la peur.

 

Jungle de Calais : l’appel des 800

J’ai signé l’appel de Calais. Parce que j’ai honte du comportement de mon pays. Parce que tout cela nous prépare au pire. Parce que c’est notre humanité qui est en jeu.

L’appel de Calais

Depuis des semaines, de nombreuses associations sur le terrain cherchent à alerter l’opinion publique des épouvantables conditions de vie réservées aux migrants et aux réfugiés de la jungle de Calais.

Cinq à six mille femmes, hommes et enfants, épuisés par un terrible voyage, laissés à eux-mêmes dans des bidonvilles, avec un maigre repas par jour, un accès quasi impossible à une douche ou à des toilettes,une épidémie de gale dévastatrice, des blessures douloureuses, des abcès dentaires non soignés. Et les viols des femmes. Les enfants laissés à eux-mêmes dans les détritus. Les violences policières presque routinières. Les ratonnades organisées par des militants d’extrême droite.

Jusqu’à quand allons-nous nous taire ?

Au prétexte que des conditions de vie moins inhumaines pourraient produire «un appel d’air» envers d’autres réfugiés, le gouvernement de notre pays a décidé de se défausser sur les associations et les bonnes volontés. Celles-ci sont admirables mais ne peuvent pas tout.

Ce désengagement de la puissance publique est une honte dans un pays qui même en période de crise, reste la sixième puissance économique mondiale.

La spirale du pire est amorcée.

Les discours réactionnaires ou fascisants ne cessent depuis des années de diviser les gens, d’opposer des catégories toujours plus fragmentées, pour mieux propager leur idéologie haineuse.

Aujourd’hui leur propagande avance l’argument qu’il n’y aurait plus de place pour les exilés d’où qu’ils viennent, soi-disant au nom de la défense des plus pauvres des Français.

Cette mise en concurrence des indigences est ignoble.

Elle nous habitue à l’idée qu’il y aurait des misères défendables et d’autres non.

Elle sape les fondements des valeurs constitutives de la France.

Elle nie notre humanité commune.

Elle nous prépare au pire.

Alors que ce sont, précisément, ces mêmes associations, ces mêmes bénévoles, ces mêmes hommes et femmes de bonne volonté qui nous alertent aujourd’hui sur Calais et qui agissent depuis des années à panser toutes les misères de France.

Alors que ce sont, précisément, les mêmes hommes et femmes politiques, ou les mêmes discours qui attisent le feu en soufflant sur les braises des divisions mortifères, qui, par leur action ou leur manque d’action politique, accentuent la pauvreté des plus pauvres et sont incapables de lutter efficacement contre le mal logement ou la misère alimentaire.

Aujourd’hui nous avons décidé de prendre la parole tous ensemble pour dire non à la situation réservée à ceux qui sont actuellement les plus démunis de droits en France : les exilés de Calais.

Au nom de nos valeurs communes d’asile et d’universalisme.

Et parce que nous serons plus forts demain pour nous battre ensemble contre les autres formes d’injustices et de misère.

Nous demandons solennellement au gouvernement un large plan d’urgence pour sortir la jungle de Calais de l’indignité dans laquelle elle se trouve.

Allez sur Change.org pour signer à votre tour.

Les 800 premiers signataire

Hihi Abdelhamid (médecin), Michel Abramowicz (chef opérateur), Laure Adler (écrivain), Philippe Aigrain (poète), Karen Akoka (maitre de conférence), Pierre Albertini (professeur d’histoire), Guillaume Allary (éditeur), Jérôme Alméras (directeur de la photographie), Jean-Claude Aumont (directeur de la photographie), Siegrid Alnoy (cinéaste), Marianne Alphant (écrivain), Janine Altounian (traductrice, écrivain), Anne Alvaro (comédienne), Audrey Alwett (écrivain), Marie Amachoukeli (cinéaste), Mathieu Amalric (cinéaste, comédien), Jean-Pierre Améris (cinéaste), Marc Amfreville (professeur, traducteur), Louka Anargyros (étudiant), Thomas Anargyros (producteur), Michel Andrieu (cinéaste), Claire Angelini (artiste), Christine Angot (écrivain), Philippe Annocque (écrivain), Georges Aperghis (compositeur), Sophie Aram (humoriste), Danielle Arbid (réalisatrice), Christophe Arleston (scénariste), Nathalie Arroyas (professeure), Ariane Ascaride (comédienne), Marco Assennato (doctorant), Louis Astre (syndicaliste), Aurel (dessinateur), Nurith Aviv (cinéaste), Edith Azam (écrivain), Gabrielle Babin Guggenheim (productrice), Nicole Bacharan (historienne), Laurence Bachmann (productrice), Antoine de Baecque (historien du cinéma), Pénélope Bagieu (auteur de BD), Josianne Balasko (cinéaste, comédienne), Olivier Balez (auteur de BD), Etienne Balibar (philosophe), Jeanne Balibar (comédienne), Nadine Ballot (retraitée de l’édition), Gilles Bannier (réalisateur), Emily Barnett (journaliste), Antoine Barraud (cinéaste), Guillaume de Bary (producteur), Barbara Bascou (monteuse), Dominique Batraville (écrivain), Gérard de Battista (directeur de la photographie), Aziyadé Baudouin-Talec (écrivain), François Bayle (compositeur), Tina Baz (monteuse), Philippe Bazin (artiste), Emmanuelle Béart (comédienne), Alex Beaupain (musicien), Jean-Pierre Beauviala (inventeur d’Aaton), Xavier Beauvois (cinéaste, acteur), Annette Becker (historienne), Bérénice Bejo (actrice), Jérôme Bel (chorégraphe), Yahoutha Belgacem (directrice artistique), Lucas Belvaux (cinéaste), Salah Benacer (photographe), Jean Benguigui (acteur), Caroline Benjo (productrice), Florence Ben Sadoum (journaliste), Ted Benoit (scénariste et dessinateur), Hervé Bérard (réalisateur), Luc Beraud (cinéaste), Emmanuelle Bercot (actrice, cinéaste), Philippe Berling (metteur en scène), Alain Bernardini (artiste), Emmanuelle Bernheim (romancière), Laurent Bettoni (auteur), Didier Bezace (acteur, metteur en scène), Camille Bidault Waddington (photographe), Enki Bilal (dessinateur, réalisateur), Benjamin Biolay (musicien), Hervé Bismuth (enseignant-chercheur), Stéphane Bissot (actrice), Simone Bitton (cinéaste), Emmanuel Blanchard (enseignant-chercheur, président du réseau Migreurop), Catherine Blangonnet-Auer (revue Images Documentaires), Alain Blondel (Artiste peintre), Sylvie Blum (productrice), Sandra Boehringer (universitaire), Christian Boltanski (artiste plasticien), Olivia Bonamy (comédienne), Jacques Bonnaffé (comédien), Irène Bonnaud (metteur en scène), Jacques Bontemps (philosophe), Lucie Borleteau (réalisatrice), Henri Bosch (retraité), Sigrid Bouaziz (comédienne), Nicolas Bouchaud (comédien), Jean-Jacques Bouhon (directeur de la photographie), Patrick Bouffard (médecin), Jean-Marcel Bouguereau (journaliste), Stéphane Bouquet (scénariste), Fatma Bouvet de la Maisonneuve (psychiatre), Olivier Bouvet de la Maisonneuve (psychiatre), Frédéric Boyer (écrivain), Guillaume Brac (cinéaste), Benoît Bradel (metteur en scène), Rachida Brakni (metteur en scène et actrice), Claire Braud (auteur de BD), Dominique Brenguier (directeur de la photographie), Julie Brenta (technicienne de cinéma), Jean Breschand (cinéaste), Marika Bret (DRH à Charlie Hebdo), Pascale Breton (cinéaste), Patrice Bretaudière (philosophe), Laurence Briaud (monteuse), Geneviève Brisac (écrivain), Chantal Briet (cinéaste), Claire Brisset (ancienne défenseur des enfants), Isabelle Broué (cinéaste), Michel Broué (mathématicien), Stéphane Braunschweig (metteur en scène), Frédéric Brun (écrivain), Mickael Buch (réalisateur), Lydie Buguet (professeure des écoles), Érik Bullot (cinéaste), Daniel Buren (plasticien), Rodolphe Burger (musicien), Claire Burnoud (productrice), Nadia Butaud (éditrice), Michel Butel (écrivain), Judith Butler (philosophe), Max Cabanes (auteur de BD), Dominique Cabrera (cinéaste), Olivier Cadiot (écrivain), Marie-Claire Cailletaud (syndicaliste), Thomas Cailley (cinéaste), Claude Calame (historien), Sophie Calle (artiste plasticienne), Cali (musicien), Nicole Caligaris (écrivain), Stephane Cami (chef opérateur), Robin Campillo (cinéaste), Vivianne Candas (cinéaste), Robert Cantarella (metteur en scène), Laurent Cantet (cinéaste), Marilyne Canto (comédienne), Eric Cantona (acteur), Yves Cape (directeur de la photographie), Fabien Carniato (sociologue), Caroline Casadesus (artiste lyrique), Pascale Cassagnau (historienne de l’art), Margot Cassila (musicienne), Barbara Cassin (philosophe), Carmen Castillo (réalisatrice), Isabelle Catalan (actrice), Brigitte Catillon (comédienne), François Catonné (directeur de la photographie), Philippe Caubère (comédien), Yves Caumon (cinéaste), Antoine Cazé (professeur, traducteur), Clémentine Célarié (comédienne), Laurence Chable (comédienne), Sérénade Chafik (militante féministe), Fanny de Chaillé (chorégraphe), Magali Chaix (enseignante), Laurent Chalet (directeur de la photographie), Benoît Chamaillard (directeur de la photographie), Olivier Chambon (directeur photographie), Patrick Chamoiseau (écrivain), Caroline Champetier (directrice de la photographie), Christiane Charmasson (psychiatre/ psychanalyste), Frédéric Cheret (producteur), Luc Chessel (critique et auteur), Pierre Chevalier, Laurent Chevallier (cinéaste), Malik Chibane (cinéaste), Patric Chiha (cinéaste), Nathalie Chouchan (Professeur de philosophie), Jean-Marc Chouvel (compositeur), Pierre Christin (scénariste), Héléna Cisterne (Décoratrice), Hélier Cisterne (cinéaste), Christine Citti (actrice), Yves Citton (théoricien), Balthazar Clamoux (philosophe), Chantal Claudel (enseignant-chercheur), Sarah Clénet (contrebassiste), Denys Clerval (cinéaste), Olivier Clochard (universitaire), Roger Cochini (compositeur), Laurence de Cock (enseignante), Coco (dessinatrice), Anne Coesens (actrice), Olivier Cohen (éditeur), Grégoire Colin (comédien), Jérôme Colin (journaliste), Jean-Louis Comolli (cinéaste), Léonore Confino (auteur), Pascal Contet (musicien), Constance de Corbières (directrice artistique), Anne Consigny (comédienne), Jean-François Corty (Directeur des Opérations France de Médecins du Monde), Annie Couedel ( universitaire), Delphine Coulin (cinéaste), Pierre Courthiade (musicien), Constance de Corbière (directrice artistique), Catherine Corsini (cinéaste), Marie Cosnay (écrivain), Marc Benoît Créancier (producteur), Teresa Cremisi (éditrice), Marie Cuillerai (universitaire), Pierre-Louis Curien (chercheur CNRS), Jean-Paul Curnier (philosophe), Catherine Cusset (écrivain), François Cusset (écrivain), Isabelle Czajka (cinéaste), Arden Day (musicien), Angelique Delagree (chargée de Communication), Bajram Denis (auteur de BD), Nadia Daam (journaliste), Sylvain Dambrine (professeur), Celia Daniellou-Molinié (metteur en scène), Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne (cinéastes), Charles Dargent (économiste), Claude Dargent (professeur des universités, sociologie), Marie Darrieussecq (écrivain), Jean-Pierre Darroussin (acteur), Etienne Davodeau (auteur), Kethevane Davrichewy (écrivain), Emilie Deleuze (cinéaste), Benoit Delhomme (directeur de la photographie), Edouard Deluc (cinéaste), Henri Deluy (poète), Genevieve Delzant (Professeur de Médecine), Sylvie Demaizière (régisseuse), Anaïs Demoustier (actrice), Stéphane Demoustier (cinéaste), Claire Denis (cinéaste), Jean-Lous Déotte (professeur émérite de philosophie), Alex Descas (comédien), Caroline Deruas (cinéaste), Laurence Descubes (architecte), Arnaud Desplechin (cinéaste), Linda De Zitter (psychanalyste), Georges Didi-Huberman (philosophe et historien de l’art), Vincent Dieutre (cinéaste), Marcial Di Fonzo Bo (acteur, metteur en scène), Dominique Dimey (chanteuse), Xavier Dolan (cinéaste), Elise Domenach (enseignante et chercheur), Marie Dompnier (actrice), Valérie Donzelli (actrice, cinéaste), Suzanne Doppelt (auteur), Stéphane Douaillier (universitaire), Ariane Doublet (cinéaste), Jean Douchet (critique), Valérie Dréville (comédienne), André Dubost (compositeur), Ann Dufaux (ensignante), Marie-Hélène Dumas (écrivaine et traductrice), Sandrine Dumas (comédienne), Arnaud Dumond (musicien), Laurence Dumont (Présidente de la Ligue des Droits de L’Homme), Anne Durand (comédienne), Jean-Marie Durand (journaliste), Nathalie Durand (directrice de la photo), Jean-Pierre Duret (ingénieur du son, cinéaste), Pascal Dusapin (compositeur), Daniel Edinger (réalisateur), Nadia El Fani (réalisatrice), Maria Efstathiadi (auteure), Jérémie Elkaïm (acteur), Licia Eminenti (réalisatrice), Nicolas Engel (cinéaste), Didier Eribon (philosophe), Annie Ernaux (écrivain), Martine Esparcieux (Assistante Grands Comptes), Jean-Baptiste Eyraud (militant du DAL), Abbas Fahdel (cinéaste), Mireille FANON MENDES-FRANCE, (Experte ONU, Fondation Frantz FANON), Jacques Fansten (cinéaste), Frédéric Farrucci (cinéaste), Didier Fassin (professeur de sciences sociales), Éric Fassin (sociologue), Bertrand Faivre (producteur), Arlette Farge (historienne, écrivain), Emmanuelle Faucilhon (cinéaste), Philippe Faucon (cinéaste), Etienne Fauduet (directeur de la photographie), Jeanne Favret Saada (psychanalyste), Maurine Fazendeiro (réalisatrice), Carole Fékété (photographe), Nadja Fejtö (illustratrice), Cinzia Femia (chef de cuisine), Jacques Ferrandez (auteur de BD), Pascale Ferran (cinéaste), Jean-Noël Ferragut (directeur de la photographie), Leila Ferrault (documentariste), Laurence Ferreira Barbosa (cinéaste), Jacques Ferrier (architecte), Sophie Fillières 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(cinéaste), Jeanne Puchol (auteur de BD), Hélène Puiseux (directeur d’études), Barlen Pyamootoo (écrivain), Anne Querrien (sociologue), Philippe Quesne (metteur en scène), David Quesemand (directeur de la photographie), Colette Quesson (productrice) Katell Quillévéré (cinéaste), Leyla-Claire Rabih (metteur en scène), Gilles Racot (compositeur), Jacques Rancière (philosophe), Alain Raoust (cinéaste), Christophe Rauck (metteur en scène), Philippe Ravon (graphiste), Jean-Patrick Razon (ethnologue), Chloé Réjon (comédienne), Claire Renard (compositeur), Jacques-Remy Girerd (réalisateur de films d’animation), Maxence Revault d’Allonnes (professeur), Judith Revel (philosophe), Mathieu Riboulet (écrivain), Céline Richard (programmatrice de cinéma), Pascal Ridao (directeur de la photographie), Jean François Robin (directeur de la photographie), Mathieu Robinet (producteur), Antoine Roch (directeur de la photographie), Alexandra Rojo (cinéaste), Frédérique Rolet (Secrétaire générale SNES-FSU), Nicolas Roméas (directeur de la revue Cassandre/Horschamp), Martin de Roquefeuil (vice-président de l’ONG Pour un Sourire d’Enfant), Christine Roquet (universitaire), Sophie Rosengart (journaliste), François Rossé (compositeur), Patrick Rotman (documentariste, scénariste), Vincent Rottiers (comédien), Denis Rouden (directeur de la photographie), Jean Rousseau (président d’Emmaüs International), Richard Rousseau (directeur de casting), Paul Rozenberg (producteur), Valéry Rozier (cinéaste), Christophe Ruggia (cinéaste), Véronique Ruggia (comédienne), Agnès de Sacy (scénariste), Numa Sadoul (metteur en scène, auteur), Céline Sallette (comédienne), Isabelle Saint-Saëns (militante associative), Pierre Salvadori (cinéaste), François Salvain (écrivain), Lydie Salvayre (écrivain), Tiphaine Samoyault (écrivain), Natacha Samuel (cinéaste), Sanseverino (chanteur), Ana Sardinha (universitaire), Marjane Satrapi (auteure de BD, cinéaste), Riad Sattouf (auteur de BD, cinéaste), Blandine Savetier (metteure en scène), Emmanuelle Scali (psychologue), François Scali (architecte), Vincent Scali (plasticien), Carole Scotta (productrice), François Schuiten (dessinateur), André Serre-Milan (compositeur), Florence Seyvos (écrivain), Céline Sciamma (cinéaste), Anne Serre (écrivain), Delphine Schmit (productrice), Joan Sfar (auteur de BD), Sophie Sherman (cinéaste), Jean-Pierre Siméon (poète, dramaturge), Dominique Simonnet (écrivain, éditeur), Michel Simonot (écrivain, metteur en scène), Jean-Marc Singier (musicien), Abderrahmane Sissako (cinéaste), Françoise Sivignon (présidente de Médecins du Monde), Serge Slama (juriste, CREDOV), Christophe Smith (réalisateur), Patrick Sobelman (producteur), Juan Solanas (cinéaste), Makis Solomos (musicologue), Tania Sollogoub (économiste), Danièle Sommelet (pédiatre), Isabelle Sorente (écrivain), Myung-suk Son (distributeur), Mylène Stambouli (avocate), Olivier Steiner (écrivain), Salomé Stévenin (comédienne), Omar Sy (comédien), André Szankowski (cinéaste), Mélodie Tabita (vidéaste), François Tanguy (metteur en scène), Laurence Tardieu (écrivain), Bertrand Tavernier (cinéaste), Nadia Tazi (philosophe), Serge Le Tendre (scénariste), Jenny Teng (cinéaste), Manée Teyssandier (membre du CA de Peuple et Culture), Irène Théry (sociologue), Sébastien Thiéry (politologue), Christopher Thompson (comédien), Danièle Thompson (cinéaste), Lefred Thouron (dessinateur), Lola Tinnirello (illustratrice), Serge Toubiana (directeur de la Cinémathèque française), Jacqueline Tran-Retif (retraitée), Enzo Traverso (historien), Muriel Trèves (psychiatre, psychanalyste), Jean-Louis Tripp (auteur de bandes dessinées), Lewis Trondheim (auteur de BD), Benoît Turquety (enseignant), Laurence Uebersfeld (productrice), Gaspard Ulliel (acteur), Céline Vacher (comédienne), Dominique Valadié (comédienne), Camille Vallat (scénographe), Vincent Van Damme (dessinateur), Fred Vargas (écrivain), Katherine Vayne (administratrice culturelle), Marie Vayssière (metteur en scène), Monique Veaute (directrice du Palazzo Grassi), Fabien Vehlmann (scénariste de BD), Anne Vellay (médecin), Laure Vermeersch (réalisatrice), Patrice Vermeren (directeur du département de philosophie Paris 8), Marion Vernoux (réalisatrice), Jonathan Verrier (journaliste), François Verret (chorégraphe), Karin Viard (comédienne), Rémy Viard (architecte), Bernard de Vienne (compositeur), Delphine de Vigan (romancière), Margot Vignat (chanteuse), Bénédicte Vigner (directrice artistique), Eric Vigner (metteur en scène), Philippe Vilain (écrivain), Fabrice Villard (écrivain), Hélène Vincent (actrice), Thomas Vincent (cinéaste), Ségolène Vinson (journaliste à Charlie Hebdo), Jean-Jacques Viton (poète), Caroline de Vivaise (chef costumière), Michel Volkovitch (traducteur), Antoine Volodine (écrivain), Christiane Vollaire (philosophe), Lise Wajeman (enseignant-chercheur), Sophie Walmish (directrice de recherche au CNRS), Jacques Walter (pasteur), Régis Wargnier (cinéaste), Jean-Pierre Weisselberg (Président de AGORA21), Sonia Wieder-Atherton (violoncelliste), Martin Winckler (médecin, écrivain), Romain Winding (chef opérateur), Bruno Wolkowitch (acteur), Youssoupha (rappeur), Dork Zabunyan (professeur), Jérôme Zajdermann (assistant réalisateur), Paule Zadjermann (cinéaste), Caroline Zéau (maitre de conférence), Malik Zidi (acteur), Rebecca Zlotowski (cinéaste), Pierre Zvenigorodsky (sculpteur).

Classe plus moyenne

UW1 tome 6

Gratuité, low-cost, über, tout ceci nous donne l’impression de pouvoir consommer plus. Alors qu’en même temps tous les chiffres disent que la majorité de la population européenne s’appauvrit année après année.

Ce n’est pas un hasard. Une bonne partie de la “nouvelle économie” et de l’économie “low cost” gagne ses milliards en accompagnant cette paupérisation de la classe moyenne, voire en la dépouillant directement au profit, non des pauvres, mais des marchés, des multinationales et des hyper-riches.

Librairie en danger à Bayeux

© Ouest France | Éric Marie

Une librairie n’est pas un commerce comme les autres. Si la loi Lang de 1981 n’avait pas imposé un prix unique pour les livres, les petits libraires auraient disparu depuis longtemps face aux coups de boutoir de la grande distribution. Malgré cela, ce commerce reste difficile. En tant qu’auteur, je peux vous dire que le livre rapporte bien peu à ceux qui en vivent… alors qu’il a tant à nous offrir.

Il ne faut jamais oublier que dans une ville, la librairie est un lieu fondamental pour la diffusion de la culture. Le libraire est un passeur. Il fait lire. Il fait circuler les idées. Il fait même souvent se rencontrer le public et les auteurs.

Lorsque le dernier libraire d’un centre ville ferme, c’est donc un sacré morceau de son âme qui meurt. C’est toute l’attractivité de ce centre ville qui s’en ressent.

Ce sont tous ceux pour qui la vie culturelle compte qui risquent de ne plus venir, voire de ne plus s’installer dans la cité.

Habitants de la Ville de Bayeux, mobilisons nous derrière Patricia et toute l’équipe du Préambule. Faisons l’effort de commander nos livres chez elles. Recommandons sa librairie à nos amis. Et espérons que notre municipalité comprendra qu’elle a aussi un rôle à jouer. Ce n’est pas quand notre centre ville aura dépéri qu’il faudra réagir, c’est maintenant !

Informatique et liberté

Notre premier ministre, avec la finesse d’un Georges Bush après le 11 septembre 2001, propose un joli projet liberticide pour nous défendre des terroristes. Un projet qui donne des moyens de surveillance hyper intrusifs à l’État, et particulièrement au pouvoir politique, avec un champ d’application tellement large qu’il peut concerner à peu près tout le monde. En tout cas, toute personne qui envisagerait de contester les décisions du pouvoir en place.

Superbe timing : Marine Le Pen et ses amis trouveront un arsenal tout prêt pour mettre en place un état policier si par malheur ils devaient emporter les élections en 2017.

Bulletin de santé

Depuis quelques mois, je parle très souvent des difficultés de plus en plus importantes que rencontrent les auteurs de Bande Dessinée pour vivre de leur travail.

Suite à quelques messages inquiets, je tiens à préciser à ma famille, mes amis et mes connaissances que je vais très bien ! Mais il est hors de question que, parce que je fais parti des hyper chanceux qui ont rencontré le succès, je ne soutienne pas totalement les plus démunis de mes confrères auteurs de BD. Surtout quand que les plus démunis, c’est maintenant la majorité d’entre eux !

J’ai connu cette misère, j’ai eu la chance d’en sortir en quelques années. Mais jamais je n’oublierai, et jamais je ne trouverai ça acceptable. Et merde à tous ceux qui ne le comprendraient pas, penseraient que c’est une pose ou me trouverait bien bête de penser aux autres…

Opportunité + instinct = profit

« Opportunité plus instinct égalent profit »… quelle jolie devise.

La grande qualité des séries TV Star Trek est d’avoir imposé une école “positiviste” dans la science-fiction. Là où souvent les auteurs de S.F. nous prédisent le pire pour essayer de nous l’éviter (j’en suis un parfait représentant avec UW1), Gene Roddenberry imagina un monde où les humains seraient devenus, si ce n’est parfaits, du moins franchement altruistes. Ils exploreraient l’univers pour le plaisir de la science et dans l’espoir de sympathiser avec toutes les races de l’univers. En 1966, alors que les USA connaissaient de terribles émeutes inter-raciales, que le Viet-nam tournait au cauchemar et que la guerre froide battait toujours son plein, c’est vers l’idéalisme que se tournait Star Trek.

Lorsque les scénaristes de Star Trek introduisirent les Ferengis dans la série 20 ans plus tard, tout laisse à penser que c’est les Américains des années 80 qu’ils avaient voulu caricaturer. La hiérarchie sociale des Ferengis est en effet celle qui prévaut aux USA : les plus riches en haut, les plus pauvres en bas. Pour s’assurer cette richesse, toute la société ferengie est basée sur le commerce et le profit, au point d’en avoir fait un code (a)moral auquel tous se réfèrent : les Règles d’Acquisition ferengies. Là où en France on croyait encore dans les années 80 à la valeur intellectuelle, culturelle ou personnelle des hommes, les USA de Reagan étaient eux déjà totalement vendus au profit.

Il y a quelque jours, en regardant un épisode de Star Trek DS9, j’ai entendu une règle d’acquisition ferengie qui résonnait particulièrement avec notre actualité : « Opportunité plus instinct égalent profit ». Opportunité et instinct. Voilà exactement la méthode de gouvernement de Nicolas Sarkozy. Cet homme sans culture intellectuelle, au point qu’il change d’opinion comme de chemise, sans culture classique, (jamais la France n’avait eu un président parlant aussi mal le français), à qui il ne reste qu’une forte personnalité, est en fait l’incarnation exacte de l’opportunisme et de l’instinct. Lorsqu’il s’impose dans la prise d’otage de Human Bomb à Neuilly. Lorsqu’il trahit Chirac pour le candidat donné gagnant Balladur. Lorsqu’il arrive à revenir en grâce auprès de Bernadette Chirac et se saisit finalement de l’UMP. Lorsqu’il se fait élire sur des promesses populistes. Lorsqu’il séduit les femmes les plus en vue. Un incroyable opportuniste, une bête d’instinct.

L’instinct n’étant pas raison, il fait d’incroyables bévues. Car, dès que se présente une opportunité, il ne peut s’empêcher de la saisir, quitte à détruire ce qu’il a construit la veille. Il ne connaît tellement que l’opportunisme et l’instinct qu’il les a imposés à son gouvernement comme méthode de gestion. Alors que la gestion, l’organisation, la planification que nécessite la “bonne gouvernance” sont l’exact opposé de l’opportunité et l’instinct… Prenons l’ouverture à gauche, par exemple : ce n’est pas une décision politique réfléchie, c’est juste des opportunités people à saisir. Voilà donc qui nous dirige. Et nous voyons où cela nous a en quelques mois amenés : au grand n’importe quoi, ou même la majorité ne comprend plus rien.

Ceci dit, je n’accuserai pas que Sarkozy. Il a été copieusement élu par les Français. Et c’est logique : nous nous américanisons jour après jour.

Nos enfants ne veulent plus devenir médecins, chercheurs ou ingénieurs comme dans les années 80 ; maintenant ils vont tous en école de commerce. Les seules classes de mathématiques dont on nous a parlé dans les medias depuis 20 ans sont celles de mathématiques financières. Les amis chartistes de ma femme sont tous en train de déprimer devant le désintérêt de plus en plus flagrant de la société pour la recherche universitaire et pour les vrais historiens. Mais, c’est vrai qu’il n’y a que peu d’opportunités à saisir dans le passé, juste des enseignements. Et même quand les medias nous parlent tous les matins de “développement durable”, c’est une preuve en soit : c’est qu’en vrai nous sommes tous devenus des opportunistes sans conscience des lendemains.

Pou finir : si j’en crois Star Trek, un Ferengi vendra son propre frère si l’opportunité est bonne, et si son instinct lui dit que c’est le bon jour. Alors, chers lecteurs, vous êtes prévenus : vous n’êtes plus qu’une source de profit potentiel pour les autres humains. Pour savoir à quelle sauce vos propres enfants vous mangeront, lisez donc les les Règles d’Acquisition Ferengies.